Critique La Voie de la Duperie [2023]

Avis critique rédigé par Bastien L. le dimanche 25 mai 2025 à 09h00

Il y a clairement duperie sur la marchandise

Univers officiel

« Radicaz Dobbs, surnommé Sunshine par ses amis – et bien pire par ses ennemis -, posa son yacht de plaisance délabré sur l'aire d’atterrissage de Dalna, une planète insignifiante perdue dans un coin de l'espace. La frontière souffrait de multiples difficultés et pénuries, mais il n'avait jamais vu une aire d’atterrissage en si piteux état. La zone n'était guère plus qu'un trou boueux et, tandis que Sunshine traversait la haute atmosphère, le maître de quai, peu soucieux de lui fournir des coordonnées, avait seulement grommelé dans la comm envahie de parasites quelque chose qui ressemblait à « Posez-vous n'importe où. » « N'importe où » désignant une étendue dégagée qui semblait avoir été piétinée par un troupeau de banthas. Tandis que Sunshine posait son vaisseau, le Scupper, il se demanda ce qu'un collectionneur d'objets liés à la Force tel que lui était venu faire dans un avant-poste aussi minable ».

Est-ce que un très bon final peut complètement sauver une œuvre alors décevante ? Le débat restera ouvert même si c'est loin d'être positif en ce qui concerne La Voie de la Duperie.

La Voie de la Duperie est un roman assez important de La Haute République puisqu'il constitue le premier volet de la Phase II de ce projet ambitieux. Une seconde phase pleine de romans, de romans jeunesses, de comics, de livres-audio et de romans estampillés « young adults » dont La Voie de la Duperie. Cette phase se la joue d'ailleurs dans la plus pure tradition des trilogies Star Wars étant une préquelle puisqu'on remonte près de 150 ans avant la première phase à l'image de la Prélogie sortie après Trilogie Originale. Pour ce roman « jeune adulte », on a donc le droit à un duo d'auteures américaines avec pour commencer Justina Ireland qui enchaîne ainsi sur La Haute République après deux romans jeunesses ainsi que le « young adult » Hors de l'Ombre qui s'était avéré assez moyen. Elle est ici accompagnée par une nouvelle venue, Tessa Gratton, spécialisée dans les récits fantastiques ou de fantasy pour la jeunesse et jeunes adultes. Bref, le public visé est clairement défini.

Près de 300 ans avant La Menace Fantôme, la galaxie n'est pas encore complément explorée ni bien reliée en termes de transports comme communications. On y trouve ainsi des Jedi spécifiquement en missions dans la Bordure Extérieure dont la Maître Zallah Macri et son Padawan Kevmo Zink. Ils sont ainsi envoyés en mission sur la planète reculée de Dalna à la recherche d'artefacts liés à la Force ayant été volés sur différentes planètes alentour. Ces vols sont le fait d'une secte, la Voie de la main ouverte, qui adore la Force et qui obéissent à une sorte de prophétesse : la Mère. Elle a autour d'elle un groupe de jeunes adeptes, les Enfants, qui dérobent des artefacts de manière souvent violente et à l'insu de la majorité des membres de leur groupe. La secte est par ailleurs en train de construire un grand vaisseau, le Gaze Electric, afin de diffuser plus efficacement son message. Parmi ses membres on retrouve les cousines adolescentes Marda et Yana Ro. La première adhère complètement aux enseignements de la secte aspirant à une place plus élevée que son rôle d'éducatrice envers les plus jeunes. La seconde fait partie des Enfants et n'est pas dupe quant à la secte qu'elle souhaite quitter si possible en compagnie de sa petite amie Kor. Zallah et Kevmo vont donc enquêter en douceur sur cette secte avec le second ne tardant pas à faire connaissance avec la belle Marda. Une rencontre qui ne va pas les laisser insensibles et qui annonce de futures complications...

Le roman s'avère assez décevant ce qui n'est pas tant une surpise car on retrouve les défauts habituels des livres de Justina Ireland. L'auteure a toute les peines du monde à construire une intrigue sur plusieurs centaines de pages où l'on a souvent l'impression que les personnages principaux font du surplace où enchaînent les allers-retours. C'était déjà le cas de son roman jeunesse Le Globe du Solstice mais aussi de Hors de l'Ombre où il fallait attendre une éternité pour que la mission principale commence. Alors attention, un roman peut-être intéressant même s'il n'y a pas un rythme d'enfer ou une débauche d'action. Mais pour ça il faut un talent plus important en termes de style ou au moins qu'on est pas l’impression de tant tourner en rond. Ici, les deux auteures nous offrent un premier tiers au summum du pénible avec une avalanche de noms (lieux et personnages) à la limite de l'indigestion, une redondance dans les informations à se demander si la personne chargée de la relecture n'a pas zappé des pages sans oublier une scène racontée de deux points de vue différents mais sans aucun intérêt. Plus de 100 pages (sur 330) qui auraient pu prendre trois fois moins de place. Sans oublier les auteures qui semblent souvent nous donner un coup de coude pour nous montrer à quel point elles sont inclusives avec une galerie de personnages très différents. Alors tant mieux pour ceux qui recherchent ce genre de qualité mais c'est quand même mieux si cela s'accompagne d'une intrigue digne de ce nom...

Malheureusement, on commence à être un peu habitué aux romans jeunes adultes Haute République avec ce rythme coupé en deux et des longs passages où il ne se passe pas grand chose que cela soit Hors de l'Ombre ou Horizon funèbre dans une moindre mesure. Une intrigue qui sert surtout à explorer les interactions entre différents personnages souvent jeunes qu'elles soient amicales ou romantiques... Le tout se concluant généralement avec un cocktail d'action comme d’événements dramatiques tenant ici sur 50 pages  et qui sont la meilleure partie du roman de Gratton & Ireland. Il s'y passe enfin quelque chose où l'on sent qu'on est pleinement dans du Star Wars avec des affrontements mais aussi des pistes intéressantes en ce qui concerne les liens avec le reste de La Haute République. L'idée de préquelle prend ici tout son sens. Malheureusement, tout ça va bien trop vite avec un peu trop de deus ex machina comme des décisions des personnages principaux bien trop peu crédibles face aux événements qu'ils subissent. Le roman aurait pu ainsi être plus long ou alors avoir un final qui commence plus tôt pour être bien plus satisfaisant. Pour le reste, les personnages sont dans la moyenne des romans jeunes adultes Star Wars avec une approche très classique et assez prévisible. On sent aussi que les auteures ont voulu aborder quelques thématiques sérieuses autour du racisme et de la discrimination mais cela s'avère assez maladroit. Il y avait en revanche bien mieux à faire en ce qui concerne la critique des sectes qui reste ici à peine effleurée...

On vous le conseille si vous aimez La Haute République, L'Attaque des Clones, Elémentaire...

La conclusion de à propos du Roman : La Voie de la Duperie [2023]

Auteur Bastien L.
40

Malgré son final vraiment impactant, La Voie de la Duperie porte malheureusement bien son titre. L'intrigue met beaucoup trop de temps à démarrer avec un début qui est à la limite de la faute professionnelle tant elle nous tombe des mains et qu'on doit se forcer pour avancer. Si les auteures avaient vraiment quelque chose à raconter cela aurait pu passer mais on tombe rapidement dans du jeune adulte romantique assez insipide où l'on doit prendre son mal à patience. Au moins la récompense vaut le coup nous permettant de garder un réel intérêt envers la Haute République. Néanmoins si les bluettes adolescentes dans l'univers de Star Wars vous plaisent alors vous serez servis...

On a aimé

  • La fin
  • L'idée de préquelle qui fonctionne
  • Les pistes concernant La Haute République

On a moins bien aimé

  • Romances insipides
  • Un livre qui ne semble jamais avancer
  • Une profusion de lieux et de personnages assez inutile

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