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Critique de la Bande Dessinée : L'asile d'Arkham
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Critique de la Bande Dessinée : L'asile d'Arkham

Avis critique rédigé par Nicolas W. le dimanche 11 juillet 2010 à 1805

Au coeur de la folie

"Combien sont-ils comme lui ? Des hommes, dont le seul crime est la maladie mentale, piégés dans un système pénal sans espoir de guérison. Ma décision est prise. J'annonce à ma chère Constance et à ma petite Henriette que nous allons aller vivre dans le manoir familial à Gotham, et que je compte en faire une clinique psychiatrique. Cette nuit-là je rêve que je redeviens enfant..."

Une nouvelle fois, le commissaire Gordon réclame Batman. Dans l'asile d'Arkham, le Joker et les autres psychopathes ont pris en otage le personnel médical. Leur exigence : la venue du superhéros de Gotham. Mais lorsque Batman s'apprête à partir affronter cette nouvelle épreuve, il a peur... Non des occupants d'Arkham mais de lui-même. Pourra-t-il se défaire de ce monde de fous une fois à l'intérieur de l'asile... ?

Panini continue de rééditer les plus célèbres albums de Batman. Après le fameux The Killing Joke d'Alan Moore (critiqué ), c'est au tour de L'asile d'Arkham de Grant Morrison et Dave McKean d'être réédité. On connaissait déjà le scénariste écossais pour la série Les Invisibles ou la plus récente Seven Soldiers of Victory, il s'agit cette fois de sa première incursion dans l'univers de l'homme chauve-souris. Pour cette entreprise, c'est le formidable dessinateur Dave McKean - MirrorMask, Violent Cases ou encore Cages - qui se charge de mettre en forme l'univers tourmenté d'Arkham.

Déroutant. Voici l'adjectif le plus adapté à ce nouvel album. Mettons d'emblée les choses au clair, ceux qui cherchent de l'action seront véritablement déçus puisqu'il ne s'agit pas du tout du sujet de Morrison. Dans la droite lignée d'un Killing Joke, L'asile d'Arkham tend à semer le doute dans l'esprit du lecteur sur la nature du Batman : fou ou authentique superhéros ? Le piège tendu par le Joker s'avère des plus tordus, le danger de l'entreprise ne se situant pas tant dans les pensionnaires d'Arkham que dans le Batman lui-même. Pourtant, là où Alan Moore se bornait à rapprocher le Joker de Batman, Morrison va plus loin en le confrontant à tous ses ennemis dont Double-Face, Clayface ou encore Croc. Tout ce beau monde permet au scénariste de disserter sur la folie et de créer le malaise chez son lectorat.

L'asile d'Arkham n'est ni plus ni moins qu'une plongée totale dans le royaume de la folie humaine. Tout en symbolisme, l'auteur retrace le parcours du créateur de l'asile en même temps que les terreurs qui hantent notre héros. Pourtant, le comics n'aurait pas été véritablement percutant sans le dessin extraordinaire de Dave McKean. Son trait flou, ses collages incongrus et son style noir inimitable immergent l'album dans une ambiance lugubre et malsaine. En quelques 100 pages, Morrison et McKean élaborent un tour de force à la fois graphique et psychologique. Mais ce n'est pas tout, au-delà du Joker et de Batman, un autre personnage vole la vedette aux deux légendes : Amadeus Arkham, le créateur de l'asile. Personnage torturé et au destin tragique, il fascine autant qu'il effraie. Une authentique réussite.

On saluera enfin la dimension psychanalytique de l'œuvre avec le test de Rorschach ou le test d'association, superbement employés. Flirtant avec le complexe Œdipien et la peur de l'inconnu, Morrison semble affirmer que la folie fait partie intégrante de l'homme et qu'un simple catalyseur peut la réveiller. Mais dans un monde peuplé de fous, où se trouve la normalité ? Au sein d'Arkham, Gotham ne représente pas autre chose qu'un vaste asile. Dernière excellente idée du volume, mettre des "fiches d'hospitalisation" en fin d'ouvrage, la meilleure d'entre elles et la plus dérangeante étant bien entendu celle du Batman lui-même dont l'obsession pour la justice confine au pathologique. De quoi brouiller un peu plus les pistes.

"Je vois deux anges qui baisent dans la stratosphère, une constellation de trous noirs, de processus biologiques au delà de la conception de l'homme, un numéro de ventriloque juif enfermé dans un coffre arrière d'une Chevrolet rouge...Et Toi, Batman ? Que vois-tu ?

Remerciements à Amandine V. pour la relecture

La conclusion de

L'asile d'Arkham mérite de figurer au panthéon des comics sur le Batman aux cotés du Killing Joke de Moore, du Dark Knight de Miller ou du Long Halloween de Loeb. Abandonnant presque totalement l'action pour la réflexion et sublimé par le trait fabuleux de Dave McKean, le comics de Grant Morrison surprends de la plus exquise (et folle) des façons.

Que faut-il en retenir ?

  • La dimension psychologique
  • Le Joker
  • Amadeus Arkham
  • Le dessin de McKean

Que faut-il oublier ?

  • Peu d'action
  • Un style particulier

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