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Critique de la Bande Dessinée : Good Intentions

Avis critique rédigé par Nicolas W. le jeudi 3 mars 2011 à 02:07

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"Londres me manque. Ceci dit, avant que vous ne m'en chiez une pendule sur les mecs qui pleurnichent sur cette vieille ville crasseuse, laissez-moi vous avertir des dangers à confondre la sentimentalité avec ce qui se limite aux affaires de sens. Un exemple : si les yankees savaient servir un vrai café, on aurait là un putain de miracle aux proportions bibliques."

Après un détour par la prison dans Hard Time (critiqué ici), John Constantine continue son chemin vers l'Amérique profonde avec ce second volume intitulé Good intentions. Toujours édité chez Toth, ce volet d'Hellblazer constitue le deuxième arc de Brian Azzarello mais cette fois sans Richard Corben. Avec le numéro 151 de la série arrive l'Argentin Marcello Frusin au poste de dessinateur, poste qu'il reprendra très souvent par la suite. En commençant comme un road movie sinistre, Good intentions nous propose de suivre John Constantine en quête de la petite amie de Lucky, l'homme qu'il a tué et qui a conduit l'anglais en prison. Pour se faire, notre magicien embarque pour la petite ville de Doglick où réside non seulement quelques vieilles connaissances, mais aussi un ancien amour. Cependant, le voyage lui réserve également quelques surprises d'un tout autre genre.

Pour cet opus, Azzarello choisit une voie différente pour aborder son récit. Tout débute par une balade en voiture où Constantine s'amuse grandement à effrayer un pauvre bougre avant de précipiter la fin de deux criminels. L'ambiance installée est pesante, les dialogues aussi tranchants qu'une lame de scalpel. Mais, dès la fin de cette introduction macabre, l'action alterne entre un fil conducteur avec la rencontre de John et des deux frères de Lucky et un axe qui fait la part belle aux flash-backs sur la vie rock'n roll de l'anglais à Londres. On retrouve d'emblée tout le cynisme et le tempérament manipulateur de John. Et il en a le plus grand besoin car Dickie et Ritchie lui en feront voir. C'est l'occasion pour Azzarello de disséquer un peu plus profondément dans les couches les plus sombres de l'être humain. Des horreurs disséminées dans le récit, le scénariste américain a la bonne idée de ne jamais les montrer mais de les suggérer. Le résultat s'avère bien plus percutant. De même, le découpage de l'histoire avec ses nombreuses ellipses temporelles garde le suspense intact et la surprise n'en est que plus importante à la fin du récit. Reste le problème de l'histoire entre Constantine et Rose, un ancien amour. Même si celle-ci est fort bien menée, elle s'intercale parfois mal aux péripéties principales. Cependant, en regard de la maestria narrative générale, il ne s'agit là que d'un défaut mineur, heureusement.

Pour Brian Azzarello, Good intentions présente l'avantage d'explorer ces recoins perdus des Etats-Unis. Souvent démunies et renfermées sur eux-mêmes, ces villages regroupent les citoyens les moins recommandables du pays. Mais ce qui rend ces hommes et femmes si écœurants dans le comic s'avère l'inévitable conséquence de ce repli social : le retour à la nature première de l'homme, une nature foncièrement mauvaise. A ce titre, la scène où des enfants lancent des pierres à un chaton laisse un gout amer dans la bouche du lecteur. Le génie d'Azzarello se situe là, dans sa façon de décrypter les pires travers de cette humanité malade en seulement quelques planches savamment agencées au sein du récit.

Pour terminer, le trait de Marcello Frusin prend la relève de celui de Richard Corben de façon plus qu'honorable. L'Argentin capture rapidement l'essence d'Hellblazer pour en restituer toute son ambiance moite et noire tout en gardant à Constantine ce sourire malicieux et traître qui a fait sa renommée. Une très bonne chose lorsque l'on sait que Frusin va officier un petit moment sur la série.

"J'ai entendu dire que les neuf dixièmes de la réalité, c'est la perception. Dans mon cas, c'est les onze dixièmes. Si je peux pas vous faire changer votre vision du réel, alors le truc n'a pas fonctionné. Vous voyez, le truc, c'est de cacher la vérité, de vous convaincre d'acheter mon mensonge."

90

Toujours aussi à l'aise dans l'univers d'Hellblazer, Brian Azzarello emmène son lecteur dans des contrées terrifiantes au cœur de l'Amérique. John Constantine et ses fans peuvent être rassurés, cet opus confirme l'excellence du scénariste Américain.

Critique de publiée le 3 mars 2011.

Que faut-il en retenir ?

  • La vision de l'amérique profonde
  • L'introduction
  • Les flash-backs à Londres
  • La réflexion sur l'homme
  • La narration toujours impeccable
  • Le dessin de Frusin

Que faut-il oublier ?

  • Le récit entre Rose et John, parfois mal placé

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