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Critique du Film : Le Monstre

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 28 décembre 2007 à 13:23

Le danger vient de l'espace

Le professeur Bernard Quatermass est le héros de feuilletons radiophoniques puis télévisuels créés et animés par Nigel Thomas Kneale, l’un des plus célèbres pionniers de la BBC. En 1953, la première saison remporte sur la chaine britannique un énorme succès et – comme on le fera une dizaine d’années plus tard avec un autre héros anglais, le Dr Who – l’on décide alors de construire un film s’inspirant directement de celle-ci.
Contrairement au docteur Who, élégant britannique flegmatique et optimiste, le professeur Quatermass est un homme sérieux, volontaire et presque désagréable. Enfant de la guerre froide, il est carrément l’opposé du plus « psychédélique » docteur Who. Les séries, comme les films, sont par conséquent dénués de tout humour - le ton est même à la limite de la plus grande "sinistrose". Cet éminent scientifique (et agent du gouvernement) travaille à la tête du Rocket Group, un organisme semi-officiel qui se consacre à l’étude des environnements étrangers et qui a mis au point un programme spatial avant-gardiste (pour l’époque, cela va sans dire…)


Dans ce premier film, l’équipe du Rocket Group a lancé vers la Lune un astronef (au look résolument pulp) occupé par trois astronautes. Peu après le décollage, le centre de contrôle a perdu le contact radio, et quelques temps plus tard la fusée s’est écrasée dans la campagne londonienne. Le seul survivant, grandement choqué, est transporté en un lieu secret. Quand aux deux autres, ils sont introuvables, ils ne restent d’eux que des combinaisons spatiales vides…
Le film de Val Guest met bien entendu en avant le péril de l’infiltration. La créature étrangère s’empare des corps, les transforme à son gré et répand son engeance à la vitesse de la lumière. Il faut bien sûr y voir là une forme réactionnaire, notamment vis-à-vis de la pensée communiste. N’oublions pas que nous sommes en 1955 et la situation internationale reste très tendue entre les deux blocs politico-idéologiques. On peut donc rapprocher ce métrage de toutes ces séries B américaines mettant en exergue les invasions extra-terrestres comme Invaders From Mars ou The Thing from Another World. Mais réduire Quatermass Xperiment à ce simple comparatif serait lui faire injustement tort…

Car Le Monstre (titre français un peu réducteur) est un excellent film de SF, peut-être le meilleur de cette période anglaise avec le génial Village des Damnés (1960). Bien sûr, de nombreux détails prêtent à sourire, comme l’intérieur du vaisseau spatial qui ressemble plus à celui d’un bungalow de vacances qu’à une cabine d’astronef. Mais en dehors de ces détails qui marquent de manière assez cruelle la naïveté de l’époque, le film est très bon. Le mérite en revient, pour la grande part, à Val Guest.
Ce réalisateur britannique est décidemment surprenant. A l’aide dans la SF spéculative (le très intéressant Jour où la Terre prit feu), le grand spectacle d’aventure (Quand les Dinosaures dominaient le Monde), la comédie musicale (It’s A Wonderful World), il montre avec Quatermass Xperiment une autre facette de son talent : le thriller SF. En effet, dans ce film, la « créature » est traitée simplement à la manière d’un psychopathe – comme dans les krimi d’Edgar Wallace – qui sème la mort sur sa route. Le scénario mélange alors de manière très élégante enquête policière classique et étude scientifique légère. Le mariage se fait tout naturellement, séquences après séquence, entrecoupées de quelques mini-climax faisant remonter un peu la tension (comme la scène ou l’épouse de l’astronaute paye un inconnu pour faire sortir son « mari-alien » de l’hôpital). Chaque mini-climax marque une étape dans la montée horrifique du métrage, pour finalement s’achever dans l’abbaye de Westminster. Un final d’ailleurs quelque peu expéditif et qui ne tient guère compte des circonstances réalistes de l’opération (couper de son électricité une ville comme Londres ne se fait certainement pas en cinq minutes).

Jetons un voile pudique sur les effets spéciaux de Les Bowie (que l’on a connu plus inspiré) et intéressons-nous un peu à la performance de Brian Donlevy, le célèbre acteur américain oscarisé en 1939 pour Beau-Geste. Dans ce premier film, il choisit d’interpréter un homme froid et antipathique (à l’opposé de la performance d’Andrew Keir pour le troisième volet) ce qui prive le spectateur de toute empathie à son égard. Je ne sais pas si ce choix vient de sa personne ou de Val Guest, mais je trouve cela un peu dommageable dans la mesure ou ce héros devient presque irritant. Ceci dit, rien à dire concernant la performance d’acteur, c’est du grand et bel ouvrage.

75

Injustement méconnu en France, Quatermass Xperiment est un excellent film de SF et un classique du cinéma fantastique britannique. Bien qu’un peu désuet sur bon nombre de ses aspects, il reste de vision très agréable grâce à une réalisation talentueuse qui arrive parfaitement à marier les éléments horrifiques et policiers. Un film que tout véritable amateur de SF se doit de posséder dans sa DVDthèque.

Critique de publiée le 28 décembre 2007.

Que faut-il en retenir ?

  • Scénario classique mais intéressant
  • Réalisation habile
  • Un bon mélange d’horreur et d’enquête policière
  • Un classique du cinéma britannique

Que faut-il oublier ?

  • Des aspects désuets
  • Un héros un peu distant

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