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Critique de la bande dessinée : Joker [2009], par Nicolas W.

Avis critique rédigé par Nicolas W. le mardi 2 novembre 2010 à 00h12

Le Joker est libre

" La nouvelle s'est répandue. J'ai pas les détails... J'ignore pourquoi exactement. Mais en tout cas...  Le Joker a été relâché de l'asile d'Arkham. Je dois l'admettre en le voyant en vrai pour la première fois, j'ai ressenti ce truc instinctif... qui vous noue les tripes. Et puis il a salué la ville. Et là, pour le coup, ça m'a détendu la tête et du reste."

La rumeur parcourt Gotham. Tous les criminels craignent son retour. Depuis qu'il a atterri à l'asile d'Arkham, la ville a changé. Il n'y a plus de respect. Mais Jonny Frost sait que la libération qui arrive à grand pas apporte avec elle son lot d'opportunités. Et il est bien décidé à saisir sa chance. Celui qui s'avance entre les grilles de l'asile porte un nom que personne n'a oublié. Le temps est venu pour le Joker de reprendre les rênes de Gotham City.

En pleine renaissance du mythe de l'homme chauve-souris par l'entremise du grand écran et du Dark Knight de Christopher Nolan, deux artistes en ont profité pour revenir sur le méchant emblématique de Gotham : le Joker. Pour cette lourde tâche, nous retrouvons l'excellentissime Brian Azzarello au scénario, que l'on connaît avant tout pour sa série 100 Bullets ou pour son superbe run pour Hellblazer. Habitué de la noirceur, l'américain trouve là un sujet à sa hauteur. En prenant Lee Bermejo pour mettre son histoire en images, les deux compères se retrouvent après leur collaboration sur un autre méchant culte, Lex Luthor. Malgré tout, la tâche semble ardue, surtout lorsque l'on sait que la dernière grande peinture du Joker fut réalisée par Alan Moore lui-même dans The Killing Joke (Critiqué ). Et pourtant...

Ce qui sautera aux yeux de n'importe quel lecteur à propos de ce Joker, c'est d'abord son esthétique. Lee Bermejo accomplit un travail hallucinant avec une profondeur du trait et un style sec des plus délicieux. Même s'il n'est pas très connu en France, l'américain mérite toutes les éloges et donne au comics un visuel flirtant avec la perfection. Mais c'est aussi la façon de représenter et de concevoir les personnages qui impressionne. Visiblement influencés par l'œuvre de Nolan au cinéma dans sa vision réaliste du Batman, Azzarello et Bermejo font des protagonistes de l'histoire des individus bien plus en phase avec la réalité. A commencer naturellement par le Joker qui ressemble à s'y méprendre à celui de The Dark Knight, une apparence de gangster au faciès malsain et glauque, plus du tout sujet à la rigolade. Mais ce n'est pas tout puisque les autres adversaires du chevalier noir sont englobés dans la démarche des auteurs : Croc devient un molosse à la peau mate et amateur de viande fraîche, Le sphinx porte des lunettes de soleil et laisse une veste béante nous dévoiler des tatouages, le pingouin s'affiche comme un homme d'affaires qui trempe dans tous les business louches et Harley Quinn passe d'infirmière à strip-teaseuse. Le résultat de cette refonte totale s'avère formidable et rend plus que jamais honneur à cette galerie de "super-vilains". Finies les plaisanteries, Azzarello annonce la couleur, son histoire sera froide, dure, méchamment réaliste et surtout sans concession. Pour notre plus grand plaisir.

Le récit du Joker raconte comment celui-ci découvre Gotham - SA ville - reprise en main par un autre ténor du crime. Forcément irrité par la situation, il va alors reprendre le contrôle de ce qui lui revient de droit. Mais Azzarello choisit de nous compter l'histoire du côté du Joker et non par les yeux du Joker. La très bonne idée de l'américain consiste à placer un second couteau inconnu jusqu'alors en tant que narrateur principal. Jonny Frost renvoie immédiatement aux films de gangsters qui voient un jeune premier s'élever vers un poste influent. Excepté qu'ici, il ne peut jamais prétendre devenir le grand patron car au-dessus de lui se trouve l'écrasante figure du Joker. Ainsi, Brian Azzarello évite le piège de prétendre incarner le clown psychopathe. Mieux, cela permet de le magnifier mais aussi de plancher sur un parallèle entre l'évolution de Frost au cours du récit et l'état actuel du Joker. Ainsi, on cerne mieux les rouages qui sont à l'œuvre dans la tête du malade mental, sans véritablement pénétrer son point de vue. Cette subtile nuance dans l'approche donne tout son intérêt au comics... ou presque, car ce serait oublier le principal intéressé.

On ne peut bien entendu pas parler de ce comics book sans dire un mot du Joker. La description entrevue par les yeux de Jonny Frost rapproche énormément la version d'Azzarello de celle de Nolan. Nous avons à faire à un individu qui n'aime ni le pouvoir, ni le contrôle... mais simplement le désordre, il aime faire ce qui lui passe par la tête. Au fur et à mesure du récit, le lecteur s'aperçoit vite que Brian Azzarello s'emploie à décrire un personnage véritablement irrationnel et qui n'agit que sur des impulsions tour à tour géniales ou meurtrières. On notera d'ailleurs l'extrême violence du livre qui sied fort bien à la vision de l'univers de Gotham. Nous voici devant un ton résolument adulte et mature. Pourtant, et c'est surement là un autre point de génie de l'américain, le Joker nous apparait tel qu'il est aux yeux de Jonny Frost : un individu extrêmement charismatique et profondément fascinant. Joker s'affirme comme la plus belle déclaration "d'amour" envers le personnage. Après tout, qui n'a jamais été captivé par ses frasques ?

Terminons sur un point essentiel pour un comics tiré de l'univers du justicier de Gotham, le Batman. Bien que le récit se concentre sur le Joker, Azzarello n'en oublie jamais son ennemi juré. A chaque page ou presque, le lecteur attentif devinera plus qu'il ne verra la présence du héros masqué. Une ombre par-ci, une mention par-là... Batman étend son ombre sur le périple du Joker jusqu'à l'ultime et inévitable affrontement car une fois de plus, et comme nombre l'ont déjà démontré auparavant, il apparait que le Joker et Batman sont inextricablement liés, l'un ne pouvant aller sans l'autre. A l'arrivée, l'homme chauve-souris est perçu d'une manière des plus originales, puisque nous le voyons par les yeux de son pire ennemi. Pour le coup, c'est un plaisir qu'on ne saurait se refuser.

"Je n'ai pas beaucoup dormi cette nuit-là. Après que je lui ai sauvé la vie, le Joker ne pouvait plus s'arrêter de rire. Sérieusement. Il était incapable de s'arrêter. Au point de s'étouffer quasiment. Comme s'il... il est même devenu tout rouge. Il en pleurait. Je vous jure, ça lui sortait des poumons, c'était violent et sec, c'était hallucinant. Comme une quinte de toux. Peut-être que c'était juste ça... Il toussait."

Remerciements à Amandine V. pour la relecture.

La conclusion de à propos de la Bande Dessinée : Joker [2009]

Nicolas W.
94

Une excellente surprise, voilà ce qu'est Joker. Avec ce duo de surdoués que forment Brian Azzarello et Lee Bermejo, le comics centré sur la Némésis du Batman parvient à accomplir une chose que l'on pensait impossible : égaler The Killing Joke et offrir au Joker son livre le plus marquant. Quel meilleur compliment lui faire que celui-ci ?

Que faut-il en retenir ?

  • Le dessin de Lee Bermejo
  • Esthétique réaliste
  • L'abord du Joker par Jonny
  • L'analyse du Joker
  • Batman vu par son pire ennemi

Que faut-il oublier ?

  • Une simple histoire de gansters en toile de fond

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