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Critique du Film : Dracula au Pakistan
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Critique du Film : Dracula au Pakistan

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 11 juin 2010 à 1945

Dracula goes to Lollywood

S’étonner de l’existence de Dracula au Pakistan, c’est un peu faire aveu de sa méconnaissance et matière de cinéma international ou avoir un peu trop vite oublié que Lollywood, dans les années 60-70, n’avait pas grand-chose à envier à son illustre voisin indien. Facilités par le fait que de nombreux films pakistanais étaient tournés en langue ourdou, les échanges étant d’ailleurs fréquents entre les deux cinémas avant que la guerre indo-pakistanaise ne mette un terme à leur amitié. Aujourd’hui, hélas, force est d’admettre que le cinéma pakistanais, victime de la censure et des pressions religieuses, est en mauvaise santé, même s’il continue à offrir quelques bonnes surprises.  Mais, attention, ce n’est pas une raison pour l’enterrer sous des tonnes de préjugés immérités.

Juger Lollywood comme une version cheap de Bollywood n’est pas lui rendre justice. En effet, aux yeux des profanes, il peut apparaître assez semblable mais il indéniable qu’il fut pendant des années d’une qualité équivalente, c’est un fait, mais qu’il possède aussi une véritable identité. Au niveau de ses concepts, le cinéma pakistanais lorgne depuis ses débuts du coté d’Hollywood. Récupérant de nombreux succès américains pour les adapter à leur culture (d’une manière qui évoque un peu le cinéma turc), les studios pakistanais ont construit un type de cinéma atypique qui mêle de manière étonnante grandiloquence hollywoodienne, culture ourdou et religion musulmane. A son niveau, assez modeste, avouons-le, Dracula au Pakistan, rare film d’horreur de l’histoire du cinéma pakistanais, est une bonne illustration de cette alchimie exotique.

Dracula au Pakistan est une adaptation (privée de ses éléments chrétiens) du roman de Bram Stoker. A jouer les apprenti-sorciers avec ses éprouvettes, le docteur Tabani y perd la vie… pour se réveiller transformé en vampire. Son ancienne assistante ne va pas tarder à succomber à ses charmes et, tous deux hantent désormais le chateau, à l’affut de nouvelles proies. C’est alors que le docteur Aquil Harker, faisant fi des avertissements de la population vivant aux alentours, pénètre en ces lieux maudits. Echappant de justesse aux crocs des vampires, le jeune homme va alors chercher de l’aide auprès de ces connaissances qui, évidemment, ne le croient guère…

Réalisé par Khwaja Sarfraz, ce film datant de 1967 est une curiosité, certes, mais aussi un film qui ne manque pas d’intérêt et de charme. Visionner Dracula au Pakistan, c’est un peu comme voir au sein d’un même métrage un vieux mélodrame muet des années 20 avec ses poses théâtrales, un film gothique dans le pur style Universal, une comédie musicale à la Bollywood, un film d’action turc, le tout réuni sans tenir aucunement compte des chocs culturels et générationnels que peut produire le mariage d’éléments aussi différents. Le plus troublant se situe dans le contraste affiché par les séquences chantées, par exemple, qui respirent énormément les années 60 (comme une sorte de yéyé oriental, à base de cha-cha-cha) et les séquences horrifiques qui se déroulent dans le château, résolument gothiques. Déstabilisant et finalement très amusant, notamment quand des consommateurs grincheux attablés dans un bar se mettent à pousser la chansonnette avec entrain.

Même s’il s’amuse parfois à jouer les Jesus Franco en usant et abusant de zooms, force est d’admettre que Khwaja Sarfraz fait preuve de belles compétences en matière de réalisation, de photographie et de mise en scène. En effet, malgré des décors minimalistes, le cinéaste réussit  à doter les séquences se déroulant au château d’une une esthétique gothique proche des deux Dracula de Tod Browning. Par contre, les effets spéciaux – de simples incrustations - sont très mauvais (heureusement, ils sont rares). Les séquences dansées, elles, mettent en évidence un aspect ludique, probablement volontaire, puisqu’il permet d’y glisser quelques touches érotiques de manière faussement candide (cela n’a pas empêché la censure de l’époque d’obliger quelques coupes dans des passages jugés trop « lascifs » et de classer le film en catégorie X). Evidemment, ces chorégraphies apparaissent aujourd’hui bien kitchs et moins fastueuses que celles du cinéma indien. Elles restent cependant très divertissantes.

On peut reprocher, à raison, à Dracula au Pakistan d’être excessivement bavard. C’est en effet le plus gros point faible du film, un défaut appuyé par le style d’interprétation qui apparaît aujourd’hui comme absolument pas naturel et qui fait que certaines séquences tirent vraiment en longueur. On peut aussi trouver que le métrage manque d’idées originales, le film se contentant de recadrer dans un autre environnement culturel (et surtout religieux !) un concept occidental… sans toutefois aller au bout de l’entreprise. Cela s’explique bien entendu par le fait qu’à l’époque Khwaja Sarfraz cherchait avant tout à recréer une ambiance hollywoodienne (on pense aussi un peu aux films de la Hammer) pour séduire un public amateur de cinéma américain. Aujourd’hui, on aurait préféré, c’est certains, qu’il opte pour un vampire plus « couleur locale ».

La conclusion de

Avec ses scènes chantées et dansées et ses hilarantes séquences décalées (la poursuite en voiture qui entame le dénouement du film est un vrai régal pour l’amateur de nanar), Dracula au Pakistan est certes une curiosité. Mais le film de Khwaja Sarfaz est également agréable à visionner pour ses qualités. En effet, même s’il se montre parfois trop bavard, la bonne réalisation de ses séquences « gothiques », la qualité de la photographie et le niveau respectable de la mise en scène font que l’on ne s’ennuie pas en le visionnant.

Que faut-il en retenir ?

  • Un Dracula exotique séduisant
  • Photographie soignée
  • Bonne mise en scène
  • Des passages chantés et dansés très amusants
  • Des passages « nanardesques » mémorables

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario qui n’innove pas
  • Pas du tout effrayant
  • Très kitch

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