Critique Tie Fighter [2020]

Avis critique rédigé par Bastien L. le mercredi 22 juillet 2026 à 09h00

Tie toi de mon chemin !

Univers officiel

Rien de tel pour appâter le fan de Star Wars que de lui promettre des liens entre plusieurs œuvres issues de supports différents. Et quand cette promesse s'avère vaine, on peut quand même apprécier une bonne surprise...

Pour l'année 2019, Lucasfilm via Del Rey (éditeur des romans) et Marvel (éditeur des comics) fit miroiter une sorte de crossover autour d'affrontements entre pilotes de l'Empire et ceux de l'Alliance Rebelle. En effet, le roman L'Escadron Alphabet (premier tome d'une trilogie éponyme) devait être accompagné d'une mini-série de comics, Tie Fighter donc, reprenant les mêmes événements mais côté Empire. Une série confiée à l'Américaine Jody Houser qui enchaîne alors les projets Star Wars avec talent entre les adaptations Rogue One et Thrawn ainsi que l'anthologie L'Ere de la République. D'habitude elle est souvent accompagnée du dessinateur brésilien Luke Ross qui est néanmoins ici remplacé par son compatriote Rogê Antônio dont c'est la première œuvre Star Wars après une solide carrière autant chez DC Comics (des récits Batman puis Batgirl...) que chez Marvel (X-Men...). La mini-série sortit début 2019 en cinq parties aux Etats-Unis avant de connaître une parution française début 2020 directement dans un album cartonné chez Panini Comics. Au final, si on peut trouver le terme « crossover » exagéré, cela n'empêche pas l’œuvre d'être digne d'intérêt.

 

 

Volontairement, la mini-série ne précise pas exactement quant elle a lieu. On devine qu'elle prend place entreUn Nouvel Espoir et Le Retour du Jedi. On a néanmoins de bons indices que le final vient confirmer. En attendant, on suit un escadron de pilotes de la fameuse Escadre de l'Ombre, une unité d'élite de l'Empire. Cet escadron de cinq membres mené par Teso Broosh va recevoir la mission d'aller enquêter sur un Destroyer Stellaire qui ne donne plus de signe de vie alors qu'il protège une mine de l'Empire. Les différents membres de l'escadron sont certes solidaires entre eux mais n'ont pas les même dynamiques ni la même vision de ce qu'est l'Empire dont son but. Certaines dissensions existent tandis que leur mission va rapidement s'avérer périlleuse alors qu'ils sont attaqués par ceux sur qui ils sont venus enquêter...

Une nouvelle fois, Jody Houser démontre à quel point elle est une scénariste talentueuse. Elle réussit parfaitement à rendre palpitante son histoire tout en la posant suffisamment pour faire vivre et donner de l'épaisseur à ses personnages. Pour cela, elle a écrit de courtes scènes à la fin de chacune des cinq chapitres afin de mettre en avant chaque membre de l'escadron. Et c'est une excellente idée pour qu'on s'attache à eux car leur combat ne sera pas sans pertes... Houser a concocté ainsi deux missions liées qui sont pleines de rebondissements avec une bonne intensité dramatique dans ses combats. C'est quand même aussi très agréable d'enfin avoir une mini-série Star Wars qui ne se concentre pas sur un personnage des films... Les différentes opinions des pilotes face à l'Empire apporte de bonnes thématiques sur le commandement, l'ordre ou l'héritage politique tout en donnant ce qu'il faut de complexité à son récit. Alors certes parfois tout s'enchaîne un peu vite mais reste toujours bien maîtrisé. Cela fait plaisir aussi de voir qu'on assume réellement de mettre en avant des héros pourtant du mauvais côté de l'histoire. Pour ce qui est des liens avec L'Escadron Alphabet, ils sont en effet très minces avec l'apparition éclaire de deux personnages des romans comme l'utilisation de l'Escadre de l'Ombre mais ça ne va pas plus loin. Et ce n'est pas bien grave... En revanche, les liens avec Han Solo - Cadet Impérial sont très plaisants....

Rogê Antônio fait une entrée remarquable dans l'univers Star Wars démontrant magnifiquement son talent. Son style est complètement dans le ton des comics actuel tout en ayant un aspect un peu plus désuet par moments notamment les finitions sur les visages. Un mélange excellent qui est très soigné lors des discussions avec une réelle identité visuelle pour ses personnages. Et que dire des affrontements spatiaux qui sont de toute beauté rendant justice à la puissance des chasseurs de l'Empire tout en offrant un dynamisme et une lisibilité rarement pris à défaut. Cela fait depuis Les Ruines de l'Empire qu'on avait pas vu d'aussi beaux affrontements spatiaux. Et on applaudit la trouvaille graphique permettant de voir les visages des héros sous leur casque pendant les batailles. J'espère sincèrement revoir le dessinateur brésilien sur Star Wars. Pour rappel, chaque chapitre dispose d'une dernière scène dessinée par cinq dessinateurs différents (Mike Dowling, Joshua Cassara, Geraldo Borges, Ig Guara et Juan Gedeon) aux talents et à l'application très inégaux. Parfois c'est vraiment réussi tandis que la toute dernière est vraiment trop simpliste. Enfin, les couvertures de la parution originale par Tommy Lee Edwards ici présentes sont vraiment sublimes.

On vous le conseille si vous aimez Le Retour du Jedi, L'Escadron Alphabet, Han Solo - Cadet Impérial...

La conclusion de à propos de la Bande Dessinée : Tie Fighter [2020]

Auteur Bastien L.
75

Tie Fighter est une mini-série réussie d'abord grâce à la qualité de son histoire centrée sur de simples pilotes pris dans la machine infernale de la guerre. Un récit de Jody Houser bien rythmé avec de bons personnages et une intensité dramatique bien amenée. Les dessins de Rogê Antônio sont au diapason avec un style affirmé et surtout une excellente maîtrise des affrontements spatiaux.

On a aimé

  • Une histoire prenante
  • Un dessinateur au sommet de son art
  • Une mini-série sur de simples pilotes de l'Empire

On a moins bien aimé

  • Un rythme parfois trop rapide
  • L'aspect crossover décevant
  • Des autres dessinateurs trop inégaux

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