Critique L'Escadron Alphabet - 3 : Le Prix de la Victoire #3 [2022]

Avis critique rédigé par Bastien L. le dimanche 13 avril 2025 à 09h00

Terminer la guerre

Univers officiel

« - Cette guerre est terminée, dit l'amiral. Nous le savons et bientôt l'Empire le saura, lui aussi.
La Générale Hera Syndulla aurait pu le croire, mais elle n'avait pas oublié : Seules les rébellions s'épanouissent sur le socle de l'espoir. Les républiques ont besoins d'assises plus solides. »

Troisième et dernier tome de la trilogie L'Escadron Alphabet, Le Prix de la Victoire offre une réelle conclusion à ses personnages abîmés par une guerre qui elle aussi arrive à son terme.

Alexander Freed est incontestablement devenu le M. Guerre du nouvel univers étendu à travers ses novélisations que cela soit Twilight Company (tirée du Battlefront de 2015) mais aussi Rogue One adaptant sur papier le film éponyme. Assez en tout cas pour se voir confier sa propre trilogie autour d'un affrontement se déroulant entre des pilotes Rebelles et Impériaux dans l'année suivant les événements du Retour du Jedi. Une forme d'hommage avéré à la saga X-Wings de l'ancien univers étendu écrite par Michael A. Stackpole et le regretté Aaron Allston. Mais cette trilogie, L'Escadron Alphabet, c'est aussi bien plus que cela où la guerre est étudiée sous de nombreuses coutures avec un auteur allant au bout de ses obsessions. Quitte à diviser sur certains points...

Ce dernier tome est la suite directe du précédent alors que l'on retrouve les personnages principaux plus que jamais divisés après les événements survenus dans le système Cerberon. L'ancienne commandante de l'escadron Alphabet Yrica Quell est retournée auprès de l'Empire sous les ordres du nouveau commandant de l'Escadre de l'Ombre Soran Keize. Une unité d'élite de chasseurs TIE qui poursuivent la sinistre Opération Cendres voulue par l'Empereur après sa disparation et dictée par d'inquiétants droïdes. Une opération visant souvent à provoquer des génocides à des échelles planétaires. L'Alliance Rebelle devenue La Nouvelle République va une nouvelle fois tenter de les contrer sous le commandement de la Générale Hera Syndulla à la tête d'une tripotée d'escadrons et d'un nouveau vaisseau amiral, un Destroyer Stellaire impérial transformé. Ses escadrons sont commandés par le jeune mais expérimenté pilote de A-Wing Wyl Lark secondé par les anciens membres de l'escadron Alphabet à savoir le roublard et protecteur Nath Tencent dans son bombardier Y-Wing, la perturbée et colérique Chass na Chadic dans son B-Wing ainsi que l'énigmatique mais implacable Kairos dans son U-Wing. Syndulla devra réussir à retrouver l'Escadre de l'Ombre pour éviter d'autres massacres. En parallèle, ses pilotes sentent bien que la guerre va bientôt arriver à son terme tandis que Yrica se voit confier la mission d'enquêter sur les Messagers de l'Empereur car les secrets qu'ils renferment pourraient avoir une importance désastreuse pour la galaxie...

Au bout de trois romans, force est de constater que Alexander Freed a pris son temps avec son histoire. Les péripéties sont nombreuses et les évolutions de ses personnages toujours bien traitées nous entraînant souvent profondément dans leurs pensées mais en décrivant très amplement leurs combats avec une grand minutie par moments. Peut-être trop constituant le principal défaut d'un auteur qui a tendance à un peu trop se répéter dans les sentiments et exploration psychologique de ses personnages. Se voir parfois rabâcher l'état émotionnel d'un personnage qui est peu ou prou le même depuis le début de la trilogie (Chass na Chadic notamment) nous fait penser que la trilogie aurait pu être plus courte sans perdre en qualité. En tout cas pour ce tome qui atteint les 670 pages en version poche chez Pocket. Puisqu'on est dans le rayon des défauts, ajoutons quand même une certaine propension aux deus ex machina et quelques passages un peu tirés par les cheveux même pour du Star Wars. Mais si vous avez aimé les deux premiers tomes alors vous allez être aux anges. On retrouve ses personnages très bien caractérisés étant assez attachants qu'ils soient du bon ou du mauvais côté. Un véritable affrontement entre eux qui s'étale avec un rythme assez plaisant offrant des scènes d'action spectaculaires mais aussi des discussions parfois tout aussi prenantes. Le roman offre aussi une réelle conclusion donnant une véritable satisfaction de lire un dernier acte qui n'usurpe pas son nom.

On retrouve aussi les qualités habituelles de Alexander Freed à savoir sa capacité à créer des ambiances bien palpables via un style pourtant assez direct qui démontre une réelle efficacité. On apprécie aussi toujours autant ses scènes d'action qu'il réussit à rendre compréhensible et trépidante malgré la profusion d’événements qui y prennent part. On pense notamment au final qui prend place lors de la fameuse bataille de Jakku (mais aussi sur une autre planète bien connue) où se mêlent affrontement dantesque et joutes plus intimes entre pilotes s'affrontant depuis près d'un an comme le raconte la trilogie. Alexander Freed nous parle ainsi que guerre comme il sait si bien le faire mais avec ici une noirceur et un pessimisme encore plus fort que d'habitude. Il parle de la fin de la guerre et de quand et comment elle se termine avant tout dans les esprits de ses participants. Que certains connaissent déjà l'issue mais continuent néanmoins à se battre ou alors ceux qui pensent qu'elle est déjà terminée alors qu'il reste des batailles à mener... L'auteur va ici au bout de ses idées quitte à surprendre sur la décision de quelques personnages. Il interroge aussi sur le devenir des vaincus dans une galaxie délivrée de l'Empire et n'hésite pas à aborder de front la manière dont les régimes totalitaires corrompent ceux qui le servent. Tout cela est vraiment bien fait avec un refus du manichéisme via notamment des solutions qui ne satisferont personne mais que chacun devra pourtant accepter. C'est donc avec regret qu'on dit adieu à ces personnages fascinants que cela soit Kairos (dont on en apprend enfin plus), Yrica Quell (quelle trajectoire!), Wyl Lark (le pilote diplomate), Nath Tencent (qui rejoint la belle galerie des gentils vauriens de l'univers Star Wars), Chass na Chadic (un météore parmi les Rebelles), Hera Syndulla (qu'on retrouvera évidemment ailleurs) ou Soran Keize (un antagoniste fascinant).

On vous le conseille si vous aimez Les X-Wings, Les Ruines de l'Empire, Riposte...

La conclusion de à propos du Roman : L'Escadron Alphabet - 3 : Le Prix de la Victoire #3 [2022]

Auteur Bastien L.
78

Le Prix de la Victoire est une belle conclusion à un Escadron Alphabet plus divisé que jamais. Les personnages sont toujours aussi captivants tandis que l'action en fait un space-opera dans la plus pure veine de Star Wars. Alexander Freed n'a pas son pareil pour nous parler de la guerre avec une approche intelligente tout en nous offrant des aventures délectables. Il y a bien quelques longueurs et facilités mais on est malgré tout comblé.

On a aimé

  • Cette ambiance de guerre noire et pessimiste
  • Les personnages que l'on suit depuis trois romans
  • L'action

On a moins bien aimé

  • De réelles longueurs
  • De grosses facilités
  • Une fin qui pourra diviser

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