Critique Star Wars Jedi : Fallen Order – Dark Temple [2020]

Avis critique rédigé par Bastien L. le lundi 17 août 2026 à 09h00

Cere Junda et le Temple Maudit

Univers officiel

Dans la masse de produits dérivés que représente depuis des décennies Star Wars, il y a parfois des œuvres qui se complètent à l'image de la mini-série de comics Dark Temple et du jeu vidéo Star Wars Jedi : Fallen Order.

Sorti fin 2019, le jeu vidéo Star Wars Jedi : Fallen Order démontrait une certaine ambition de créer une œuvre d'action et d'aventure nous plongeant dans une des périodes les plus noires de la licence Star Wars : les débuts de l'Empire et la traque des derniers Jedi et Padawan survivants. Le personnage principal, l'ancien Padawan Cal Kestis, rencontre à un moment du jeu la Jedi Cere Junda qui va l'aider. Et pour accompagner la sortie du jeu édité par Electronic Arts, la maison d'édition Marvel proposa une mini-série racontant le passé de Cere Junda alors qu'elle n'était qu'une Padawan. Un projet confié au scénariste américaine Matthew Rosenberg qui fait ici ses début au sein de la galaxie Star Wars après s'être illustré sur de nombreux récits de la licence X-Men. Il est accompagné aux dessins par l'Italien Paolo Villanelli qui est plus familier aux yeux des fans. En effet, après avoir joué les assistants sur l'adaptation Rogue One, il fut en charge de la mini-série Lando de 2018 tout en devenant le dessinateur de la série régulière Bounty Hunters peu de temps après Dark Temple. Il est par ailleurs assisté du Britannique Ruairi Coleman (L'Arme du Jedi...). Aux Etats-Unis, la mini-série est sortie en cinq parties précédent la sortie du jeu avant d'arriver chez nous dans un album cartonné en juin 2020 chez Panini Comics.

La mini-série se déroule une dizaine d'années avant La Menace Fantôme alors que la Padawan Cere Junda a la réputation d'être une Padawan impulsive ayant recours, souvent malgré elle, à la violence pour résoudre les conflits. Cela cadre mal avec son maître Eno Cordova plus posé et plus proche de l'intellectuel que du guerrier. Malgré les remontrances méritées du Conseil Jedi, elle et son maître sont quand même envoyés en mission sur la planète Ontocho afin d'enquêter sur un étrange temple. Néanmoins, ce lieu se situe dans un pays indépendant, Fyra, de la planète qui ne voit pas d'un bon œil que l'on envahisse ses terres et qu'on entre dans un temple dont ils ont juré la protection. Eno & Cere arrivent sur cette planète reculée connaissant une situation tendue entre Fylar, le gouvernement planétaire et une entreprise privée voulant explorer le temple dont son fondateur un peu trop sympathique... Lors du chemin vers Fyra, le convoi des Jedi est attaqué, l'apprentie et le maître se retrouvent séparés et confrontés à un conflit dans lequel ils vont devoir s'engager.

Star Wars Jedi : Fallen Order – Dark Temple est une bonne surprise car le projet n'a clairement pas été pris par dessus la jambe de la part de Matthew Rosenberg. De même, le récit fonctionne très bien indépendamment du jeu. La preuve, j'ai pleinement compris et apprécié la mini-série alors que je n'ai jamais touché à Fallen Order. Le récit est pourtant assez classique dans son approche mais un classicisme propre à Star Wars : Un Chevalier Jedi et son Padawan envoyés en mission sur une planète qu'ils ne connaissent pas et dont la division comme le conflit symbolisent leur relation. Généralement, comme ici, le récit embrasse surtout le point de vue du Padawan qui va être bousculé dans ses certitudes et évoluer. Matthew Rosenberg récite parfaitement ses gammes et nous embarque aux côtes de Cere Junda qui va devoir trouver un juste milieu entre son impulsivité et ses intuitions. Le tout dans un conflit assez complexe où chaque camp semble cacher ses intentions tout en ayant de réels arguments pour justifier leurs actions. Le gouvernement planétaire hégémonique, la nation indépendantiste ou la compagnie privée avide sont développés avec ce qu'il faut de complexité. On pourra peut-être reprocher au scénario d'être un peu trop bavard comme de proposer la même péripétie répétée plusieurs fois mais la lecture reste plaisante car Cere Junda se montre être un personnage très intéressant. Il y a aussi quelques passages se déroulant dans le même lieu mais durant les événements de Fallen Order qu'on vous laisse découvrir...

Paolo Villanelli a clairement monté en niveau depuis Lando. Peut-être était-il plus inspiré, plus libéré ou alors plus expérimenté sur Star Wars, mais il est aussi bien plus convaincant. Évacuons néanmoins les deux principaux défauts : des gros plans qui jurent parfois et quelques scènes d'action un peu confuses. Mais son style faisant la passerelle entre les comics et la bande-dessinées européenne nous surprend agréablement. Ses personnages ont une identité graphique forte avec des finitions au crayon comme des postures souvent classieuses. Il dispose d'une réelle maîtrise du mouvement notamment via les robes des Jedi. Il a pu aussi se faire plaisir sur cette planète aux couleurs vives et à la neige rouge constante. Sa collaboration avec le coloriste Arif Prianto est ici très convaincante si on aime les dessins qui nous explosent la rétine. On apprécie aussi les efforts faits afin de peupler les pages comme de créer des décors qui regorgent de détails. Villanelli crée un univers vivant sans jamais trop charger ses pages. La mise en page est ambitieuse tout en étant toujours au service de l'histoire. 

On vous le conseille si vous aimez Kanan Tome 2, Obi-Wan & Anakin, Bounty Hunters....

La conclusion de à propos de la Bande Dessinée : Star Wars Jedi : Fallen Order – Dark Temple [2020]

Auteur Bastien L.
73

Véritable bonne surprise, Star Wars Jedi : Fallen Order – Dark Temple, n'est pas qu'un compagnon de qualité pour le jeu vidéo, c'est aussi une histoire prenante, bien rythmée avec un personnage principal attachant et ce qu'il faut de complexité. Une histoire certes très classique pour du Star Wars mais qui dispose des dessins d'un Paolo Villanelli inspiré qui démontre ici son talent sur plusieurs points aidé par une coloration très vivre qui ne sera peut-être pas du goût de tous mais qui bénéficie d'une véritable identité.

On a aimé

  • Une histoire très prenante avec une héroïne attachante
  • Un dessinateur inspiré
  • Un projet assez original

On a moins bien aimé

  • Un point de départ trop classique
  • Parfois un peu confus niveau dessins
  • Trop bavard ?

BD & Comics – Sélection Amazon

Liens rémunérés : en tant que Partenaire Amazon, SFU peut réaliser un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.

Retrouvez les annonces de nos dernières critiques sur les réseaux sociaux

Sur Facebook | Sur Twitter

Critiques liées