Critique Moonwalker [1988]

Avis critique rédigé par Bastien L. le samedi 12 septembre 2026 à 09h00

Hee Hee !

Rarement une star aura auant dominé une décennie que Michael Jackson dans les années 1980 jusqu'à avoir un film dédié à sa gloire avec le très improbable Moonwalker

L'artiste Michael Jackson (1958-2009) s'est évidemment fait connaître par ses musiques notamment ses albums au tournant des années 1980 dont le cultissime Thriller. Un projet qui démontra l'amour de l'Américain pour le septième art dans des clips extrêmement ambitieux qui révolutionnèrent ce simple objet promotionnel. On pense évidemment au clip du titre Thriller, court-métrage d'une quinzaine de minutes étant une lettre d'amour au genre fantastique/horreur et réalisé par un maître en la matière : John Landis. Lors de la production de l'album Bad (1987), il fut ainsi décidé de réaliser un film reprenant de nombreux titres du disque tout en construisant des intrigues autour. Un projet à la gloire de Michael Jackson mais aussi largement créé par ce dernier en tant qu'acteur principal, scénariste (sur le segment Smooth Criminal), chorégraphe et producteur exécutif à travers son studio MJJ Productions. Pour les parties se rapprochant plus de clips, le projet fut confié à des réalisateurs rompus à cet exercice à savoir Jerry Kramerr et Jim Blashfield. Quant au segment Smooth Criminal, il est l’œuvre du Britannique Colin Chilvers surtout connu comme superviseur des effets spéciaux notamment sur la saga Superman. Le film sortit fin 1988 avec un budget autour de 22 millions, somme importante à l'époque. Il fut projeté en salles en Europe et en Amérique du Sud mais le distributeur Warner Bros. ne le sortit qu'en VHS aux Etats-Unis devenant un énorme succès sur ce média. Le film a semble-t-il rapporté près du triple de sa mise initial. Depuis, il est un peu tombé dans l'oubli sans que cela soit une réelle injustice...

Moonwalker est une anthologie ayant des segments assez différents mais qui mettent tous en scène Michael Jackson à travers sa musique. Il y a d'abord deux montages reprenant des concerts de la star mélangés avec des figures mondiales de la paix avec Mirror Man en bande-sonore. On a ensuite le droit à une sorte de rétrospective de la carrière du Roi de la Pop des Jackson 5 jusqu'à ses derniers succès. Ce qui permet d'enchaîner sur trois clips dont une parodie de Bad avec des enfants, Speed Demon mélangeant prise de vue réelles et animation en pâte à modeler où Michael Jackson fuit une horde de fans. Le dernier, Leave me Alone, est une sorte de film d'animation surréaliste avec des papiers découpés et l'utilisation de faux tabloïds. Enfin, le gros segment représentant la moitié du film (durant 90 minutes) met en scène des gamins des rues (Kelley Palmer, Sean Lennon et Brandon Adams) qui sont amis avec Michael (Michael Jackson) découvrant par hasard le repère d'un baron de la drogue machiavélique (Joe Pesci) voulant rendre accro tous les gamins de la planète. Heureusement, Michael et ses super-pouvoirs peuvent l'arrêter...

Découvrir Moonwalker sans vraiment savoir à quoi s'attendre est une expérience assez improbable quand bien même on en a tous forcément vu un extrait à savoir le clip Smooth Criminal tiré du dernier segment éponyme. Ne vous attendez donc pas à une réelle histoire mettant en scène le Roi de la Pop mais plus une anthologie/compilation de clips mettant en avant des morceaux de l'album Bad. Il faut aussi noter que le film est à la gloire de l'artiste donc le début reprend énormément d'images de lui comme de sa carrière en insistant d'abord sur son aura et sa volonté d'être un ambassadeur de l'amour comme de la paix. Ensuite, il y a cette rétrospective pour démontrer à quel point sa carrière est incroyable. Les 15 premières minutes du métrage nous plongent donc en plein ego trip bien assumé qui fait forcément plaisir à voir si on est fan de l'artiste. Ce qui est moins mon cas je dois l'avouer quand bien même je reconnais sans peine son talent et apprécie sa musique. Michael Jackson règle aussi ses comptes avec la célébrité dans les segments Speed Demon et Leave me Alone que cela soit les fans qui lui courent après où les tabloïds ne cessant de spéculer sur sa vie privée faisant qu'il se sent enfermé par son statut. Enfin, le segment Smooth Criminal nous dépeint un héros sensible et innocent se battant pour le bien-être des enfants dans le monde.

A travers Moonwalker, Michael Jackson démontre aussi son amour du cinéma de genre dont les cartoon via Speed Demon construit comme une course-poursuite à la Tex Avery avec ces fans grotesques faits de pâte à modeler et notre héros qui se transforme ensuite en lapin géant mais aussi en Sylvester Stallone ou Tina Turner. Un spectacle assez improbable qui se termine évidemment sur un numéro de danse, constante du métrage. Smooth Criminal va encore plus loin dans le délire avec un méchant, Joe Pesci, qui mélange baron de la drogue, chef d'une société militaire privée et vilain à la James Bond face à un héros pouvant se transformer notamment en robot façon Mécha japonais. Tout en pouvant aussi replonger dans le passé lors du numéro de danse dans une sorte de speakeasy. Un long segment qui démontre la naïveté de l'écriture de Michael Jackson qui enchaîne les situations les plus improbables comme une sorte de patchwork du cool sans se préoccuper de quelconque cohérence. Alors le film peut s'apprécier comme un sacré délire, et s'avère une découverte globalement plaisante, mais en étant très indulgent et en abandonnant l'idée d'avoir quelconque structure. Le Roi de la Pop se fait plaisir avec Moonwalker et il est légitime de se sentir un peu laissé de côté.

La réalisation de l'ensemble est évidemment très référencée "clip des années 1980" avec les mouvements de caméras comme le rythme (montage très rapide) qui va avec. On replonge donc dans une ambiance et une époque où la folie visuelle était souvent présente quand bien même on tombe un peu dans le cliché du goût discutable des 80's en terme de choix des couleurs... Le segment Speed Demon (réalisé par Jerry Kramer) offre une direction artistique plus proche de la caricature que du cartoon de notre enfance avec une animation en pâte à modeler manquant réellement de fluidité. A noter une apparition d'un jeune Clancy Brown en policier à la fin. Quant à Leave me alone, la direction artistique déborde de partout pour un résultat assez faible par rapport au reste. Le Britannique Colin Chilvers a en revanche vraiment soigné sa réalisation (citant notamment Le Troisième Homme de Carol Reed) et est évidemment à l'aise sur les effets spéciaux dont une bataille finale aussi improbable qu'ambitieuse. Au moins sur cette bataille, les effets spéciaux comme la production sont au diapason. On lui doit surtout la partie clip de Smooth Criminal qui est le chef-d'oeuvre du film et qui continue aujourd'hui de faire la gloire de Michael Jackson. Ce dernier n'est en revanche pas le meilleur acteur qui soit manquant cruellement de conviction avec sa voix de fausset ayant du mal à démontrer sa détermination. En face de lui, Joe Pesci cabotine et cachetonne comme jamais en méchant caricatural et violent sans aucune subtilité. Pour ce qui est des jeunes acteurs, Kelley Palmer, Sean Lennon (fils de John et Yoko Ono) et Brandon Adams semblent être là plus par relations que par talent...

On vous le conseille si vous aimez les clips de Michael Jackson, Fantasia, Qui veut la peau de Roger Rabbit ?...

La conclusion de à propos du Film : Moonwalker [1988]

Auteur Bastien L.
58

Véritable objet filmique non identifié, Moonwalker est un spectacle assez improbable maquant cruellement de structure hésitant trop entre la compilation de clips et les courts-métrages avec une réelle narration. Le film a ainsi du mal à se distinguer sur les deux tableaux tout en voulant glorifier Michael Jackson alors une star sans nul autre pareil. Le délire science-fiction de Smooth Criminal se regarde comme un spectacle un peu divertissant comme un peu nanar... Ou comme une série pour enfants des 80's, un public auquel le film semble quand même beaucoup s'adresser.

On a aimé

  • La musique, forcément
  • Le segment Smooth Criminal
  • Les effets spéciaux offrant un pectacle divertissant

On a moins bien aimé

  • C'est souvent une compilation de clips
  • Les acteurs dont MJ
  • On reste en plein ego trip d'une star dont il faut un minimum apprécier la musique

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