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Critique du Film : La Fiancée de Dracula
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Critique du Film : La Fiancée de Dracula

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 4 février 2014 à 2339

Tic, tac, tic, tac, voilà Dracula !

Il est temps pour Dracula de prendre épouse. C’est du moins ce que pense toute sa clique d’admirateurs. Les Parallèles, comme les nomment le Professeur et Eric, son gentil disciple un peu neuneu.  Une bande de fanatiques démoniaques, de composante très hétéroclite, puisque réunissant sous la même obédience sectaire une vampire nue et son amant, un nain bouffon, une Belle des Champs agitée du bulbe, une Ogresse des catacombes (si, si, ça existe, du moins chez Rollin), un couple de sorciers séniles et La Louve Ecarlate, sorte de prêtresse amazone aux responsabilités opaques (une rôle évidemment inutile, construit spécialement pour Brigitte Lahaie). La tache de ces fidèles du Prince des Ténèbres (qui vit dans une horloge, ce qui est nettement moins classe que son château des Carpates) ne va pas être facile car Isabelle, l’élue, celle qui va être offerte à Dracula, est retenue dans un hôtel particulier, chez les sœurs de l’Ordre de la Vierge Blanche. Des nonnes qui, sous l’influence du Malin et de la folie de leur prisonnière, ont un mal fou à rester saines d’esprit.

En 2002, cinq ans après Les orphelines vampires, Jean Rollin nous revient avec un film revisitant, mais de manière très personnelle, la nunsploitation à l’italienne.  L’intrigue se concentre en grande partie, en effet, sur un ordre de nonnes aux mœurs très libérées, puisque ayant sombrées dans la folie, qui évoque un tant soit peu toutes ces séries B sataniques des années 70 construites à base de séquences où des religieuses, sous l’emprise du démon, se vautrent dans la luxure. Bon, ici, Jean Rollin fait montre de plus de retenue, évite la pornographie, avec un sobre baiser lesbien, un gentil mouvement obscène et des nonnes qui s’adonnent à la pipe (!) et à la boisson. L’une, la plus délurée, pousse toutefois un peu plus la métaphore sexuelle au moyen d’un bilboquet. Elle insiste, même. La coquine. A coté de cela, le cinéaste nous offre la vision d’une série de monstres adorateurs d’un Dracula que l’on ne verra finalement que très peu (tant mieux, il ressemble à un vendeur d’assurances) et un duo de chasseurs, aussi énergiques qu’un couple d’aïs sous Tranxène.

Tout ce beau monde est impliqué dans un scénario que l’on peut qualifier de  « capillotracté ». Un récit victime de trous béants qui démontre, si cela était encore nécessaire, que Jean Rollin n’use de script que parce que c’est d’usage dans le cinéma d’auteur et qu’il reste prisonnier de sa formation très classique. Le final, par exemple, est un joyeux bordel à la structure poussive, bourrée de références littéraires mais pleine de faux raccords, où tous les protagonistes finissent par s’entretuer sur la plage d’une île bretonne. Par contre, ce manque de tenue dans le scénario ne l’empêche pas de plomber son métrage avec une tonne de dialogues aux teneurs parfois sibyllines. Des répliques d’autant plus surréalistes qu’elles sont débitées par des comédiens au jeu d’acteur calamiteux (nombre d’entre eux ne sont d’ailleurs pas des professionnels). Ainsi, comme souvent avec le cinéma de cet artiste, on se retrouve le cul entre deux chaises, ne sachant trop s’il fait dans la comédie volontaire où s’il use d’un cynisme à peine masqué pour mieux digérer ses insuffisances. C’est parfois très agaçant (du haut de son mètre quarante et un, le nain Triboulet est horripilant et d’une nullité affligeante), souvent désopilant car ridicule (le jeu récité de Magalie Madison, le surjeu de Brigitte Lahaie…), mais parfois si paroxystique que cela fonctionne (l’hystérique sœur Marthe, interprétée par Sabine Lenoël).

D’ailleurs, tout le métrage cultive le chaud et le froid. Fondamentalement, La fiancée de Dracula est un film sérieux, mêlant fantasmagorie légèrement érotique, symbolisme thanatique, surréalisme bunuelien et onirisme gothique au sein d’une imagerie de belle qualité. La force de Jean Rollin est son goût pour les belles images et ce film ne déroge pas à la règle. La fiancée de Dracula est un livre d’images bien léchées, au fort rendu artistique. C’est souvent très beau. Pourtant, de-ci de-là surgissent des éléments décalés ou loufoques (mention spéciale à la nonne qui se coiffe d’un entonnoir !), des gags visuels qui, ajoutés à des détails naïfs (la partie d’échec qui ouvre un passage secret, la symbolique de pacotille…), ébranlent tout l’édifice laborieusement mis en place jusqu’alors, un peu comme si Jean Rollin dénigrait son propre travail. C’est d’ailleurs ce  mélange hétérogène, cette alternance grotesque de fulgurances poétiques et de n’importe quoi, qui a fait la réputation du cinéma de Jean Rollin. Et qui lui a même construit une belle base de fans, même à l’étranger.

La conclusion de

Pour celui qui cherche à découvrir le cinéma de Jean Rollin, La fiancée de Dracula est à conseiller tant il se pose comme un fidèle échantillon de son style filmique. Une superbe imagerie, une photographie très soignée, mais une volonté poétique annihilée par un jeu d’acteur calamiteux, un scénario de en bois et la présence de gags visuels complètement hors sujet. Bref, un spectacle superbement ridicule. A apprécier comme un joli livre d’image feuilleté par un clown triste ayant trop fumé la moquette.

Que faut-il en retenir ?

  • Un beau libre d’images
    Une belle photographie

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario perfectible
    Une réalisation poussive
    Un jeu d’acteurs calamiteux
    Un humour hors sujet

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