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Critique du Film : Le Trésor de la montagne sacrée
Le Trésor de la montagne sacrée >

Critique du Film : Le Trésor de la montagne sacrée

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 1 février 2011 à 1859

Quand Shéhérazade en remet une couche

Avec Le trésor de la montagne sacrée, le réalisateur britannique Kevin Connor quitte ses chères contrées "burroughsienne" (Le sixième continent, Le continent oublié, Centre Terre: Septième continent), pour les royaumes féériques des mille et une nuits où il nous conte une histoire qui s'inspire à la fois de celles d'Aladdin, du voleur de Bagdad et de Sinbad. On y fait la connaissance du brave et vertueux prince Hasan de Bagdad qui accepte d'accomplir une quête pour le compte du démoniaque calife Alquazar, en échange de la main de la belle princesse Zuleira. Accompagné de Khasim, le fourbe laquais d'Alquazar, et du jeune mendiant Majeed, Hasan se rend en tapis volant sur une île imaginaire et périlleuse, à la recherche de la rose d’Elil, fleur de la miséricorde…

Le trésor de la montagne sacrée (Arabian Adventure en version originale) se pose comme un hommage à ces grands classiques de la fantasy persane réalisés au cours des années 50 et 60. La mise en place très classique de personnages manichéens, exploités de manière très naïve, tout comme la réalisation vintage, vise donc à restituer cette gentille et mouvementée ambiance de contes de fée qui a fait, et fait encore, le succès des films de Nathan Juran ou Byron Haskin. On se retrouve donc devant un spectacle kitch principalement destiné aux enfants mais voulant dégager une atmosphère aventureuse suffisamment intense pour intéresser une audience plus adulte. Ici, dans la forme, la démarche est tellement bien accomplie que l'on ne croirait vraiment pas visionner un métrage produit à la fin des années 70 et l'on a du mal à réaliser que les effets spéciaux rudimentaires du Trésor de la Montagne sacrée sont contemporains avec ceux d'Alien ou La Guerre des Etoiles.

En fait, si le film de Kevin Connor part d'une bonne intention, sa mise en forme laisse cependant un peu à désirer. Le principal souci ne se situe pas dans sa réalisation, qui joue à fond la carte du kitch, notamment à travers ses matte painting et ses animations, mais dans le fait que l'intrigue, au déroulement très linéaire, manque de péripéties. L'épopée exotique du prince Hasan se résume finalement à pas grand chose; un voyage en tapis volant contrarié par une tempête, une rencontre avec un djinn et une autre avec trois automates géants crachant du feu. Trois épreuves peu périlleuses, vite expédiées par les héros (souvent de façon débile, comme lorsqu'il se débarrasse du djinn en cassant son flacon), et en peine de ce rendu merveilleux qui fait le charme des contes des mille et une nuit.  De plus, le fil du récit est régulièrement interrompu par la vision des mésaventures du jeune Majeed, qui, accompagné de son ouistiti, vit la dure existence de jeune mendiant dans les rues de Jadur (il est le souffre-douleur d'une bande de brigands). Plus intéressante, toutefois, est la dernière demi-heure, qui voit la ville de Jadur se lever contre le tyrannique Alquazar, principalement grâce à une assez réussie bataille en tapis volants.

L'humour, indissociable de ce type de production, se situe essentiellement dans le comportement puéril de quelques personnages, comme le gardien des automates, interprété par un Mickey Rooney en free style, avec un jeu bloqué en mode "clown". On évolue à ce moment là dans un désolant univers de Teletubbies. Khasim (Milo O'Shea), un personnage lâche et obséquieux qui accomplit les basses œuvres de son maitre, le calife Alquazar, le rejoint parfois sur cet horripilant terrain, mais avec un peu plus de subtilité (quoique...). Sa transformation en crapaud est presque un soulagement. Bref, ces deux personnages n'amuseront que les enfants de moins de 7 ans, et encore... L'adulte, lui, s'en lassera vite, tout comme il finira par trouver un peu lourde la succession de gros plans fixes sur le visage du jeune Majeed, qui arbore en permanence le même sourire ahuri. Heureusement, la caméra ne s'attarde pas que sur ces trois personnages, mais force est d'admettre que certains plans peuvent laisser perplexe le spectateur.

Pour ce qui est du méchant de l'histoire, le calife Alquazar, il est incarné par Christopher Lee, un habitué des rôles de villains (entre autres, Dracula, Fu Manchu et... Saroumane, bien entendu). Bon, ici, il est un peu ridicule avec sa grosse moustache et son casque turcoman, mais, à sa décharge, force est de dire que le personnage est vraiment trop caricatural pour être crédible. Le plus amusant est que le comédien, pas complexé pour deux sous, a choisi de sortir le grand jeu et il en fait des caisses dans le registre "tyran démoniaque et mégalo". Une grandiloquence dramatique, totalement décalée par rapport à la transparence du personnage, qui finit par le rendre assez drôle. Oliver Tobias, lui, s'est vu confier la tache d'incarner le héros, le prince Hasan. Une tache de bellâtre vertueux. Il l'accomplit sans réellement briller. A noter dans des rôles secondaires, les présences de Peter Cushing (le vizir emprisonné) et Capucine (Vanishta).

La conclusion de

Fruit d'une démarche nostalgique, Le trésor de la montagne sacrée est un film qui suit à la lettre les codes d'un genre kitch et désuet. En 1980, il apparaissait comme une sorte de parenthèse temporelle nous renvoyant en un temps où les méthodes de trucages artisanales et le traitement puéril faisaient offices de lois. Aujourd'hui, encore plus qu'à l'époque, le résultat à l'écran apparait comme vraiment vintage et extrêmement naïf, deux aspects finalement assez amusants mais qui ne suffisent pas à compenser les grosses carences du film: sa prévisibilité et un scénario en peine de situations épiques.

Que faut-il en retenir ?

  • Un aspect kitch séduisant
  • Christopher Lee, involontairement drôle
  • Un hommage sincère aux classiques du genre
  • Divertissant pour le jeune public

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario peu passionnant
  • Victime des codes du genre
  • Mickey Rooney, horripilant
  • Peu riche en péripéties

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