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Critique du film : Les Rats de Manhattan [1984], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le dimanche 20 juillet 2008 à 19h24

Le must du nanar selon Bruno Mattei

Curt et ses amis sont des survivants de l'Apocalypse, une guerre nucléaire survenue il y a une centaine d'années, qui a effacé de la surface de la terre presque toute trace de l'humanité et qui a transformé l'imposant agglomérat de buildings de Manhattan en un vieux village de Campanie (certaines mauvaises langues avancent une histoire de restriction budgétaire, mais bon...). C'est d'ailleurs ce que vont découvrir ces barbares du futur répondant aux noms chantants et évocateurs, que sont Lilith (la cochonne), Lucifer (le cochon de la cochonne), Deus (le théocrate à deux balles), Taurus (fort comme un... taureau) ou Video (fan de jeux...), montés sur leurs motos, tels des Hell Angels fringués chez Gauthier et coiffés dans le salon préféré des Bee Gees.
Une voix off nous apprend que la plupart des survivants se sont réfugiés sous la surface, l'extérieur étant réservé aux mutants et aux aventuriers. Nos amis, qui font, selon toutes apparences, partie de la deuxième catégorie, errent dans les terres dévastées quand ils reçoivent un SOS. Arrivés sur place, ils font découvrir que les auteurs de ce message sont tous décédés d'une mort horrible, mais ils vont aussi mettre la main sur une extraordinaire réserve de nourriture.


Curt et ses compagnons nous font alors cadeau d'une exceptionnelle manifestation d'allégresse, sautillant comme des pucelles à leur premier bal, dévorant la bouffe comme des porcs et se roulant dans la farine comme des filets de merlan. « Je suis une blanche, je suis une blanche!, » s'exclame alors la bien-nommée Chocolat, recouverte d'une fine poudre blanche. A ce moment là, le bissophile averti sent alors qu'il tient ici une véritable perle des années 80, présentant tous les éléments qui composent le grand nanar désopilant.
Bruno Mattei, malin, s'amuse avec les codes post-apo et horrifiques. Horrifique, oui, car la nuit venue, les rats attaquent! Et là, cela devient carrément hilarant. Il faut voir ces acteurs en faire des tonnes (les hurlements de terreur durent des plombes, accompagnés de regards figés aux yeux écarquillés) devant le spectacle de pauvres mammifères hagards posés au hasard sur le sol du plateau et cherchant quelques graines à grignoter. Pour les rendre plus impressionnants, notons que les rats ont été de plus mouillés (les premiers rats punks!). Tout cela est très drôle, notamment les plans sur le présumé leader, un rat blanc aussi dynamique qu'un flan au caramel. Puis, de temps à autres, pour simuler de violentes attaques, les comédiens se prennent sur la tronche des seaux remplis de rats que l'on devine balancés par des accessoiristes hilares. Bref, on nage en plein amateurisme...
Il est aussi à noter que, si on le compare leur jeu à celui des acteurs humains de ce film, les rats seraient susceptibles d'être nominés aux Oscars. Rarement vu un niveau d'interprétation aussi nul, une impression amplifiée par un doublage français pas même digne d'un film porno de seconde zone (cette option vous est donc fortement conseillée!). On rit donc beaucoup à la vision de ces comédiens poseurs et débitant des lignes de dialogue ridicules (la séquence de la découverte de l'ordinateur vaut par exemple son pesant de cacahuètes, c'est terriblement comique et surréaliste, on se croirait presque dans un film des ZAZ). Prêtez donc bien une oreille attentive aux dialogues lors des séquences posées, qui sont uniquement là pour nous faire patienter mais qui sont aussi drôles que les tirades de certains stand-up comedies (notamment les propos philosophiques de comptoir de Deus, le moine boudhiste du futur).

Le plus incroyables est que, malgré son incroyable faiblesse, le scénario est bourré d'incohérences et d'approximations. Entre un ordinateur toujours sous tension (c'est bien connu, les rats respectent les ordinateurs), des héros qui préfèrent s'enfermer plutôt que prendre la poudre d'escampette et la réaction de certains protagonistes (mention spéciale à Duke, l'un des personnages les plus débiles de l'histoire du cinéma et à sa copine l'hystérique Mirna, qui confond cris et alarmes de caserne de pompiers), on nage en plein n'importe quoi.
Du coté des effets chocs, Bruno Mattei nous présente une scène érotique avec Lucifer et Lilith qui nous montrent zizi et foufoune (comprenez la jungle impénétrable d'avant les années 90), puis pas mal de spectacles trashs nous exposant des corps mutilés et à demi-dévorés (cependant, le réalisateur ne se hasarde pas à nous montrer les exactions des rats en direct). Le seul gros « effet spécial » va sûrement vous faire plier de rire. Un tapis roulant, garni de bestioles en plastique et filmé en optique floue, censé nous faire croire à des vagues de rats agressifs, suivi par un plan cadrant trois pacifiques petits mammifères immobiles et complètement indifférents aux gesticulations des acteurs. Bref, un grand moment de cinéma (il a même fallu que mon fils, voisin de canapé, me confirme la scène, je n'en croyais pas mes yeux)...

Puis, vient les hommes en cirés jaunes. Des mecs équipés pour la pêche aux moules (moules... moules... air connu) et le visage caché par des masques à gaz ou des aquariums. Équipés de vaporisateurs à gaz, ils dératisent le coin et sauvent les deux uniques survivants (petite pensée pour Curt, mort héroïquement sous le poids d'une porte en balsa et d'un rat vindicatif), Chocolat et Vidéo... avant un twist final aussi peu prévisible que des résultats d'élection en république bananière.

La conclusion de à propos du Film : Les Rats de Manhattan [1984]

Nicolas L.
40

Les rats de Manhattan est l'un des nanars comptant parmi les plus drôles des années 80. Techniquement, le film de Bruno Mattei est une véritable calamité (il ne mérite pas plus de 10%) mais il reste un film attachant, par moment involontairement très drôle, et doté d'une philosophie naïve mais sincère, jouant sur l'inversion des rôles (la tirade qui clôt le film va vous achever, je vous le promets). D'ailleurs, le final, prévisible mais hilarant, ajoute à une très agréable impression bon enfant… comme celle qui imprégnait, il y a encore peu, les salles inconfortables mais chaleureuses de nos cinéma de quartier.

Que faut-il en retenir ?

  • Un nanar... un vrai, un pur
  • L'aspect trash, un peu de gore
  • Souvent très drôle

Que faut-il oublier ?

  • Scénario prévisible
  • Comédiens calamiteux
  • Les rats, aussi terrifiants que des Teletubbies
  • Réalisation approximative

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