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Frankenweenie >

Critique du Film d'animation : Frankenweenie

Avis critique rédigé par Richard B. le mardi 25 septembre 2012 à 22:06

Voyage à travers le temps.

Quand Sparky est renversé par une voiture alors qu’il courait après une balle de baseball, son maitre Victor Frankenstein se retrouve complètement accablé. L’espoir revient chez le jeune garçon lorsque, lors d’un cours de science, son professeur électrocute une grenouille morte et que celle-ci se met à bouger durant quelques secondes. Victor, trouvant l’inspiration, imagine un projet afin de ramener son chien à la vie…

Avant de devenir l’une des machines hollywoodiennes comptant parmi les plus populaires et rentables, Tim Burton était un jeune cinéaste inventif, passionné et introverti. C’est en 1979 qu’il est embauché par les studios Disney, non pas pour ses qualités de réalisateurs, mais pour ses aptitudes au dessin. C’est là, en parallèle à quelques besognes ingrates, que Burton travaille sur ses premiers courts-métrages (du moins ceux pouvant être considérés comme des œuvres professionnelles). Tout d'abord, il y a Vincent, qui démontre son amour pour le procédé de l’image par image (1982), puis Frankenweenie (1984), film créé avec énormément de cœur, un hommage à son chien. Un travail également construit sur l’amour qu’il porte à un vieux cinéma, des classiques parmi lesquels Frankenstein. À l’époque, le film est réalisé « en live » et le casting réunit Shelley Duvall (la Wendy Torrance de Shining), Daniel Stern (L'officier Richard Lymangood dans Tonnerre de feu) et enfin Barret Oliver (qui vient de jouer le jeune Bastien dans L’histoire sans fin et qui va devenir Daryl juste après). C’est donc presque 30 après que Tim Burton revient sur Frankenweenie, mai, cette fois, pour le présenter sous la forme d’un long métrage en stop-motion.

La fiancée de Frankenweenie

Il y a quelque d’agréable de voir Tim Burton renouer avec ses amours de jeunesse. Avant tout, on retrouve une bonne partie du réalisateur que l’on adorait, ensuite sa renommée internationale pourra, avec un peu de chance, aider à cultiver quelques spectateurs et leur donner envie de découvrir certaines petites perles plus anciennes. Car, oui, Frankenweenie version 2012 conserve son aspect noir & blanc, ses multiples références à Frankenstein et à La fiancée de Frankenstein de James Whale ou encore avec d’autres, comme Le cauchemar de Dracula (que la famille de Victor découvrira à la télévision) ou King Kong (vous comprendrez une fois le film vu). Du point de vue du scénario, on identifie tous les grands axes du court-métrage (avec pour conséquence de faire appréhender à ceux qui l’on vu une bonne partie de l’intrique). Du coup, bien que l’on puisse relever un léger changement de contexte, Sparky se fait toujours écraser par un chauffard du dimanche, on retrouve bien la séquence autour de l’expérience de la grenouille, la tombe du chien est toujours une dominante et le moulin à vent est toujours là. Le format passant de trente minutes à une heure et demie, il fallut cependant à Tim Burton et son scénariste John August (en collaboration avec Leonard Ripps qui avait écrit avec Burton l’histoire originale) meubler et ajouter quelques nouveaux éléments. Le voisin accroc à son jardin deviendra ainsi le Maire de la ville fictive de New Holland préparant activement sa fête de la journée Hollandaise, sa nièce Elsa aura une chienne nommée Perséphone ( au potentiel de fiancée du monstre de Frankenstein idéale), et un concours de science ajoutera quelques enjeux apocalyptiques. Par contre, à n’en pas douter, à une certaine époque, Burton aurait fait de ses « Freaks» (monstres)  des exclus, des marginaux pas si méchants que ça (un peu comme le récent et génial Étrange pouvoir de Norman). C'est loin d'être le cas ici. Certains personnages auraient, fut un temps, même eu droit à bien plus d'égard de sa part. Par exemple, le jeune Edgar « E » Gore (personnage conçu en hommage à ce brave Igor), du genre bossu et pas trop de type glamour, marginal par excellence, surtout maladroit, rêve de devenir ami avec Victor et faire équipe avec lui (comme tout Igor bien digne de ce nom). Tout d'abord, il se fait jeter par le gentil Victor avant de se dévoiler maître chanteur et hypocrite. Tim Burton n'est donc plus vraiment de ceux qui défendent l'adage « l'habit ne fait pas le moine ». Reste que, grâce au chien Sparky ,la magie demeure quelque peu et fait même une belle impression, le film arrivant à nous atteindre et surtout nous captiver.

Igor

Visuellement le résultat est superbe, peut-être trop par moment, la fluidité de l'animation ne laissant presque jamais entrevoir que nous sommes dans de l'image par image, amenant presque une perfection trop numérique et lisse (à ce titre, les petites saccades de L'étrange noël de Monsieur Jack nous manquent). Reste que toute personne ayant notion du travail effectué ne pourra qu'être admiratif devant la tâche accomplie. Les personnages sont ultras expressifs, semble se mouvoir de mille façons et le découpage est une parfaite reprise des films des années trente. On retrouve aussi des décors splendides, à la fois typiques des banlieues des années soixante-dix, mais aussi empruntés à la personnalité de son réalisateur et aux classiques qui ont bercé sa jeunesse. Le rendu est aussi très fidèle au court-métrage originel. À y regarder de près, il est vrai que tous les personnages semblent être des déclinaisons des anciens films ou production de Burton. Ainsi, Victor Frankenstein à des allures de Victor Van Dort (Les noces funèbres), la fillette étrange ressemble à celle figurant dans l'épisode « The Girl Who Stares » de la série « The World of Stainboy », Le Maire de la ville fait penser à Finis Everglot des noces funèbres, tout le bestiaire de Frankenweenie apparaît quelque peu familier. En contrepartie, cela amène à nous rappeler que l’on évolue bien dans le monde magique de Tim Burton, celui qui offre des personnages excentriques, fidèles et identifiables à son créateur.

La fiancée de Frankenweenie

Côté casting (du moins pour ce qui est des voix originales), on est content de voir Winona Ryder revenir dans l'univers du réalisateur, ainsi que Martin Short. Parmi quelques autres retrouvailles, on évoquera Martin Landau, Christopher Lee ou encore Catherine O'Hara. Pour une fois, il semblerait que sa femme Helena Bonham Carter et Johnny Depp n’est pas été invités à participer à l'aventure. Autre nom régulier associé à jamais à Tim Burton, Danny Elfman qui signe ici une musique très présente à la mélodie entrainante et accrocheuse, cela même si l’on a, par moment, l'impression d'entendre des mixages entre Edward aux mains d'argent, Batman ou Mars Attacks !.

75

Frankeinweenie est certainement le meilleur Tim Burton depuis le magnifique Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street. Son nouveau film est touchant, plein de nostalgie, et nous ramène dans l’ambiance atypique des films d'épouvante des années trente. Le film pourra peut-être sembler effrayant pour les plus jeunes, bien que cela serait peut-être sous-estimer la bonne perception des enfants. Pour ce qui est des productions de l’année, on lui préféra, d'un iota, L'étrange pouvoir de Norman. On peut regretter que le réalisateur ait un peu perdu sa passion pour les « freaks ». Mais l'essentiel est bel et bien là : prendre un grand plaisir à découvrir cette œuvre qui, sur bien des aspects, demeure pleine de personnalité.

Critique de publiée le 25 septembre 2012.

Que faut-il en retenir ?

  • le meilleur Tim Burton depuis le magnifique Sweeney Todd.
  • Un film touchant.
  • Techniquement parfait.

Que faut-il oublier ?

  • Le réalisateur a un peu perdu sa passion pour les « freaks ».

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