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Critique du film : Wolf Creek 2, par Jonathan C.

Avis critique rédigé par Jonathan C. le jeudi 2 avril 2015 à 12h36

Mad Mick est de retour

Le boogeyman redneck Mick Taylor est de retour. Comme on le constate dès l'introduction, meurtres spectaculaires et bien méchants de deux pauvres flics, le serial-killer australien devient la vraie star de cette suite tardive d'un premier opus qui avait fait sensation il y a déjà 7 ans. Après un passage vers le film de crocodile (le bon Solitaire en 2007), le rare Greg McLean reprend les commandes de Wolf Creek et trousse un survival de haute volée.

La star de Wolf Creek 2, c'est donc Mick Taylor, le nom de l'acteur John Jarratt étant d'ailleurs cette fois crédité en premier. Il n'y a pas de héros ici, seulement des victimes, du « gibier », ce qui instaure un solide suspense puisque même les protagonistes présentés comme principaux peuvent y passer subitement, laissant la place à une autre proie. D'un couple de touristes allemands à un pauvre américain qui passait par là (la transition est franchement jubilatoire), Wolf Creek 2 surprend par son anti-héroïsme total. La question n'est pas de savoir si le personnage traqué parviendra à se débarrasser du tueur (impossible, puisque le tueur est devenu la star) mais plutôt comment il va s'en sortir ou comment il va mourir. Telle une Grande Faucheuse, Mick Taylor n'est ainsi jamais vraiment en danger, jamais mis en difficulté, il maitrise tout car il est sur SON territoire, et le réalisateur adopte, comme dans le premier film, presque entièrement le point de vue de sa proie du moment, ce qui créée autant d'empathie (même pour un personnage que l'on connait à peine) que de tension. Le processus d'identification fonctionne instinctivement. Ça marche d'autant plus que les personnages traqués sont interprétés avec conviction par des acteurs criants de vérité et jouant parfaitement le registre de la peur panique. Le calvaire enduré sonne assez juste, d'une crédibilité et d'une intensité à faire frissonner même dans le climax too much, et pour une fois on ne se prend pas trop la tête sur d'éventuelles réactions/décisions débiles.

 

Armé d'un budget plus important, à savoir un peu plus de 7 millions de dollars, Greg McLean fait dans la suite spectaculaire et concocte une traque quasi non-stop dans laquelle les personnages ne cessent jamais de fuir, d'où des courses-poursuites aussi stressantes que palpitantes et un récit linéaire délesté de dialogues inutiles (il y a même toute une longue partie sans dialogues). Bourré de poursuites spectaculaires, Wolf Creek 2 est un peu au premier Wolf Creek ce que Mad Max 2 était au premier Mad Max ; d'ailleurs Greg McLean adresse un petit clin d'œil aux films de George Miller (cf. le plan sur la route), ce qui est inévitable quand on filme des courses-poursuites en véhicules au milieu des paysages australiens. Difficile également de ne pas penser à Duel ou à Hitcher (et même un peu à Massacre à la tronçonneuse), références clairement revendiquées par le cinéaste, surtout quand on remarque que l'un de ses personnages se prénomme Rutger. Très généreux en poursuites et en effets gores (le fusil à lunettes fait des ravages), Wolf Creek 2 maintient une tension permanente du début à la fin (on pense aussi, à ce titre, au très sous-estimé Breakdown de Jonathan Mostow), malgré une pause brève mais nécessaire dans la maison des petits vieux. Entre les impressionnantes cascades et les saisissants maquillages SFX à l'ancienne, il n'y a pas une once de CGI ici. C'est du brut, du rudimentaire, parfaitement dans l'esprit du film. Il ne s'agit pas de surenchère gratuite (le film tient d'ailleurs sur 90 minutes avec très peu de victimes) et ça ne vire pas au torture-porn comme on peut le lire ci et là (il n'y a qu'une seule scène de torture et elle est bourrée d'humour), mais c'est un vrai spectacle de cinéma tout droit sorti d'une autre époque, tel un revival du cinéma australien des années 70 et 80, dans lesquels le bush australien devenait un tombeau pour les personnages (comme dans l'incroyable Wake in Fright).

 

Mais le principal intérêt de Wolf Creek 2, c'est l'Australie, que Greg McLean filme comme s'il avait Monument Valley devant lui. Il y relate une véritable chasse à ciel ouvert. Une bonne partie du récit se déroule en effet à l'air libre, dans ces paysages somptueux filmés en Cinémascope avec une réelle admiration westernienne, tandis que la dernière partie certes plus conventionnelle mais toujours très efficace (le plan de la victime agonisante qui surgit devant le personnage traqué fait son petit effet) enferme le chasseur et son gibier en sous-sols, dans le traditionnel repère du monstre. Le réalisateur joue avec les clichés et préjugés de l'Australie, que ce soit avec le gag complètement gratuit des kangourous (scène géniale avec laquelle le cinéaste écrabouille, littéralement, les clichés sur l'Australie) ou dans le face-à-face final très tendu entre le tueur et sa victime (ça vire au quizz sur l'Australie). Et il y a bien sûr le personnage formidable de Mick Taylor, australien pur sang et caricature outrancière du redneck local, un gros beauf raciste et réactionnaire qui trucide tous les touristes qui osent fouler les Terres de son pays. Dans ce rôle de boogeyman déjà culte, John Jarratt cabotine avec jubilation, enchaine les punch-lines, les mimiques et les ricanements (son fameux rire fait merveille), tandis qu'avec cette séquelle le cinéaste iconise définitivement son personnage de serial-killer et grave dans le marbre toute une mythologie autour de lui (Mick Taylor dira d'ailleurs lui-même : « Je suis une légende, dans le coin »). Wolf Creek 2 est à l'image de ce personnage : méchant, cynique, sadique, sauvage, implacable, et d'un humour noir très féroce (jusqu'à l'ironie de la fin).

 

S'il reprend la même trame que dans le premier film, bien qu'il soit censé s'inspirer d'un autre fait divers, Wolf Creek 2 est une suite toute aussi forte qui reprend les qualités du premier film, sans l'effet de surprise mais avec plus de moyens. Réalisé avec virtuosité, impressionnant, très beau formellement, d'une redoutable efficacité et truffé de séquences marquantes, Wolf Creek 2 n'apporte rien de neuf au genre (quoique le décor australien et ce jeu de "rôle" avec les victimes lui confère une certaine originalité et un exotisme assez frais) et ne brille pas forcément par son scénario (c'est simple et ça fonce droit devant) mais s'impose sans mal comme l'un des meilleurs films du genre de ces dernières années. Wolf Creek 2, c'est un peu le Mad Max 2 du survival, toutes proportions gardées. Un petit classique en devenir, qui n'a hélas pas le droit à une sortie en salles (contrairement au premier opus).

Sortie en DVD le 7 avril 2015

La conclusion de à propos du Film : Wolf Creek 2

Jonathan C.
78

Suite tardive de son culte Wolf CreekGreg McLean trousse avec Wolf Creek 2 un survival fiévreux, tendu, intense et spectaculaire qui surpasse le premier opus à tous les niveaux, même s'il n'y a plus l'effet de surprise. Formellement superbe, le réalisateur déroule sa tuerie dans les paysages impressionnants du bush australien et fait de son boogeyman redneck et raciste (toujours campé avec brio par John Jarratt) la vértable vedette de cette suite brutale et virtuose, tout en adoptant en permanence le point de vue de ses différentes proies. Série B artisanale à l'ancienne et dénuée de CGI (les SFX et cascades reviennent en force), Wolf Creek 2 évoque fortement le cinéma australien des années 70 et 80 et pourrait être, toutes proportions gardées, le Mad Max 2 du survival. Classique mais archi-efficace !

Que faut-il en retenir ?

  • -Une réalisation en béton
  • -De superbes décors
  • -Un boogeyman mythologique
  • -Un récit intense qui passe d'un point de vue à l'autre
  • -Des séquences spéctaculaires mémorables

Que faut-il oublier ?

  • -Un tueur parfois trop bavard
  • -Le scénario reste très rudimentaire
  • -Plus d'effet de surprise, c'est très classique

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