Critique L'Ere de la République [2021]

Avis critique rédigé par Bastien L. le samedi 9 août 2025 à 09h00

L'antho(pré)logie

Univers Officiel

Etre fan de Star Wars c'est une diversité de profils qui gravitent souvent autour des différentes trilogies. Marvel l'a bien compris en 2019 en lançant des anthologies sur ces trilogies dont L'Ere de la République.

La Maison des Idées eu donc l'idée de lancer en 2019 trois maxi-séries autour des trois trilogies crées entre 1977 et 2019. Il s'agit en fait de trois anthologies de 8 histoires autour des personnages de chaque trilogie dont la Prélogie (La Menace Fantôme, L'Attaque des Clones et La Revanche des Sith) qui nous intéresse ici. Chaque anthologie a été confiée à un scénariste et L'Ere de la République l'a été à l'Américaine Jody Houser. Ce n'est pas sa première incursion dans l'univers Star Wars puisqu'elle a adapté le film Rogue One et le roman Thrawn. Le second aux côtés du dessinateur brésilien Luke Ross qui s'est ici occupé des histoires consacrées aux vilains alors qu'on lui devait déjà la plaisante mini-série Dark Maul (2017). Pour les héros, Houser peut compter sur l'Américain Cory Smith (Les Tortues Ninja, X-Men...) assisté du Brésilien Wilton Santos. L'Ere de la République eut aussi droit à un numéro spécial comprenant trois courtes histoires avec d'autres scénaristes et dessinateurs invités. Enfin, la parution française fut d'abord divisée en deux par Panini Comics à l'automne 2019 avec un album consacré aux Héros puis celui consacré aux Les Vilains. Les deux ont été compilés pour une ressortie dans un intégrale L'Ere de la République en janvier 2021. C'est cet intégrale qui va ici être critiqué histoire par histoire...

La première histoire, L'Equilibre, donne clairement le ton de l'anthologie. Elle se déroule avant La Menace Fantôme et l'on retrouve le Chevalier Jedi Qui-Gon Jinn à la rescousse d'une prêtresse en danger sur sa planète. Accompagné de son Padawan Obi-Wan Kenobi, il est obligé de la ramener sur Coruscant car il n'arrive pas à trouver une résolution pacifique au conflit. L'histoire de Jody Houser démonter bien ce que vont être ses récits : des aventures autour de personnages importants de la Prélogie qui ne vont pas forcément apporter grand-chose à l'univers Star Wars mais qui vont être fidèles à l'idée que l'on se fait de ces personnages. Et cela fonctionne car on ressent bien les doutes qui assaillent Qui-Gon Jinn quant à ce que doivent être les Jedi mais aussi sa position vis-à-vis de l'Ordre. On le suit lors d'un voyage servant d'une introspection menée par la Force. Le récit est ainsi plaisant avec ce qu'il faut d'action et de mysticisme propres aux Jedi. Seule la fin sera légèrement frustrante... Aux dessins, on retrouve donc Cory Smith qui livre un travail globalement correct avec une approche très classique. On sera bien plus satisfait par ses pages mettant en scène l'introspection du héros avec un découpage dynamique et une magnifique double-page. On sent néanmoins que l'artiste est bien plus à l'aise quand il s'agit de dessiner des aliens plutôt que des êtres humains... 

La seconde histoire met en avant Obi-Wan Kenobi quelques temps après La Menace Fantôme alors qu'il peine un peu à gérer Anakin Skywalker, son Padawan un poil pressé. Et justement, il va pour la première fois l'amener dans une mission périlleuse consistant à aller chercher un Holocron Jedi convoité par des pirates. Le scénario de Jody Houser fonctionne bien du fait de la dynamique entre les deux héros qui reprend bien la manière dont ils sont devenus maître et élève après les événements précipités de La Menace Fantôme. Ce récit est pleinement le genre de friandise que les fans de la Prélogie aiment dévorer. Aux dessins, Cory Smith (assisté de Wilton Santos) montre une nouvelle fois qu'il a du mal avec les visages humains mais que le reste est toujours aussi correct quoique moins ambitieux si ce n'est une sympathique double-page d'action.

 

La troisième histoire mettant en scène Anakin Skywalker durant la Guerre des Clones est clairement la plus faible de l'anthologie. On retrouve le Jedi devant une sorte de mission impossible entre réussir un objectif militaire ou sauver tous les civils présents. Évidemment, il ne va pas accepter de faire le choix entre les deux. Cela permet évidemment de démontrer la tête brûlée qu'est Anakin dont les émotions restent toujours aussi puissantes dans ses décisions. Le récit est ainsi passable mais assez oubliable. Cory Smith (assisté de Wilton Santos) livre ici son moins bon travail avec des visages humains souvent piètrement exécutés et un style des plus banal bien souvent. La colorisation est par ailleurs peu inspirée. Enfin, les scènes d'action restent sympathiques malgré tout.

Malheureusement, la quatrième histoire ne relève pas vraiment le niveau alors qu'elle met en scène la sénatrice Padmé Amidala durant la Guerre des Clones. Jody Houser réussit pourtant le début de son histoire mettant bien en scène l'amour entre Padmé et Anakin, le rôle de ses suivantes qui s'interrogent sur sa passion ainsi que son engagement politique la poussant à intervenir auprès des mondes neutres pour tenter de les rallier. Sauf que le reste du récit est assez peu crédible puisque toute une planète semble paralysée par la présence d'un seul sniper isolé. Le traitement des personnages reste une réussite mais l'exécution manque de consistance. Cory Smith (toujours assisté de Wilton Santos) livre un travail dans la lignée des histoires précédentes. Pas forcément désagréable mais rien de bien remarquable.

Suivent trois courtes histoires dont la première met en scène Mace Windu avant La Menace Fantôme à la tête d'une opération visant à sauver des enfants soldats alors qu'il vient d'être capturé. La courte histoire d'une dizaine de pages est l’œuvre du duo Ethan Sacks et Paolo Villanelli (Lando...) que l'on retrouvera sur la série régulière Bounty Hunters. L'histoire de Sacks met en avant la puissance et le sens tactique de Windu à la morale infaillible. Les dessins de Villanelli sont très plaisants notamment dans les scènes d'action, ses personnages qui sont des blocs notamment l'antagoniste principal très réussi.

La courte histoire suivante met en scène un duo improbable composé du clone Rex et de Jar Jar Binks en pleine Guerre des Clones. Un récit assez anecdotique du scénariste Marc Guggenheim (Green Lantern, Arrow...) qui est surtout là pour amuser qu'enrichir l'univers. On a donc le droit aux pitreries du Gungan et au sens du devoir de Rex qui vont apprendre à cohabiter. Les dessins de Caspar Wijngaard sont réussis avec des personnages bien mis en valeur et un léger aspect jeunesse qui fonctionne.

La dernière courte histoire se déroule encore pendant la Guerre des Clones mettant cette fois en avant Asajj Ventress. Un récit de Jody Houser qui met en scène parfaitement le personnage dans les rues de Coruscant en rappelant autant son passé que son attrait vers la Lumière. Bref, 10 pages qui rendent parfaitement justice à ce personnage. Les dessins de Carlos Gómez apportent une réelle fraîcheur dans cette anthologie tant ils sont réussis dans un style qui lui est propre notamment les personnages ayant un réel cachet.

 

La cinquième « longue » histoire est la première à mettre en scène les vilains avec un Dark Maul pré-Menace Fantôme qui s'amuse à chasser un voleur doué de la Force. Là encore il faut rendre justice à Jody Houser qui s'est complètement mise au service de Star Wars sur cette anthologie afin de faire vivre sur papier les personnages iconiques que l'on a aimé dans les films. Donc on est ici heureux de voir Dark Maul casser des bouches tout en testant les limites accordées par Dark Sidious pour qu'il puisse s'épanouir sans trop éveiller l'attention sur lui. La dynamique avec cet étrange voleur fonctionne aussi. Et que dire des dessins du Brésilien Luke Ross ? Une réussite. Son style aussi classe que parfois abrupte fonctionne parfaitement avec cette colorisation sombre des bas-fonds de Coruscant. Dark Maul pue la classe et la grosse scène d'action est parfaitement dessinée avec une mise en page dynamique. Luke Ross maîtrise décidément clairement le personnage après la mini-série Dark Maul.

La sixième histoire se concentre sur Jango Fett et son fils Boba quelques temps avant L'Attaque des Clones. Le père et le fils vont collaborer avec d'autres chasseurs de primes dans une mission apparemment assez classique. Cela va être surtout l'occasion pour Jango d'enseigner quelques leçons à son fils. Jody Houser réussit une nouvelle fois ce récit qui a un réel impact sur l'univers Star Wars puisqu'il reprend des passages du recrutement de Jango par le Comte Dooku afin de créer la fameuse armée des clones. La dynamique entre Jango et Boba fonctionne aussi très bien comme la mission qu'ils doivent effectuer ensemble riche en péripéties. Luke Ross émerveille une nouvelle fois avec la prestance qu'il donne aux personnages, ses jeux de lumières intéressants et ses finitions au crayon du plus bel effet.

La septième histoire se concentre sur le Comte Dooku avant L'Attaque des Clones alors qu'il est en mission incognito pour son maître Dark Sidious. Néanmoins ses plans vont être contrariés par la présence d'un Jedi plutôt content de le voir... Jody Houser réussit encore une nouvelle fois à parfaitement encapsuler le personnage dans un récit nous dévoilant autant ce qu'il était et ce qu'il est devenu. On apprécie ainsi de découvrir son sens de la duplicité et les machinations implacables qu'il met en place tout en admirant sa puissance. Luke Ross reste ici fidèle à lui-même avec les mêmes compliments qu'on lui a adressé sur les deux paragraphes précédents. Il réussit ici parfaitement à rendre reconnaissable Christopher Lee tout en s'appropriant bien le Comte Dooku. On restera peut-être plus réservé sur le Jedi à tête de tigre faisant plus penser à Tony, la mascotte des céréales Frosties, qu'a autre chose...

 

La huitième et dernière histoire se concentre sur le Général Grievous pendant la Guerre des Clones qui pourchasse et élimine deux Jedi avant de se retrouver devant un étrange temple. Encore une fois, Jody Houser va tenter de rendre justice à ce personnage avec une description de son passé mais aussi de ses motivations dont sa haine des Jedi. Le tout dans une ambiance entre l'introspection mystique et un temple à la Indiana Jones. Cela fonctionne assez bien. Luke Ross reste fidèle au poste avec un Greivous étant une machine de destruction avec ici une approche plus animale du personnage dans sa manière de se mouvoir qui fonctionne bien. L'ambiance temple perdu dans une vaste jungle est aussi réussie.

On vous le conseille si vous aimez La Menace Fantôme, L'Attaque des Clones, La Revanche des Sith...

La conclusion de à propos de la Bande Dessinée : L'Ere de la République [2021]

Auteur Bastien L.
72

Cette anthologie est une sorte de cadeau pour tous ceux ayant aimé la Prélogie. Une manière d'offrir de nouvelles histoires sur les héros et vilains que l'on a aimé dans les films de George Lucas. La scénariste Jody Houser a parfaitement rendu justice à ses personnages (notamment les vilains) offrant un fan service très efficace qui fait aussi la limite de ses histoires. Aux dessins, si le travail de Cory Smith sur les héros est tout juste correct, celui de Luke Ross sur les vilains nous enchante de bout en bout.

On a aimé

  • Jody Houser et ses histoires au service de la licence
  • Très plaisant si on aime la Prélogie
  • Luke Ross

On a moins bien aimé

  • Forcément inégal
  • Il faut aimer la Prélogie
  • Cory Smith

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