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Vendredi 13 >

Critique du Film : Vendredi 13

Avis critique rédigé par Vincent L. le mardi 24 février 2009 à 14:46

C'était mieux avant...

Il était pourtant alléchant ce remake ! Mené par une grande partie de l'équipe qui était aux commandes du très réussi remake de Massacre à la Tronçonneuse, cette relecture du film de Sean S. Cunningham sentait bon la série B sans concession, violente à souhait, et baignant dans un climat de survival que l'on pensait déjà être jouissif. Certes, on savait d'ores et déjà que ce ne serait pas là un chef d'oeuvre, mais au minimum pouvait-on attendre un long-métrage largement supérieur à son modèle, culte effectivement, mais nettement pas insurpassable. Pourtant, contre toute attente, Vendredi 13 version 2009 n'a su tenir aucune de ses promesses, s'avérant au final être un long-métrage désespérément mou, basé sur un scénario on ne peut plus médiocre, qui trouve haut-la-main sa place parmi les pires scripts écrits pour la saga, entre Meurtres en trois dimensions et L'ultime retour.

Pourtant, le film ne délaisse jamais les fans de la première heure. Alignant un grand nombre de références, ce remake - ou plutôt devrions-nous parler de reboot de la saga - reprend beaucoup d'éléments des quatre premiers opus de la saga Vendredi 13. On y retrouve ainsi pèle-mêle des morceaux de Vendredi 13 (Pamela Voorhees, l'épilogue), du Le tueur du vendredi (Jason 1.0 avec son sac à patate, la scène du feu de camp, l'amalgame héroïne/mère), de Meurtres en trois dimensions (Jason 2.0 avec son masque de hockey, la pendaison, le passage à travers la fenêtre) et du Chapitre final (le héros venu chercher sa soeur, quelques plans de baignades). Une fois n'est pas coutume, il est clairement visible que scénaristes comme réalisateur ont visionné les films d'origine pour en reprendre quelques idées – pas toujours judicieuses ceci dit – ainsi que quelques plans. Mais une avalanche de clin d'oeil n'ayant jamais fait un bon scénario, Vendredi 13 se devait tout de même d'avoir une structure scénaristique un minimum solide

Et c'est précisément à ce niveau qu'une grande partie du long-métrage s'effondre comme un château de cartes, Mark Swift et Damian Shannon ayant accouché d'un script aussi bancal de lacunaire. On pourrait ainsi tout d'abord lui reprocher une séquence pré-générique exagérément trop longue (vingt-cinq minutes, plus d'un quart du long-métrage !) qui n'apporte aucun élément scénaristique solide ou intéressant, ne servant qu'à nous montrer un pur massacre jasonien – plaisant ceci dit – et à permettre la future introduction du héros. Fragilisant ainsi fortement l'équilibre du scénario en lui faisant fatalement perdre une partie de ses enjeux dramatiques, il induit nécessairement de violentes chutes de rythme alors que l'on est obligé, au bout d'une demi-heure, de repasser par la pénible case présentation des personnages.

Et les personnages présentés ici sont tout simplement hallucinant ! S'il ne s'agit clairement pas du point fort de la saga Vendredi 13 que de mettre en scènes de bons personnages, autant dire que ceux présentés dans ce remake battent tous leurs prédécesseurs niveau désintérêt. Même dans son pire moment – c'est à dire dans Jason va en enfer – la franchise a toujours eu la décence de mettre en scène des personnages un minimum plus crédibles que ceux d'un vague film pornographique. Ce n'est clairement pas le cas ici, les deux groupes présentés n'étant même pas réductibles à des concepts, leurs réactions n'étant jamais cohérentes - et ce à l'image du junkie qui s'improvise héros et qui fait un début de misère à Jason – ni même un minimum logique. Ajoutons à cela que les acteurs, sans être aussi mauvais qu'à l'habitude, ne sont pas charismatiques pour un sou, et nous nous trouvons en face du gros paradoxe du film : comment être un minimum concerné lorsque les protagonistes ne donnent même pas envie au spectateur de les voir mourir dans d'attroces souffrances ?

C'est là que, de plus, la mise en scène de Marcus Nispel trouve ses limites. Si l'on ne peut lui retirer un talent visuel indéniable – faisant de ce film le plus beau, haut la main, de tous les longs-métrages de la saga – le réalisateur ne réussit jamais à provoquer chez le spectateur le moindre début de commencement d'angoisse. Autant voir les choses en face, même Sean S. Cunningham, pourtant loin d'être un metteur en scène transcendant, avait réussit à faire mieux à ce niveau. Et ce ne sont pas les éléments scénaristiques nouveaux, qui transforment Vendredi 13 en vague copie de Massacre à la tronçonneuse – avec les cachots de torture ou le voisinage qui sait mais ne dit rien – qui l'aident à appuyer le climat horrifique de son fim. Ceux-ci apportant plus de questions, de frustrations et d'illogismes, ils contribuent très nettement à faire descendre le niveau de qualité d'un film déjà pas très brillant.

Reste le traitement visuel de Jason Voorhees et de ses meurtres pour sauver tout ça du naufrage total. Nispel donne ainsi au boogeyman de Crystal Lake une nouvelle identité visuelle qui, sans surpasser celle créé par Kane Hodder, sait supporter sans honte la comparaison. Derek Mears, sous le masque, nous livre un Jason moins mécanique, plus agile et plus rapide. Le tout, parfaitement mis en valeur par les superbes cadrages de Nispel et la photographie très léchée de Daniel Pearl – ah ! Jason sur le toit de la maison ! - donne au tueur une classe toute nouvelle et plutôt agréable. Les meurtres en eux-même sont à l'image de ce nouveau personnage : jamais originaux, plutôt softs graphiquement, mais traduisant une violence physique plutôt plaisante.

35

On ne demandait pas à Vendredi 13 un scénario génial, des personnages originaux ou des prestations d'acteurs dignes d'un oscar, mais tout de même, on était en droit d'en attendre un minimum ! Avec son scénario archi-bancal, ses acteurs au rabais et ses personnages de film porno, ce remake s'abaisse au niveaux des pires films de la franchise, ne réussissant même pas à compenser avec une mise en scène un tant soit peu correcte ou une réelle violence graphique. Ce remake, mou et aseptisé, réussi tout de même le pari fou de nous faire sortir du cinéma en disant : "c'était mieux avant...".

Critique de publiée le 24 février 2009.

Que faut-il en retenir ?

  • Jason, indéniablement classe,
  • Techniquement très beau,
  • De nombreuses références visuelles à la saga.

Que faut-il oublier ?

  • Scénario très mal construit,
  • Ajouts scénaristiques peu judicieux et mal intégrés,
  • De très sérieuses chutes de rythme,
  • Personnages énervants et sans intérêt,
  • Violence graphique faible,
  • Acteurs passables.

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