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Critique du livre-jeu : Les sceaux de la destruction #23 [1986], par Vincent L.

Avis critique rédigé par Vincent L. le samedi 29 juin 2019 à 14h00

L'homme qui voulut être roi...

Robin Waterfield avait fait ses premières armes avec La planète rebelle, un LDVELH qui n'était pas vraiment réussi, mais qui possédait tout de même quelques belles qualités. Le voir revenir à l'écriture de ce vingt-troisième opus laissait espérer qu'il parvienne à corriger les quelques défauts de conception de sa première oeuvre, afin d'aboutir à une aventure convaincante de bout en bout. Malheureusement, si l'on retrouve dans Les sceaux de la destruction une bonne partie des défauts de La planète rebelle, il est cette fois beaucoup plus compliqué d'y trouver de vraies qualités.

Le point de départ avait pourtant - une fois n'est pas coutume - quelque chose d'original. On ne joue en effet pas un aventurier lambda ou un mercenaire opportuniste mais un roi ! Avouez que ça a de la gueule quand même, hein ? En vrai, ça n'a de la gueule qu'en théorie, parce qu'en pratique, il est difficile de distinguer le souverain que vous incarnez du clodo du coin. Alors qu'il est informé par l'un de ses conseillers d'une menace pesant sur son pays (et sur le monde en général), notre dirigeant bien aimé va se saisir de sa bite et de son couteau pour partir à l'aventure. Une armée ? Une escorte ? Du matériel de qualité ? Pfff... Malheureux, c'est pour les faibles ce genre d'artifice !

On va donc aller affronter la pire menace que Titan ait jamais connu comme le dernier des abrutis. Autant dire que le point de départ prend immédiatement du plomb dans l'aile, et on se demande pendant quatre-quinze pour cent de l'aventure pourquoi Robin Waterfield nous a fait incarner un souverain si c'était pour faire comme d'habitude. Il faut attendre le petit twist final pour comprendre les intentions de l'auteur et se dire que, définitivement, tout cela n'a vraiment aucun sens. L'ambition était probablement d'offrir un récit surprenant aux lecteurs (chose appréciable étant donné que ce n'était pas arrivé depuis... La sorcière des neiges au moins), mais l'exécution fait peine à voir.

Il faut dire que Robin Waterfield n'est pas le meilleur des écrivains. On croirait presque qu'il a été payé au mot, et qu'il a été mal payé vu la taille affreusement courte des paragraphes. Oubliez l'ambiance, le voyage, l'épique ou une conclusion digne de ce nom, il n'y en a pas. En terme de game design, ça ne casse pas des briques non plus : il y a énormément de choix punitifs, de jets de dés foireux et, si le début est un peu ouvert, on finit par se retrouver sur les rails d'un bon vieux one true path. Bref, Les sceaux de la destruction est dur et pas très intéressant. Au final, la seule chose à sauver sont les illustrations intérieures de Russ Nicholson, qui parviennent à donner au tout un semblant d'atmosphère.

La conclusion de à propos du Livre-jeu : Les sceaux de la destruction #23 [1986]

Vincent L.
15

En dépit d'une idée pas inintéressante, Les sceaux de la destruction se vautre de bout en bout dans ce qu'il propose. La couverture maronnasse bien dégueu ne donnait pas envie, l'intérieur est du même acabit : moche, mal foutu et ridicule. Mal écrit et mal conçu, ce tome rejoint immédiatement le fond du panier des Défis Fantastiques, quelque part entre Le temple de la terreur et de L'épreuve des champions.

On a aimé

  • Les illustrations intérieures.

On a moins bien aimé

  • Un point de départ qui vire rapidement au grotesque,
  • Une histoire débile au possible,
  • Écriture terne qui ne vend jamais de rêve,
  • Un one true path dur et punitif.

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