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Critique de la Bande Dessinée : Batman : Année Un
Batman : Année Un >

Critique de la Bande Dessinée : Batman : Année Un

Avis critique rédigé par Nicolas W. le samedi 18 septembre 2010 à 1331

Les débuts du Batman

"Gotham City. Peut-être que je le mérite...ce voyage en enfer. Douze heures. Dont cinq où mon estomac n'a eu de cesse de crier famine. Barbara prendra l'avion. Même si c'est cher. Pourquoi venir à Gotham en train ? En avion, on ne voit que les rues et les immeubles. On pourrait croire que c'est civilisé."

Deux hommes arrivent à Gotham City en ce mois de janvier. Le premier s'appelle Jim Gordon. Flic intègre et compétent, Gotham est sa punition pour avoir dénoncé la corruption. Le second revient après un long exil à l'étranger. Il se nomme Bruce Wayne et son retour va changer la ville à jamais. Suite à la mort de ses parents par un criminel, le milliardaire s'est juré de combattre le crime. Mais dans une ville où la police n'est plus sûre et où la violence règne en maître, il devra se trouver des alliés et s'inventer un alter ego. Batman vit ses premiers instants.

On savait déjà que Panini Comics opérait une vague de réédition des œuvres marquantes du Batman. On a ainsi eu droit à Un long Halloween (critiqué ici) ou encore L'asile d'Arkham (critiqué ) plus récemment. Il est donc plus que logique de voir le fameux Batman Year One réédité. Après le Dark Knight qui nous présentait un Batman vieillissant, Frank Miller revient sur la jeunesse du justicier masqué. Avec l'appui du dessinateur David Mazzucchelli, l'américain livre peut-être l'œuvre la plus fondatrice de l'univers du superhéros. Un must absolu.

Séparé en quatre chapitres,Year One enchevêtre le destin de l'inspecteur Jim Gordon et celui de Bruce Wayne. Sa grande force consiste dans la vision de l'auteur sur la genèse d'une des plus grandes figures héroïques, celle du Batman. On y rencontre un Bruce encore peu sûr de lui et en proie au doute sur ce qu'il doit employer pour arriver à ses fins. Mais Miller nous fait surtout l'immense plaisir de nous décrire un homme torturé par le meurtre. Au fond, on sent que Wayne reste toujours ce petit garçon agenouillé face aux cadavres de ses parents. Pourtant, il a en lui une force et une détermination qui ne font aucun doute. Celles-ci trouveront leur concrétisation dans le Batman. Une figure aussi effrayante pour Bruce que pour ses ennemis. Le point peut-être le plus intéressant se révèle cependant dans le personnage de Jim Gordon et de l'importance que lui donne Frank Miller. Inspecteur modèle dans un monde corrompu, il ancre davantage le récit dans une vision réaliste. Il permet aussi et surtout à l'auteur de démontrer que Batman a besoin d'un allié, d'un homme tel que lui mais qui a choisit d'agir à visage découvert et dans les limites de la justice. On découvre avec le personnage de Jim Gordon une personnalité forte mais qui a ses faiblesses également, car comme le Batman outrepasse la loi, Gordon peut ne pas être le parfait chevalier blanc qu'il aspire à être.

Plus que le début d'une épopée, c'est la densité de Year One qui surprend. On y retrouve des personnages annexes qui seront ultérieurement d'une utilité primordiale. Miller introduit ainsi l'adjoint au procureur, Harvey Dent, en montrant subtilement qu'il ira bien plus loin qu'un Jim Gordon dans sa quête de la justice mais il introduit deux autres personnages capitaux pour la franchise (on pense notamment au long Halloween de Loeb) : Catwoman et Carmine Falcone. Si la première se pose directement en une sorte de variante de Batman avec une ambiguïté plus prononcée, le second reste une ombre de la pègre qui gangrène Gotham City. On passera rapidement sur le personnage de Barbara, à peine esquissé et qui sera repris la même année dans le Killing Joke d'Alan Moore. Reste alors la galerie de flics corrompus qui hantent les pages de Year One, donnant un écho tout particulier à la nécessité de la naissance du Batman dans la ville.

Autre point fort et incontestablement essentiel, la présentation au cours de ces pages de Gotham City, la ville noire et impénétrable où le crime règne en maître. A ce titre, le dessin de David Mazzucchelli rend particulièrement honneur à la noirceur du cadre. Bien entendu, on mettra un léger bémol à cela en se rappelant que les planches de ce Year One n'atteignent pas la beauté de celles de Dave McKean pour L'asile d'Arkham et qu'au final, elles ne sont pas si extraordinaires que cela. Mais peu importe, elles s'adaptent parfaitement au ton de Miller et c'est ce qui compte le plus. L'œuvre de Miller tire sa force de cette peinture de la ville. Il instille en quelques pages à peine une atmosphère qui fera de Gotham un endroit si noir et particulier.

Mais finalement, en si peu de pages (une centaine), comment Batman Year One peut-il être un chef-d'œuvre ? Simplement parce que le talent de Miller pose les bases d'une vision réaliste et poisseuse de Batman et ouvre la voix à des opus magnifiques comme Un long Halloween. Ce qui apparaît prodigieux à la lecture de l'ouvrage, c'est la mise en place des principaux thèmes de la saga, de ses personnages et surtout le parallèle établi entre Jim Gordon et Bruce Wayne. Dès lors, il ne faut pas s'étonner que le comics soit une des principales sources d'inspiration du Batman Begins de Christopher Nolan. D'ailleurs, qui s'en plaindrait ?

Notons que quelques bonus parsèment l'édition de Panini Comics avec la postface de David Mazzucchelli, un mot de Frank Miller, les couvertures originales, les croquis préparatoires et quelques storyboards.

"J'ai attendu 18 ans...18 ans depuis...Zorro. Le Signe de Zorro. Cette promenade nocturne. Cet homme apeuré au regard vide et à la voix éraillée... Ma vie n'avait plus aucun sens. Elle est venue sans crier gare...a brisé la fenêtre de ton bureau...et du mien...je l'avais déjà vue quelque part...elle m'effrayait étant enfant...m'effrayait...oui papa. Je deviendrai une chauve-souris."

Remerciements à Amandine V. pour la relecture

La conclusion de

Avec la parution de The Killing Joke d'Alan Moore la même année, Batman Year One va changer radicalement le visage du justicier comme l'avait déjà commencé Batman : Dark Knight Returns du même Frank Miller. En donnant un cadre réaliste et en présentant deux des figures les plus emblématiques de la saga (voir les trois plus emblématiques si l'on tient compte des derniers instants...), Year One s'affirme comme un des plus indispensables opus de l'homme chauve-souris...si ce n'est le plus indispensable !

Que faut-il en retenir ?

  • Bruce Wayne
  • Jim Gordon
  • La ville de Gotham
  • L'introduction des seconds rôles
  • L'atmosphère réaliste et noire

Que faut-il oublier ?

  • Un dessin en demi-teinte

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