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Critique du Film : Retribution
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Critique du Film : Retribution

Avis critique rédigé par Jonathan C. le dimanche 23 septembre 2012 à 0218

Alice in Chains

affiche Retribution

Toi qui, en ouvrant cette page, t’es rué sur la note et sur la conclusion avant de commencer à lire ces lignes, attends que je m’explique avant de me lapider ou de me condamner à la potence pour faute de goût grave. Je serai mon propre avocat.

Alice kick-ass

Oui, les films Resident Evil n’ont plus rien à voir avec les jeux vidéo mythiques de Capcom. Pour ce qui est de voir une adaptation fidèle au cinéma, j’ai eu le temps (le premier Resident Evil, c’était il y a 10 ans) de faire mon deuil, de digérer la déception, la frustration et l’hérésie. Je me suis fait à l’idée que Paul W.S. Anderson mélangeait tout et n’importe quoi sans aucune logique par rapport aux jeux. Libéré de ce poids, je peux ainsi apprécier ces films à leur juste et primitive valeur.

Avec du recul, la démarche de Paul W.S. Anderson a du mérite. Le cinéaste gamer, qui reconnait que ses films sont « très librement inspirés des jeux » et se contentent d’intégrer des références et clins d’œil à la saga de Capcom, a simplement voulu reprendre la mythologie originelle, piochant des éléments par-ci par-là, pour en recréer une nouvelle par-dessus, mêlant ainsi personnages connus et nouveaux personnages issus de son imagination. Et pourquoi pas, après tout ? Anderson n’a pas eu envie d’adapter, il a préféré inventer et c’est tout à son honneur, même s’il s’est mit à dos des millions de fans. Au bout du cinquième film, avec du recul, son univers (sa version à lui de Resident Evil) ressemble à quelque chose de complètement différent des jeux vidéo mais finalement sympathique et créatif. A vrai dire, le plus gros défaut des films Resident Evil est de porter le titre de « Resident Evil ». Paul W.S. Anderson reste honnête dans ses intentions, aussi simples soient-elles : « J’adore faire les films Resident Evil. Ils représentent tout ce que j’aimais au cinéma quand j’étais plus jeune : des filles sexy, beaucoup d’action, de super décors. »

Les Resident Evil en films, c’est effectivement un esprit bis (d’ailleurs Resident Evil : Apocalypse ressemblait parfois à du Bruno Mattei ou du Albert Pyun tandis que Resident Evil : Extinction renvoyait aux Mad Max) dopé avec des millions de dollars dans une esthétique tape-à-l’œil et tapageuse qui est devenue la marque de fabrique de la saga, avec ses ralentis outranciers et ses figures acrobatiques. Il faut s’y faire et je m’y suis fait. Un Resident Evil dans les mains de Paul Anderson, c’est comme un Transformers pour Michael Bay : un gros joujou et beaucoup de dégâts. C’est du divertissement pop-corn décérébré, du spectacle sensoriel et abrutissant, un monument de beauferie et de bêtise. A ce niveau-là, Paul Anderson avait poussé le bouchon un peu trop loin avec son surréaliste Resident Evil : Afterlife 3D (presque un trip expérimental à la Ultraviolet !), dont l’énorme carton au box-office met rapidement en marche une suite encore plus ambitieuse, et toujours réalisée par Paul.

Retribution poster

Au premier abord, le scénario de Resident Evil : Retribution part plutôt bien et semble plus riche que celui, épuré, du précédent opus. Mais ce n’est qu’une illusion, puisque ces premières scènes, pourtant mystérieuses et excitantes (l’intro du tonnerre qui fait directement suite au cliffhanger de Resident Evil : Afterlife, Alice attaquée par des zombies chez elle, Alice enfermée toute nue dans une étrange cellule d'Umbrella, Alice se retrouve à Tokyo dans l’intro d'Afterlife…), s’avèreront totalement inutiles, en plus d’être assemblées sans aucune cohérence. Au bout de 20 minutes sans queue ni tête, le récit opte pour un enjeu simple (Alice et ses compagnons doivent sortir du complexe industriel top secret avant qu’il n’explose) et se met en pilotage automatique, Paul Anderson se chargeant d’y ajouter des idées too much, par exemple le concept vidéoludique (et cinématographique) des décors de simulations, qui permet au cinéaste de varier les lieux (ça change du décor quasi-unique de Resident Evil : Afterlife) et de balancer ses personnages dans des reconstitutions de New York, Tokyo, Moscou ou une banlieue pavillonnaire archétypale (tandis que le complexe d’Umbrella se situe au Kamtchatka dans l’Extrême-Orient russe et qu’Alice termine l’aventure…à la Maison Blanche !), ou ils affrontent divers ennemis, comme les héros d’un jeu vidéo évoluant de level en level, avec à chaque fois un boss de fin de niveau. On pourrait presque y voir une métaphore du cinéma d’entertainment, avec ces personnages fonctionnels placés dans des reconstitutions pour y assurer le spectacle et rapporter de l'argent.
Le récit avance de surprise en surprise et de décor en décor, entre réalité et virtuel, retrouvant un esprit très vidéoludique (« Nous avons essayé de donner au film l’esprit et l’énergie d’un jeu vidéo, ce qui devrait encore élargir le nombre de fans », affirme Jeremy Bolt, le fidèle producteur de Paul Anderson). Le scénario se résume d’ailleurs à ça, à une accumulation bordélique d’idées fun (ou débiles) plutôt qu’à une construction dramatique, les personnages n’ayant pas grand-chose d’intéressant, si ce n’est Alice se découvrant des instincts maternels lorsqu’elle recueille la fille d’un de ses clones. A ce niveau-là c’est moins vide qu'Afterlife 3D, mais l’ensemble sonne quand même sacrément creux.

Alice in Retribution

Ce cinquième film, tout aussi bourrin que les précédents mais plus intriguant (comme le début du premier Resident Evil), s’oriente plus vers la science-fiction que vers l’action-horreur ou le survival. « Cette fois-ci, nous avons fait ce qui est en réalité un road-movie, car nous allons d’un pays à l’autre de manière originale », souligne le réalisateur. Pourtant, la mythologie créée par Paul W.S. Anderson n’évolue pas vraiment. C’est un point décevant de ce Retribution : pas grand-chose de neuf dans l’univers (et ce malgré l’imbroglio de la première partie), le trip conspirationiste avec Umbrella Corporation passe à la trappe tout comme les enjeux qui entouraient le personnage d’Alice (qui ne redevient une arme ultime qu'à la toute fin, en préambule au prochain épisode), et on entend plus parler du virus. Passées les brèves explications au bout d’une demi-heure, Alice se contente uniquement de tuer et d’essayer de fuir, ce qui a le mérite de fournir une bonne dose d’action sans temps morts et sans explications poussives sur le pourquoi du comment (dont on se contrefout d’ailleurs). Mais Paul Anderson n’exploite pas d’avantage la mythologie qu’il a « reconstitué » avec des éléments des jeux vidéo, d’abord parce que le scénario se résume à « Alice-qui-doit-sortir-du-complexe-d’Umbrella » et que ce cinquième Resident Evil fait sans cesse allusion aux précédents opus (ainsi qu’aux jeux vidéo) plutôt que d’enrichir l’intrigue et l’univers.

En effet, et c’est paradoxalement plutôt un bon point, Resident Evil : Retribution renvoie constamment aux précédents opus. Le résumé de la saga en guise d’introduction, diffusant diverses images des précédents films tandis qu’Alice assure le débriefing pour ceux qui n’auraient pas suivi, est d’ailleurs une note d’intention en soi. Le délire avec les clones et les reconstitutions de simulation est un prétexte pour refaire certaines scènes de la saga (l’introduction à Tokyo de Resident Evil : Afterlife, le piège du laser quadrillé dans le couloir qui découpe Colin Salmon dans le premier Resident Evil…), pour inclure toutes sortes de monstres familiers de l’univers (des Likers géants, des zombies, des morts-vivants tentaculaires, des Titans avec leur hache…on attend toujours de voir les Hunters dans la saga de films) et pour faire revenir les décédés Oded Fehr, Colin Salmon et une Michelle Rodriguez en DEUX exemplaires (une gentille et une méchante). Présumés morts dans l'épisode précédent, Albert Wesker et Luther West refont surface sans explications. La Reine Rouge du premier Resident Evil revient d’ailleurs poser problème à l’héroïne (« Vous allez tous mourir », réponse d'Alice : « J’ai déjà entendu ça... »), et Anderson réutilise de nouveau les visions en 3D du plan du complexe afin d’y situer ses personnages (ce qui accentue encore le traitement vidéoludique).

Alice et Ada Wong in NY

Là ou Resident Evil : Afterlife était totalement bourrin mais rébarbatif à la longue, ce cinquième volet est encore plus généreux et offre plus de variété dans ses scènes d’action extravagantes qui sont autant de morceaux de bravoure bêtement jouissifs et exaltants. Rien que l’introduction sur le vaisseau Arcadia, séquence guerrière entièrement en rewind (et pour le coup pompée sur le pré-trailer du jeu vidéo Dead Island) sur le fabuleux morceau Flying Through The Air de Tomandandy, est aussi intense que jubilatoire, fracassante entrée en la matière dont la folie mi-geek mi-beauf (un peu comme le Zack Snyder de Sucker Punch) laisse augurer un spectacle réjouissant et complètement décérébré. La suite ne vient pas contredire cette première impression.
La séquence-flashback, Alice attaquée par des zombies dans sa petite banlieue, pompe littéralement l’introduction de L'Armée des morts (fallait oser !). Enchainement sans transition avec la captivité éprouvante et ésotérique d’Alice dans une cellule stylée d’Umbrella, l’occasion pour Milla Jovovich d’être à nouveau toute nue (comme d’habitude et pour notre plus grand plaisir) et pour Paul W.S. Anderson de citer la SF des années 70. Après un court passage dans le faux Tokyo, le réalisateur concocte une baston incroyablement beauf dans laquelle Alice massacre une horde de zombies dans le couloir en usant d’armes à feu, d’armes blanches (la chaine fait mal) et de ses qualités martiales ; la chorégraphie, dont on ne loupe pas une miette grâce aux ralentis, en jette !
Puis les scènes d’action se suivent et ne se ressemblent pas, grâce au principe des reconstitutions de tests : les mercenaires (belle brochette : Barry Burton, Leon S. Kennedy, Luther West…) affrontent des zombies soldats (copiés sur ceux de Dead Snow et Outpost) sur la Place Rouge de Moscou, séquence avec laquelle Paul Anderson invente les zombies qui savent parfaitement conduire et tirer au lance-roquettes : mais on est plus à ça près (surtout venant du réalisateur des Trois Mousquetaires 3D) et la scène s’inspire en fait de la course-poursuite en Hummer de Resident Evil 5, remplaçant le Hummer dans le désert par une Rolls Royce dans les rues de Moscou.
Parallèlement, Alice et Ada Wong se fightent contre deux Titans au milieu d’une avenue new-yorkaise. Un peu plus loin, Alice et Ada se font canarder par des clones de Michelle Rodriguez, Colin Salmon et Oded Fehr dans une banlieue pavillonnaire, puis Alice et ses comparses sont coursés par des gros monstres (les Uber-Lickers) que notre héroïne burnée parviendra pourtant à éliminer sans trop de mal (les combats sont expédiés, dommage). Tout ici est démesuré, excessif, grossier. L’explosion du complexe d’Umbrella est carrément épique et vire au film-catastrophe à la Roland Emmerich, tandis que le double combat final, incluant une énorme catfight, s’apparente à des duels ultra-chorégraphiés entre super-guerriers tout droits sortis d’un jeu de bastons : con mais jubilatoire ! Le cinéaste fou en profite pour caser des zombies aquatiques, peut-être un clin d’œil à L'Enfer des zombies de Lucio Fulci. Ou peut-être pas. Le plus étonnant est que tout ça n'aura finalement couté que 65 millions de dollars : c'est peu pour un blockbuster américain actuel (mais on en voit beaucoup plus ici que dans certaines productions à 150 millions de $), et c'est pourtant le plus gros budget de la saga (hélas, l'échec commercial de cet opus aux Etats-Unis devrait freiner cette augmentation pour le prochain).

Alice VS zombie

Bien entendu, on pourrait reprocher bien des choses aux films de cette saga, et la plupart des cinéphiles dits « sérieux » ne s’en privent pas, parce qu’il est toujours plus facile de tirer sur l’ambulance que d’y monter pour donner un coup de main au toubib. Mais d’un point de vue purement technique, Retribution envoie du très lourd. Il va de soi que Paul W.S. Anderson balance ses plans avec une lourdeur pachydermique et agressive, la subtilité ne faisant pas partie des spécificités de son cinéma. Mais même quand ils sont de mauvais goûts, les plans de ce Resident Evil : Retribution ont de la gueule, l’image est propre (trop, pour un film de monstres et de zombies) et le chef opérateur de John Rambo a accomplit un impressionnant travail. La 3D vient bien sûr accentuer ces indéniables qualités formelles, et le film ne pourra s’apprécier pleinement qu’au cinéma et en 3D, telle l’attraction pop-corn qu’il est. Le chef opérateur Glen MacPherson a même conçu de nouveaux supports pour les caméras 3D, ainsi plus mobiles et moins contraignantes, même pour les grands angles ou les ralentis si chers à Paul Anderson.

Le réalisateur d'Event Horizon, le vaisseau de l'au-delà ne manque pas d’inspiration dans sa mise en image, bien au contraire : il se lâche et enchaine les plans larges monstrueux dont certains font très BD (Michelle Rodriguez attrapée par les zombies sous-marins dans un plan reprenant clairement l’affiche de Piranha, le plan final…). La mise en scène n’est que plans et poses (parfois repris des jeux, cf. la garde d’Ada Wong) archi-iconographiques : l’intro, la fight contre les zombies dans le couloir, la mort sacrificiel complètement gratuite de Barry Burton, le retour des deux méchantes pour le combat final sur la banquise…Il suffit de jeter un œil sur les nombreuses affiches conçues pour le film (cf. la galerie d’affiches) pour avoir une idée de l’imagination débridée, de la fantaisie décomplexée et de la créativité graphique qui entourent le projet. Le concept des reconstitutions de simulation allié à l’idée des clones amène aussi un jeu entre le réel, le virtuel et l’illusion. Cette variété des décors (tous reconstitués à Toronto, en studio ou en extérieurs) booste l’imagination du cinéaste, et le chef décorateur précise ainsi avoir « conceptualisé chacun des différents décors du film, à mi-chemin entre la reconstitution et l’invention ». Certains décors intérieurs du complexe sont particulièrement industrieux et visuellement soignés, par exemple la salle des clones (qui rappelle fortement celle de Star Wars - Episode II : l'Attaque des Clones). Par ailleurs, avec les Transformers de Michael Bay, ce Resident Evil : Retribution représente probablement ce qui se fait de mieux en mixage sonore ; voir le film dans une salle efficacement équipée n’en sera que plus immersif. Groupe électro créée à la fin des années 80, reconverti dans la musique de films (Killing Zoe, La Prophétie des Ombres, Les Lois de l'attraction, La Colline a des yeux, 2ème sous-sol, The Strangers, And Soon the Darkness, Citadel...) et déjà à l’œuvre sur Resident Evil : Afterlife, Tomandandy compose de nouveau une musique grondante qui pulse et participe grandement à cette atmosphère techno-high-tech teintée d'horreur.

Alice Retribution

Pour ce qui est de la qualité d’adaptation du jeu vidéo au cinéma, c’est donc une nouvelle fois un grand n’importe quoi (que font ici Barry Burton, Leon S. Kennedy et Luther West ensemble ??). Paul W.S. Anderson rassemble une bonne partie des personnages de la saga de Capcom et les mélange avec les personnages de ses films à lui (Michelle Rodriguez is back for nothing). Ils sont tous là, même ceux qui sont morts dans les films précédents : Jill Valentine (encore la visuellement plus qu'agréable Sienna Guillory) n’a désormais plus rien à voir avec son personnage dans les jeux et devient cette fois la grande méchante de cet opus à l’inverse d’Albert Wesker (le toujours aussi ridicule Shawn Roberts ; dans les jeux le personnage est une légende, dans les films c’est un beau gâchis) qui, lui, devient un allié. Barry Burton (qui ne sert pas à grand-chose mais se paie une mort sacrément classe et au ralenti sur grosse musique, avec son cigare et son fameux Magnum 44), Luther West (qui, oui, est bien vivant sans qu’on sache trop comment) et Leon S. Kennedy (qui n’a plus rien à voir non plus avec celui de Resident Evil 2 et Resident Evil 4) viennent secourir Alice. Carlos Olivera (toujours Oded Fehr) ne sert absolument à rien, comme Colin Salmon (qui n’a que deux lignes de dialogue). La bonne surprise vient d’Ada Wong (campée par la superbe actrice chinoise Li Bingbing, remarquée dans Detective Dee et le mystère de la flamme fantôme et Le Royaume interdit), très classe et visuellement très proche du personnage secondaire de Resident Evil 2 (on la retrouve aussi dans le téléfilm d'animation Resident Evil : Damnation).
Du beau monde (ne manque que les Redfield frère & sœur) et un casting sympa (Kevin Durand en Barry Burton, c'était bien vu), mais Paul Anderson se contente de reprendre les noms et quelques éléments des personnages crées par Shinji Mikami chez Capcom ; ses personnages à lui ne sont plus que des figurines, des entités, des souvenirs de ce qu’ils étaient dans les jeux vidéo. Les acteurs, qui s’amusent comme des gamins, doivent composer avec une absence de psychologie, des dialogues rudimentaires et une toute petite touche de bons sentiments.

Alice et Ada Wong

Avec Alice, Paul Anderson peut aussi se targuer d’avoir fabriqué une des rares action-woman américaines ET lucratives de l’Histoire du Cinéma, avec la Selene de Len Wiseman. Milla Jovovich change une nouvelle fois de tenue et fait moins camionneuse que dans Apocalypse ou Afterlife 3D. Elle retrouve une certaine féminité qu’elle avait un peu perdue après le premier Resident Evil. Abordant un look différent à chaque nouveau film de la saga, Milla Jovovich a ainsi incarné plusieurs fantasmes d’action-woman. Au cours de la saga, Alice est tuée, morte-vivante, ressuscitée, clonée, et transformée en Arme ultime dotée de super-pouvoirs. La femme fragile amnésique et paumée au début du premier Resident Evil est devenue une guerrière invincible, de la même façon que le top model russe Milla Jovovich est devenue une action-star américaine. Chaque film marque d'ailleurs une nouvelle forme de renaissance du personnage (c'est le cas dés les premiers plans de Retribution), comme s'il était en perpétuelle mutation. L’actrice compose une héroïne coriace et déterminée alliant charme (ses yeux sont toujours aussi troublants) et force physique (elle est quand même assez baraquée, la Milla), avec une pointe d’humour et d’ironie (à force de traverser autant d’épreuves surréalistes, Alice est devenue cynique). Le personnage a même quelque chose de tragique dans sa condition d’héroïne d’action qui ne parvient jamais à s’extirper de cet univers cauchemardesque (Paul Anderson avait nommé son personnage ainsi en référence au roman de Lewis Carroll) et ne pourra jamais mener une vie normale avec famille (ce qu’on entrevoit de cette vie rêvée au début du film n’est ainsi qu’une illusion, la scène résumant assez bien ce personnage sans cesse pourchassé par des monstres en tous genres).

world of Alice

Quand à la violence, disons que le film fait du bruit mais ne laisse aucune trace (n’y voyez pas une métaphore scatologique). Le sang gicle mais ne tache pas (suffit de voir l'affrontement contre les zombies dans le couloir blanc : les murs et les sols restent immaculées malgré les multiples gerbes de sang), Alice se prend des coups puissants en pleine face mais garde toujours les dents bien blanches, les zombies ne sont ni en putréfaction ni purulents (des zombies clean), et il n’y a plus grand-chose de gore. Mais ça flingue et ça cogne en pagaille, les coups sont costauds, les déflagrations exagérées, les cascades folles, ça explose et ça bullet-time à la moindre occasion, et Alice accomplit des acrobaties surréalistes (dans des combats en partie câblés, façon Wu Xia Pian) contre des monstres, des cyborgs, des soldats ou des zombies devenus des enragés (ils courent) alors qu’ils étaient plus lents et traditionnels dans le tout premier film.

Notre héroïne se réveille à poils dans un labo high-tech, se libère, enfile une tenue de combat, s’évade en usant de méthodes brutales puis, plus tard, tombe sur une fillette qu’elle va prendre sous son aile, se découvrant ainsi des instincts maternels : c’est Resident Evil : Retribution, mais c’est aussi Underworld : Nouvelle ère ! Les deux sagas continuent d’enquiller les points communs jusqu’à se piquer mutuellement des idées ou des effets de style, Underworld 4 ressemblant même plus à un Resident Evil qu’à un Underworld. Les potes Paul W.S. Anderson et Len Wiseman, qui ont d'ailleurs tous deux respectivement épousé leur actrice et héroïne, évoquent même un cross-over qui opposerait Alice et Selene, ce qui offrirait des catfight probablement titanesques (et excitantes). En attendant (ou pas) ce jour, Underworld 4 fait pâle figure à coté de Resident Evil : Retribution, qui explose son concurrent sur tous les points…

Retribution poster

Resident Evil Retribution se termine sur un plan dantesque (« le plus compliqué qu’on ait jamais tourné », affirme le superviseur des effets spéciaux) qui, une fois encore, évoque le plan final du premier Resident Evil de Paul Anderson et promet dans le sixième opus ce qui avait été promis pour ce cinquième (qui marque par ailleurs les 10 ans de la saga au cinéma) : Alice redevient une arme ultime pour affronter une horde de monstres ayant envahis un monde en pleine apocalypse. Retribution n’est ainsi qu’un épisode de transition (ce pourquoi il est plus riche en action qu’en révélations) introduisant ce qui sera probablement le dernier chapitre, à moins que Paul Anderson décide de la jouer Walking Dead et de prolonger l'aventure à l’infini. Voilà pour ma défense. Je donne maintenant la parole à Paul W.S. Anderson : « Je voulais faire le premier film post-apocalyptique à grand spectacle, je souhaitais qu’il se déroule dans des lieux spectaculaires autour du monde. Je voulais aussi que ce soit un énorme film d’action » Que répondre à ça ?

Retribution affiche Alice

La conclusion de

Certains fans des jeux vidéo continueront à crier au scandale, mais la démarche de Paul W.S. Anderson est ce qu'elle est : plutôt que de se limiter à rester fidèle aux jeux de Capcom, il préfère s'en éloigner afin de pouvoir inventer plus de nouvelles choses. Ainsi, le concept semi-virtuel des simulations et des clones offre une large palette d’ennemis, de terrains de jeu et donc de scènes d’action variées, dans une construction narrative qui va de surprise et surprise et se rapproche d’un jeu vidéo (c'est l'opus le plus vidéoludique de la saga). Pas une once de subtilité dans ce grand ride au cours duquel les plans iconiques et iconographiques défilent telle une BD. Resident Evil : Retribution, c'est un esprit bis voire Z (y compris dans le plagiat d'autres succès du genre) dopé avec des millions de dollars et la pointe de la technologie ; le résultat est forcément mutant, improbable, vulgaire, exubérant et constamment too much jusqu'à l'outrance, d’où une succession de morceaux de bravoure aussi débiles qu'impressionnants. On reste ainsi scotché devant l'écran du début à la fin. C'est un blockbuster délirant qui n'a peur ni d'en faire trop ni du ridicule. Plus beauf que geek, ce Retribution renoue avec un esprit pop-corn sans complexe et généreux jusqu'à l'overdose, de ces films (comme récemment Avengers ou Expendables 2, dans un tout autre style) dont on ressort avec panache en se racontant les scènes.

Que faut-il en retenir ?

  • Des scènes d'action nombreuses et jubilatoires
  • Un visuel classe plein de plans iconiques/iconographiques
  • Un spectacle pop-corn pleinement assumé
  • Une intro démente et un plan final monstrueux
  • C'est toujours aussi con

Que faut-il oublier ?

  • Rien de bien neuf dans l'univers
  • L'adaptation c'est pas encore ça...
  • C'est toujours aussi con

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