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Critique du Téléfilm : Merlin et le livre des créatures

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 17 septembre 2010 à 17:36

Merlin pinpin

Abrité dans les 10m² de son château de Camelot aux allures de basse-cour, vautré sur un trône en plâtre, regard caméra, l'Arcadien mégalo conspire et ricane. C'est qu'il se croit beau et invulnérable, l'Arcadien - et aussi bon comédien, par dessus le marché. Sa confiance éhontée, elle repose sur un ouvrage en sa possession, un grimoire très puissant qui lui permet d'invoquer dans le monde en toc de Syfy de redoutables créatures mythologiques, tels des bimbos gorgones et des Uruk Hai zombies, juste en effleurant de son doigt leur représentation illustrée (dommage qu'il ne puisse le faire avec les numéros du magazine Playboy, le film aurait nettement gagné en intérêt). Ainsi magiquement outillé, ne se satisfaisant plus de ce désertique (le pauvre n'a même pas un laquais pour le flatter) et délabré tas de pierre et de son armée de trois figurants incompétents, l'Arcadien affiche désormais son ambition, qui est de... conquérir le monde! Oui, lui aussi. C'est une manie.

Pour mettre en échec les plans hégémoniques du vilain sorcier, les chevaliers de la Table Ronde se sont mobilisés. Ou presque. Car de la fière garde chevaleresque d'Arthur; de Lancelot, Gauvain, Perceval et Yvain, hé bien il ne reste pas grand chose. Quatre ploucs, en fait. Attardons-nous sur eux un petit moment, si vous le voulez bien. Il y a tout d'abord Avlyn Pendragon, la fille du roi Arthur et de la reine Guenièvre, une midinette blonde équipée d'un bouclier en inox et d'une épée accessoire pour GN. Avec son joli minois, du haut de son mètre soixante, une décalcomanie de dragon collée sur son avant-bras, elle se pose comme le chef de groupe. A coté d'elle, on trouve le vieux chevalier has been Galahad et son fils Lysanor, plus un autre chevalier répondant au nom de Tristan, et dont je n’ai pu déterminer s’il s’agissait du Tristan de la Table Ronde (l’acteur Patrick Sabongui me parait un peu jeune pour cela mais en même temps on aborde le sujet d’Yseult, alors…). En fait, on évolue ici dans le domaine kymrique pathétique, ou celtique rachitique.

Cette franche compagnie dégingandée s'en va aller quérir Merlin dans les bois jolis. Seulement, voilà, avec le temps et le manque de budget, Merlin est devenu un peu zinzin, une sorte de Panoramix aigri et saoulant, adepte du monologue et de la tirade philosophique à la JCVD. Avlyn et ses amis ont donc toutes les peines du monde à convaincre ce vieux magicien ("qui vieillit à rebours") de les aider, d'autant plus que la jeune princesse a un mal fou à en placer une. Cependant, une fois ceci fait (d'un coup, comme ça, pof pof, sans explication), ce dernier, monté sur son destrier (mais d'où le sort-il? D'une souche?) se lance avec eux sur les routes de Bretagne, affublé du heaume de François 1er, de mitaine en ferraille et d'un bâton runique en plastique dont il a le plus grand mal à diriger les éclairs numérisés (il rate systématiquement sa cible à un mètre).

Après avoir fait exploser un orc maquillé à la pate à pizza moisie dont la principale faculté est de pouvoir être embroché sans que son armure en garde la moindre trace, les héros empruntent un ég... passage secret qui les amène au cœur du château de Camelot. Là, superbement dissimulés derrière une plante verte et un tonnelet brisé, ils vont attendre que se présente l'opportunité qui leur permettrait de s'introduire discrètement dans le donjon. A cette occasion, on remarque que, malgré les apparences, ils sont super bien cachés car une patrouille passant à un pas d'eux ne les remarque même pas. C'est ce que l'on appelle "se fondre dans le décor" ou "se foutre de la gueule du spectateur". En fait, seul un trio monstrueux, usant de ses dons surnaturels en matière de détection, va être capable de les débusquer. Les héros sont en effet pris à partie par trois GG (gorgeous gorgons), une bande de californiennes pur jus affichant les mêmes poses aguicheuses que les fiancées de Dracula.
- Mais les gorgones ne sont pas censées avoir des serpents en place de cheveux et un regard pétrifiant? S'interroge alors Tristan, qui est cultivé, à la vue des douces chevelures des monstres L'Oreal.
- Uniquement quand elles s'énervent, répond le sage Merlin.
S'engage alors un combat entre les héros et les créatures, aussi trépidant qu'une course de gastéropodes en crise de goutte. Complètement inefficaces sous leur inoffensive apparence humaine, devant se contenter de cracher, remonter leur corsage et gigoter leurs doigts comme si elles malaxaient du manioc, les gorgones vont d'ailleurs finir par s'énerver. Survient alors une très amusante séquence où les héros frappent au jugé avec leurs épées pour éviter le regard des serpents en CGI... avec pour unique conséquence le déclenchement de sacrés courants d'air générés par leurs inutiles passes d'escrime.

Pendant ce temps, sans que l'on ne sache trop comment, Merlin parvient à arriver jusqu’à l'Arcadien. Commence alors un échange dialogué aussi digeste qu’un goulasch au reblochon, où l'on apprend que le Grimoire des Créatures appartenait à Blaise, le vieux tuteur de Merlin et que l'Arcadien est en fait Mordred. Que celui-ci veut faire crac-crac avec Avlyn, sa demi-sœur, pour obtenir un héritier au pédigrée 100% Pendragon. C'est très long, très chiant, d'autant plus que Merlin se révèle très décevant, immobilisé sur un autel par la magie du fils de Morgane. Notre souffrance devant tant de misère dramatique s'achève cependant, quand le reste du groupe de héros fait irruption dans la pièce (tadaaaa!, on dirait qu'ils sont poussés dans la pièce par des techniciens de plateau), suivi des deux gorgones survivantes et TRES énervées. Une échauffourée s'en suit, au cours de laquelle Merlin, toujours aussi piteux, casse sa pipe (Nul! comme dirait Rodolphe). Finalement, les héros parviennent à fuir en possession du grimoire; ce qui ne sert à rien car Mordred arrive à le feuilleter à distance (un détail qui entraine des plans désopilants où le pauvre Jim Thorburn, déjà pas gâté par son nom, se ridiculise définitivement en faisant semblant de tourner des pages dans le vide).

- Il est mort, on doit l'abandonner, dit Tristan à Lysanor, qui porte sur ses épaules une grande poupée de chiffon sensée être Merlin.
- Non, il n'est pas mort, dit Avlyn. Il faut l'amener à la Fontaine de Vie et lui faire boire l'Eau de la Vie.
- Personne ne sait où est la Fontaine de Vie, Avlyn.
- Oui, moi. Elle est à coté du Lac Caché.
Forcément. Quel con ce Tristan, il ne pense décidemment à rien.
Les aventuriers arrivent alors au Lac (pas très bien) Caché, une étendue d'eau aussi grande que le lac Léman, et s'approchent de la Fontaine de Vie, gardée par un Moai au regard sévère (Yum, Yum!). Malheureusement, de l'eau; point.
- Elle est desséchée, se désespère Tristan.
- Il faut y verser du sang de Pendragon, s'exclame Avlyn. Aussitôt dit, aussitôt fait, voilà la jeune femme qui s'entaille la paume de la main précipitamment, sans prendre la peine d'ôter son gant! Du sang coule sur la pierre de la Fontaine... et de l'eau jaillit! C'est chouette la magie.
Ainsi, pendant que le reste du groupe s'occupe à distraire les stupides gorgones qui les ont pistés jusque là, Avlyn s'occupe de requinquer le vieux Merlin

Je vous passe ensuite les détails (sachez juste qu'il y a une histoire d'harpies) mais les héros se retrouvent ramenés à Camelot. Là, Avlyn, après une violente poussée de migraine, est soumise au pouvoir hypnotique de son demi-frère alors que le reste du groupe est "solidement" entravé à une fontaine par les chaines piquées sur l'ancre d'un paquebot. C'est alors que la dernière gorgone en vie, chargée de les surveiller, est prise d'une violente poussée hormonale et elle commence à se frotter contre Tristan. La gorgone est en chaleur, c'est clair.
- Satisfais-là, conseille Merlin. Et bois son sang pour être immunisé contre son regard." Bois son sang? Diantre, j'espère que... Non, ce n'est pas possible, on est sur Syfy, pas sur Trash TV.
Le chevalier, tout à sa mission, se penche alors à entreprendre la dame. C'est alors que, aussi incroyable que cela puisse l'être, la gorgone, excitée comme une collégienne se rendant à son premier rencard, désirant probablement être plus à son aise... délivre le groupe de ses chaines! Ainsi libéré, Tristan, après quelques secondes d'hésitation (à sa décharge, il faut dire que la gorgone est sacrément bien roulée) mord alors la lèvre (ouf!) de la créature. Immunisé, il peut alors débarrasser le monde de sa monstrueuse copine.

Et Merlin, là dedans? Vous allez me dire qu'il ne sert à rien. En fait, vous avez raison. Sauf à la fin. Mais je ne vais non plus tout gâcher en spoilant. Comment ça ; trop tard ?

Plus qu'un scénario absolument débile et une réalisation à la fois fauchée et bâclée, le plus surprenant dans Merlin et le livre des créatures est la calamiteuse performance des ses comédiens, surtout si l'on considère la bonne réputation d'une partie d'entre eux. Le plus frappant est James Callis, pris en flagrant délit de cabotinage dans le rôle de Merlin. Au gré des situations, le comédien roule des yeux, délivre ses lignes de dialogue comme un animateur de jeu télévisé, ou sombre dans une attitude déprimée qui évoque à la fois Droopy et Calimero. L'acteur, dans ses errances "free style" finit parfois par être drôle, voire désopilant, mais il souvent assommant. Le constat n'est guère meilleur quand l'on se penche sur le cas de Laura Harris. La Daisy de Dead Like Me apparait comme très emprunté dans la peau de la princesse Avlyn, mettant un jeu atone au service d'un personnage archétypal. Quand à James Thorburn, qui interprète le cruel et ambitieux Mordred, il est aussi peu impressionnant en sorcier machiavélique que le serait Rick Moranis déguisé en Godzilla.

20

Si les productions Syfy mettant en scène des scénarios SF construits à base d'improbables créatures hybrides et géantes se révèlent parfois divertissantes, il en est tout autrement pour leurs téléfilms de fantasy, qui sont la plupart du temps très barbants. C'est encore le cas ici, avec ce Merlin et le livre des créatures, un téléfilm doté d'un casting pas du tout inspiré et réalisé avec les pieds qui n'arrive même pas à se rendre sympathique par sa nullité affichée. A éviter.

Critique de publiée le 17 septembre 2010.

Que faut-il en retenir ?

  • Parfois drôle

Que faut-il oublier ?

  • Scénario débile
  • Réalisation sans relief
  • Interprétation peu inspirée

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