Critique Red Faction : Guerilla #3 [2009]

Avis critique rédigé par Bastien L. le dimanche 18 janvier 2026 à 09h00

Pas seul sur Mars

Critique de la version PS3

Dans le monde des jeux vidéos, il existe des séries qui ont fait leur renommée autour d'une idée, d'un concept plus ou moins bien déclinés à travers différents épisodes. Comme exemple, il y a Red Faction et la destruction.

Vraiment, quel plaisir que Red Faction ! Le premier jeu de la série sorti en 2001 offrait un FPS aussi bon en solo qu'en multijoueur avec un déferlement d'action dans un décorum martien où l'on pouvait détruire de larges morceaux du décor. Une œuvre que l'on doit aux Américains de Volition (1993-2023) qui frappaient fort avec ce titre qui fut suivi par un Red Faction 2 en 2003 que tout le monde semble avoir oublié sans qu'on puisse crier à l'injustice... Ensuite, la société a développé The Punisher (2005) bénéficiant d'une bonne réputation mais surtout créé la saga Saints Row avec deux épisodes (2006 puis 2008) étant des sortes de GTA-like assez fendards. Aussi une expérimentation de l'action à la troisième personne en monde ouvert qui sera donc l'orientation retenue pour le prochain Red Faction : Guerilla, troisième épisode assez attendu de la série. Edité par THQ, partenaire historique du studio, le jeu sortit entre l'été et l'automne 2009 sur PS3, Xbox 360 puis PC avec de connaître un portage remastered (intitulé Re-Mars-Tered) sur PS4, Xbox One et PC en 2018 puis un an plus tard sur Switch édité par THQ Nordic. Lors de sa sortie, le jeu reçut un accueil critique très positif et se vendit plutôt bien.

Red Faction : Guerilla se déroule sur Mars en 2125, 50 ans après les événements de Red Faction et la défaite de la société Ultor. La planète est toujours exploitée comme une sorte de mine à ciel ouvert notamment la région de Tharsis qui est contrôlée par la Earth Defense Force (ou EDF pour les intimes) se comportant de manière autoritaire et très violente envers les colons. Au sein de cette ambiance délétère, se développe une nouvelle Red Faction, un réseau de résistance voulant libérer les colons martiens du joug de l'EDF. C'est dans ce contexte que débarque Alec Mason, un ingénieur minier qui tente de se faire une nouvelle vie plus tranquille que celle qu'il avait sur Terre. A peine le temps de s'installer et de retrouver son frère que ce dernier lui avoue faire partie de la Red Faction. Alec voit rapidement à quel point l'EDF peut se montrer violente quand elle assassine son frère le poussant à rejoindre le mouvement. Il va donc opérer sous le commandement du leader Hugo Davies et sera aidée par l'ingénieure/inventrice Sam. Cette dernière pourra lui fournir armes et améliorations contre la denrée la plus importante du secteur : le métal. Ca tombe bien, Alec s'y connaît en démolition et il compte bien faire payer l'EDF dans les rangs de la Red Faction.

Le scénario de Red Faction : Guerilla est une déception surtout dans le sens où il ne fait pas vraiment l'effort d'exister au-delà du prétexte qui nous pose le décor. Certes on joue bien à ce que promet le titre tant la Red Faction ne peut lutter à armes égales avec l'EDF avec un Alec Mason devant toujours intervenir de manière rapide et décisive avant de fuir. Mais l'intrigue manque cruellement de consistance oubliant parfois d'exister pendant de longs moments donc on y est peu sensible avec des personnages trop peu charismatiques à commencer par Alec Mason, un héros assez interchangeable dans le genre taciturne cherchant la vengeance. Il en va de même pour les personnages secondaires avec seule Sam bénéficiant d'un peu plus de développement même si les péripéties sont un peu vaines venant trop tard et étant assez basiques. Le scénario n'est pas forcément bien écrit et ne raconte pas grand chose d'autre qu'une quête de vengeance au sein d'une révolution pour la libération d'un peuple au main d'une autorité militaire violente. Tout est manichéen et déjà vu tant de fois... C'est dommage car Volition propose des cinématiques en images de synthèse venant ponctuer l'aventure dont certains sont vraiment bien faîtes pour l'époque.

C'est d'autant plus dommage car il y avait tellement le potentiel de faire mieux dans ce récit de pur SF mettant en scène une société humaine sur Mars souffrant loin de la Terre. Le tout mélangé avec une sorte de décorum communiste avec le marteau comme symbole d'une lutte d'ouvrier-mineurs face à un pouvoir capitaliste habillé de bleu. L'ambiance est là mais elle n'est malheureusement pas exploitée. On se console néanmoins avec la planète Mars que l'on peut explorer dans ses teintes ocres, rouges, marrons et sombres que l'on parcourt d'abord avec plaisir.Puis avec une certaine lassitude sur la fin malheureusement tant les différentes parties du monde ouvert se ressemblent trop. A trop vouloir insister sur la cohérence, Voliton a oublié d'instiller un peu de folie dans ses décors. La direction artistique est pourtant assez solide notamment en ce qui concerne les différentes types de véhicules que l'on peut conduire mais aussi en ce qui concerne les étranges Maraudeurs dans un délire Mad Max appréciable.

Heureusement que le jeu est réussi là où il était le plus attendu : sa technique et en particulier ses possibilités en termes de destruction. Bénéficiant du moteur maison Geo-Mod 2,0, le jeu offre un monde ouvert certes loin d'être le plus grand qui soit (Assassin's Creed et GTA IV sont passés par là) mais qui fonctionne pour ce qu'on y fait. Il est assez peuplé avec ce qu'il faut de trafic et d'ennemis pour que l'on s'amure à tout détruire. Chaque bâtiment est destructible avec une logique assez bien retranscrite dans la démolition qui peut se faire par étape à la masse ou avec des petits explosifs ou de manière plus expéditif avec des lances-roquettes plus ou moins puissants. Et le système s'avère particulièrement jouissif encore assez impressionnant aujourd'hui donc on imagine très impactant à l'époque. Cela permet surtout différentes approches dans les missions proposées puisqu'on peut facilement se créer des portes ou utiliser la destruction des décors (avec débris qui tombent) comme d'une arme très efficace. Le jeu nous y pousse évidemment. Volition a aussi eu la bonne idée de pousser le concept jusqu'à en faire de la réflexion avec ces missions annexes qui nous demandent de détruire tel ou tel bâtiment avec tel ou tel équipement/arme dans un temps défini. On n'oublie pas non plus les missions annexes de rail shooter qui fonctionnent assez bien. Red Faction : Guerilla n'est jamais aussi bon que quand il devient un véritable bac à sable fait de destructions et d'explosions dans une ambiance assez jouissive.

Volition semble s'être tellement investi dans son moteur, son monde-ouvert et cette mécanique de destruction que cela donne l'impression que tout le reste est allé se greffer avec un manque de soin (de temps ?) assez palpable. Red Faction : Guerilla est un jeu d'action qui propose beaucoup de fusillades avec les forces de l'EDF dans un gameplay lorgnant vers le TPS mais qui manque clairement de finition et de souplesse. On a beau nous mettre beaucoup d'armes dans les mains avec un système de couverture, il est souvent bien plus efficace de foncer dans le tas avec la masse pour faire le ménage. Mes parties ressemblaient plus parfois à du Benny Hill que du Gears of War... Malgré tout, la masse est quand même assez géniale... De même, la conduite est bien présente comme tout bon GTA-like mais elle s'avère assez moyenne tant les voitures peuvent s'avérer trop légères et se contrôlant parfois comme des caisses à savon. Ensuite, les missions annexes se répètent un peu trop et sont en partie obligatoires pour déverrouiller les missions principales qui nous demandent de libérer la carte quartier par quartier. Et au bout de la 10ème mission de raid ou de libération d'otages, on a fait le tour. Certes les 15 à 20 heures de jeu proposées sont généreuses mais il y a de la répétition. Enfin, le titre propose une difficulté en pics assez pénible car elle se repose beaucoup sur l'envoi abusif de nombreux ennemis sur notre position offrant des foires d'empoigne assez confuses et souvent frustrantes...

On vous le conseille si vous aimez Red Faction, Les Sables de Mars, Jak 3...

La conclusion de à propos du Jeu Vidéo : Red Faction : Guerilla #3 [2009]

Auteur Bastien L.
65

Red Faction Guerilla est un jeu qui avait été très bien reçu à sa sortie en 2009. Il est vrai que le décorum martien est agréable et que le titre peut s'avérer très jouissif dans son approche de la destruction avec beaucoup de possibilités qui enrichissent le gameplay. Mais le scénario manque tellement de soin que la narration reste décevante. Pour le reste du gameplay, soit le titre a mal vieilli soit je n'ai jamais réussi à m'y faire. Un jeu qui sera pour moi une petite déception mais ce n'est sûrement pas complètement de sa faute...

On a aimé

  • L'ambiance martienne
  • Les possibilités offertes par la destruction comme sa qualité technique
  • Un jeu généreux

On a moins bien aimé

  • Un scénario trop oubliable
  • Les missions annexes trop répétitives
  • Le gameplay TPS peu satisfaisant

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