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Critique du Film : Superman Returns
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Critique du Film : Superman Returns

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 12 juillet 2006 à 0437

Le Retour du Gendre Idéal

Cinq ans après sa disparition, Superman est de retour ! Le Monde, et notamment son centre gravitationnel, la belle Lois Lane, a appris à vivre sans lui. Il va donc falloir que le double Kent / Superman retrouve sa place dans la société, et Lex Luthor va bien heureusement lui en donner l’occasion…
Superman Returns, c’est quelque part le retour de Super Gnangnan. Le plus célèbre des héros extraterrestres a un sourire de crooner, porte sans complexe le slip rouge, est invincible, imperméable aux balles, porte des gros objets divers, arrête des avions en plein vol, joue les catapultes à navette spatiale, fait traverser la rue aux vieilles dames, et offre de romantiques balades aériennes aux jolies filles en escarpins vernis et aux brushings parfaits. Gendre idéal, Superman n’a que en fait deux faiblesses, son cœur d’amoureux transi définitivement offert à la journaliste Lois Lane et sa sensibilité à la cryptonite, reliquat perverti des entrailles de sa terre natale, métaphore minérale de sa destruction. Bref, on repart sur les mêmes bases qu’il y a vingt ans, à quelques petites différences prêts.
Tout d’abord, l’aspect schizophrène de Kal’El est complètement supprimé par la mise à l’écart presque totale de la facette Clark Kent. Le triangle amoureux Kent / Superman / Lane devient à l’occasion de ce nouvel opus un inédit Richard White / Superman / Lois Lane. La journaliste s’est en effet mariée depuis le départ du super héros et refait sa vie avec le fils White, véritable alter-ego du Kent des années 80, jaloux mais humble et résigné. Deuxièmement, on assiste à un changement total dans la psychologie de Lois Lane. De fraîche et malicieuse, elle devient névrosée et… chiante - plombant par conséquence une romance pourtant omniprésente, et même envahissante à mon goût. Rien à voir avec la performance de Kate Bosworth - qui est certes moins pétillante que Margot Kidder et surtout beaucoup trop jeune pour la crédibilité du rôle - qui s’avère être effectivement une actrice plutôt douée, mais la faute à un script qui transforme son personnage en une entité ennuyeuse et vraiment peu séduisante, et qui, de plus, se traîne partout un mioche qui n’est doté, par la probable frilosité de scénaristes timorés, d’aucun enjeu dramatique.
Au niveau de l’histoire, les scénaristes continuent sur le ton des années 80, sans revenir réellement sur les personnages. Si cette décision entraîne qu’il vaut mieux avoir vu les Superman I et II pour bien appréhender le récit, le principal défaut est surtout que le cachet puéril, mièvre et naïf est fortement conservé, voire amplifié. On assiste par conséquent à une bonne dose de séquences qui font faire sourire les adultes un peu réfléchis ; Clark Kent continue à se grimer avec une simple paire de lunettes, (presque) personne ne remarque la coïncidence entre le retour de Kent et de Superman, les scènes d’action sont d’un total irréalisme physique.. Bref, on reste sur la naïveté du comics original qui, il faut l’avouer, a bien vieilli (comme tous les héros DC d’ailleurs).
Mais cela n’est pas le plus gênant. Il était en effet difficile pour Bryan Singer de changer la structure originelle du comics sans s’attirer les foudres des fans. Non, le plus chiant reste ce ton de prêcheur – les allusions au 11 septembre sont évidentes et les clichés christiques bien lourds - que conserve tout du long le film ainsi que le permanent déballage de bons sentiments et de séquences romantiques que l’on croirait issues d’un épisode de La Petite Maison dans la Prairie. J’avoue avoir baillé à m’en décrocher la mâchoire lors des très nombreuses scènes à l’eau de rose ou lors des longues expositions moralistes d’une naïveté toute Disneyenne sur les bonnes valeurs intrinsèque de l’humanité.
Le film connaît de plus un gros problème de rythme. Si l’on peut facilement accepter que le début - qui pose les éléments nécessaires à l’appréhension des difficultés de la réadaptation de Superman - soit d’une lecture réfléchie et soumis à de longs plans d’exposition - déviant hélas parfois dans le pathos -, je pardonne moins à Bryan Singer le manque d’ampleur du climax dans la dernière partie. Ne voulant sans doute pas céder à la surenchère démonstrative, le cinéaste tue le rythme et anéantie la dimension dramatique du scénario, donnant par la même occasion au spectateur l’occasion de respirer et de se rendre compte par conséquence de la connerie de la situation – un mec qui fait pousser une nouvelle Atlantide de caillasse en plein océan dans le but d’une opération promotionnelle et qui a pour ambition de noyer une partie de l’Amérique par simple esprit de revanche ! Une histoire digne d’un épisode des Super Nanas !
Il convient toutefois de rester mesuré et de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Car Superman Returns n’est pas une bouse, loin de là, et encore moins un blockbuster bidon à la X-men 3.
Tout d’abord, le film bénéficie d’une élégance visuelle extraordinaire. Aussi lisse qu’un cristal de Krypton, la réalisation est cependant d’une rare beauté artistique et Bryan Singer a tenté de donner à l’ensemble une cohésion picturale originale et ciselée. Bâti sous le signe de la minéralité, Superman Returns est également un superbe et très sincère hommage aux travaux effectués sur les anciens films. Les clins d’œil et les références sont d’ailleurs très nombreux dés le générique volontairement kitch et vont probablement plonger momentanément les fans dans l’extase. Bien évidemment, les autres passeront à coté. Tant pis pour eux…
Ensuite, les bonnes surprises viennent de l’interprétation. Dans le rôle principal, le jeune Brandon Routh est vraiment très convaincant. Et le défi était de taille tant le génial Christopher Reeve l’a marqué de son emprunte. Même si sa performance reste assez discrète dans la peau de Clark Kent – il n’en est nullement responsable – il est complètement bluffant en Superman et émane un charisme certains très proche de l’esprit du comics. Cependant, ce n’est pas lui qui m’a empêché de quitter la salle avant l’apparition générique de fin. Non, ma préférence va sans hésitation vers Kevin Spacey, qui nous offre sa meilleure performance depuis Usual Suspect. Et ce n’est pas peu dire. Véritable bulle d’oxygène dans une trame narrative aussi indigeste que le gloubi-boulga de Casimir, l’acteur parvient même à nous faire oublier le talentueux Gene Hackman avec un bienvenu humour au second degré. Tour à tour cynique, cruel, désinvolte, inquiétant et hilarant, Lex Luthor, accompagné de sa ravissante idiote Kitty, est le meilleur personnage de ce Superman Returns, et peut-être même de la série complète.

La conclusion de

Comment conclure ? Je pense sincèrement que Superman Returns plaira, pour son honnêteté et sa valeur référentielle, à la majorité des fans du comics. Pour les autres, dont je fais partie, l’affaire est tout autre. Visuellement réussi, bien interprété, le film pêche cependant par un pathos omniprésent, une héroïne peu séduisante, un manque de flamme dans sa partie se voulant paroxysmique, et une naïveté souvent déconcertante. Un bilan finalement mitigé, reste à savoir si vous préférez le concept de la bouteille à moitié vide ou celui de la bouteille à moitié pleine…

Que faut-il en retenir ?

  • Totalement fidèle au comics
  • La justesse de l’interprétation
  • Un formidable Kevin Spacey
  • Une grande beauté visuelle

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario bien naïf
  • Un pathos omniprésent
  • Une héroïne peu charismatique
  • Un final mou du genou

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