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Critique du Film : Dracula 3D
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Critique du Film : Dracula 3D

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 2 juillet 2013 à 1822

Draculargento

Jonathan Harker, un jeune érudit britannique, apprend par Lucy Kisslinger, l’amie d’enfance de son épouse, qu’un certain comte Dracula est à la recherche d’un bibliothécaire. Après un long voyage et la traversée d’inquiétantes contrées sauvages hantées par des meutes de loups, il arrive à Passburg, où vivent Lucy et son père, le maire de cette petite bourgade de Transylvanie. Il apprend alors que le village doit sa prospérité aux bienfaits de son futur employeur, le comte Dracula, dont la propriété se situe non loin, au-delà des bois. Un peu plus tard, arrivé au château, Jonathan fait la connaissance du maître des lieux, un homme étrange et discret, et de sa nièce, la troublante et magnétique Tania...

Lorsqu’il y a quelques temps, la rumeur circula que le grand Dario Argento allait se lancer dans une relecture du mythe de Dracula, nombre d’anciens fans (dont moi) crurent à un canular. Pourtant, au fil des mois, le projet prit forme, des images de tournage se succédèrent sur le web en même temps que la production annonçait qu’il allait s’agir d’un film en 3D. Et finalement, en y refléchissant bien, l’on se dit «pourquoi pas!» En effet, si Il maestro ne s’était encore jamais frotté aux vampires, on pouvait raisonnablement penser que l’imagerie gothique et la l’aura fantastique propres au genre pouvait parfaitement s’adapter au style marqué du réalisateur italien. On imaginait volontiers voir se matérialiser à l’écran une sorte de croissement entre Suspiria et un classique de la Hammer. Et c’est d’ailleurs ce qu’a essayé de faire Dario Argento, en retaillant l’histoire à sa mesure. Malheureusement, c’est, en grande partie, raté.

En concentrant l’intrigue en Transylvanie (il occulte donc le voyage de Dracula à Londres), le cinéaste a pris pour option d’éviter de disperser les évènements, ce qui lui permet d’entrer rapidement dans le vif du sujet. Mais, pour ce faire, il a dû créer la petite communauté de Passburg. Une foule de braves gens qui, par pur intérêt, tolère la présence d’un indésirable voisin aux dents longues. La nuit tombée, il se barricadent chez eux, et tant pis pour les imprudents. Le triste sort de ces derniers nous est d’ailleurs précisé dans une ouverture où, se rendant à un rendez-vous galant, une jeune femme va être la victime du comte, sous le regard passif d’un villageois. Cette entame, si elle a pour fonction d’installer les bases du scénario, elle pose aussi le doigt, hélas, sur ses nombreuses faiblesses. Une séquence de baise absolument gratuite, un personnage qui agit de manière illogique, et le déclenchement d’un symbolique foireuse qui va s’étendre sur toute la durée du métrage (ici, Dracula se voit métamorphosé en hibou, et cela va se terminer en... mante religieuse de cartoon). Puis, quand, quelques instants plus tard, on découvre que villageois et notables, apparemment victimes de crises d’amnésie aussi soudaines que débiles,  attribuent les traces dans le coup et les cuisses de jeunes femmes de Passburg à des piqûres d’insectes, on se dit définitivement qu’il y a quelque chose de pourri dans le scénario de Dracula 3D.

Malgré tout, l’on a envie d’aimer Dracula 3D. Car, nettement moins fumiste que pour le pathétique Giallo, Dario Argento a fait des efforts de réalisation et même retrouvé un peu de cette verve poétique et cet esthétisme qui l’a rendu célèbre. De belles images, dans un décors de studio qui évoquent les films de Terence Fisher, une réalisation chiadée qui n’hésite pas à nous amuser par des excès de violence gore (à la limite du potache), quelques mouvements de caméra bien pensés, une bande musicale vintage composée parClaudio Simonetti (ex- Goblin) et une mise en place des personnages qui, finalement, respecte assez fidèlement le roman de Bram Stoker - le lieu change mais l’intrigue reste sensiblement la même. Mais tout cela est mis à mal par de nombreuses fautes de mauvais goût (la crise de rage de Dracula devant sa cheminée, ridicule) et une calamiteuse direction d’acteur (Dario Argento n’a jamais excellé dans le domaine mais, là, on touche le fond). Ainsi, totalement livré à lui-même dans le rôle du comte, Thomas Kretschmann (qui est pourtant un bon acteur) sombre dans le cabotinage avec notamment une très mauvaise imitation de Gary Oldman dans le Dracula de Francis Ford Coppola.  Et que dire d’Asia Argento, exécrable dans le rôle de Lucy.

Mandé par Mina, Abraham van Helsing arrive à Passburg aux deux tiers du métrage. Lucy est déjà morte (-vivante). Rutger Hauer, à la limite de la crise d’apoplexie, incarne l’archétype du chasseur de vampires moderne (il arrive à se débarrasser d’un sbire de Dracula d’un seul coup de poignet et fabrique ses propres balles sacrées), mais version carte vermeil. Une fois installé, comme dans le roman, la première préoccupation de cet exécuteur de comic book est d’éliminer Lucy-vampire, ce qui nous donne l’occasion d’assister un ridicule affrontement entre un vieux bonhomme et une comédienne qui confond les réactions d’un vampire femelle enragé et celles d’un chat jeté dans un baignoire d’eau froide. Et cela va aller de mal en pis, pour amener le métrage sur la voie de la série Z, quand van Helsing et le prêtre du village se rendent chez Dracula pour libérer Mina et détruire le monstre (composé par un Kretschmann aussi naturel qu’un bâton de surimi). Un final de nanar, avec un Dracula qui meure comme une cloche (on est devant le Dracula le plus minable de l’histoire du cinéma), achève cette oeuvre bancale, parfois sympathique mais le plus souvent mal foutue.

Enfin, un petit mot de technique. Ayant vu le film en version plate, je ne peux donc juger de la qualité de la 3D, ni de son niveau d’immersion. Par contre, force est de dire que les effets numériques souffrent d’une production au budget limité (environ 5 millions d’euros). Les métamorphoses de Dracula sont les passages les plus perfectibles, avec des images numériques de qualité variable. Heureusement, la présence de quelques effets de maquillages traditionnels, œuvres du talentueux Sergio Stivaletti, compensent un peu, compensent un peu la faiblesse relative des CGI.

La conclusion de

Bon, après Giallo, on pouvait dire que Dario Argento ne pouvait tomber plus bas. Cependant, une fois Dracula 3D visionné, il serait malhonnête d’affirmer que cet ancien génie du cinéma d’horreur transalpin est sorti d’affaire. Disons que, comme donnant un coup de rein au fond du lac, il est remonté à un niveau assez proche de celui de Mother of Tears et s’est sauvé du grand bouillon. Ici, le gothique à la Hammer Films remplace la terreur baroque du dernier volet du cycle des Trois Mères. Et les défauts sont les mêmes. Certains sont inhérents au style du réalisateur (une direction d’acteur défaillante), d’autres sont les stigmates d’une dégénérescence créative un peu précoce. Restent quelques fulgurances poétiques et macabres où l’on retrouve le grand Dario Argento.

Que faut-il en retenir ?

  • De belles images
  • Quelques fulgurances artistiques
  • Des effets gore amusants

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario perfectible
  • Des effets spéciaux assez moyens
  • Une mauvaise direction d’acteur
  • Sombre parfois dans le nanar

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