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Critique du Jeu Vidéo : Batman Begins
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Critique du Jeu Vidéo : Batman Begins

Avis critique rédigé par Bastien L. le lundi 5 février 2018 à 1400

Une adaptation intéressante

Testé sur PS2

Les adaptation de films en jeux vidéo ont toujours été un exercice périlleux. Pourtant, l'éditeur Electronic Arts permit un petit âge d'or de cette discipline marketting particulière au début des années 2000. Batman Begins en fut d'ailleurs l'un des derniers représentants.

Si Warner est actuellement un acteur de plus en plus majeur dans l'industrie vidéoludique, elle confiait précédemment ses licences dans les mains d'autres éditeurs, notamment Electronic Arts dont le partenariat fut assez fructueux au début des années 2000 permettant la sortie de titres assez réussis tels que les adaptations des films Le Seigneur des Anneaux ou Harry Potter. Dans la lignée de ces titres aux qualités indéniables qui caressaient les fans dans le sens du poil, Batman Begins en applique allègrement la recette. Le projet fut confié aux Britanniques d'Eurocom, un studio de commande par excellence s'étant spécialisé depuis le début des années 1990 dans les portages et autres adaptations. Le studio sortait justement de deux adaptations ayant donné des jeux assez sympathiques : Chaos Bleeds et James Bond : Nightfire. L'équipe développe un jeu très fidèle au long-métrage de Christopher Nolan en étroite collaboration avec Warner et DC Comics, permettant au jeu d'avoir une réelle légitimité. Le premier point fort du titre se résume assez simplement : si vous avez aimé le film, vous aurez du mal à ne pas aimer le jeu.

Si certaines adaptations de jeux prennent quelques libertés scénaristiques en servant de préquelle ou en jouant plus avec l'univers qu'en suivant les films, il n'en est rien de Batman Begins. Le jeu se contente de reprendre point par point les moments importants du film. On assiste donc à la formation de Bruce Wayne en Asie, puis à son retour à Gotham où il crée son alter-égo se lançant à la poursuite du mafieux Falcone et du Dr. Crane. Sans oublier les grands moments de la fin du métrage qu'on ne spoilera à ceux qui ne l'ont toujours pas vu. La narration mélange ainsi extraits du film et cinématiques avec le moteur du jeu bénéficiant ainsi des doublages des acteurs du film (ou de leur voix française). L'ensemble est plutôt correct et reprend beaucoup des répliques du film. On peut néanmoins reprocher deux choses à cette fidélité : il est évident que le jeu se concentre surtout sur Batman et le titre enlève beaucoup de la psychologie du héros qui faisait la profondeur du scénario du film. De même le jeu est enfermé dans le script du film et ne peut vraiment en déroger en proposant d'autres vilains ou d'autres lieux à parcourir. On apprécie tout de même l'effort de nous faire vivre tous les grands moments du film avec une grande fidélité et les petits rajouts ou changements insérés par les développeurs restent des détails.

Ainsi le jeu est très fidèle à l'ambiance du film et tente de faire autre chose du titre qu'un bête jeu d'action. La peur est une des thématiques importantes du film et se retrouve ainsi au cœur du gameplay comme il est expliqué plus bas. La fidélité au film est aidé par des graphismes plus que corrects pour l'année 2005. Le jeu est beau techniquement malgré quelques baisses de framerate dans un ou deux niveaux. Mais globalement le moteur tient la route et permet d'afficher des textures satisfaisantes comme des jeux de lumières plutôt intéressants. Sans oublier la modélisation des acteurs de qualité bénéficiant d'animations faciales assez bien fichues. Les animations de Batman sont assez réussies, ce qui permet de beaux enchaînement lors des combats. L’esthétique générale est proche de celle du film à savoir un Gotham City sombre et sale à souhait dans ses recoins que Batman doit purger. Les docks comme l'asile d'Arkham nous replongent sans problème dans l'atmosphère du film. Malheureusement on a l'impression de toujours se balader dans les mêmes décors sales aux teintes marrons et grises. Si cela passe dans les 2h que dure le film, c'est plus problématique pendant les 6-7h que dure le jeu. La musique est en revanche originale mais reste dans le ton de l'œuvre sans vraiment être plus qu'un fond sonore efficace.

Comme il a été dit, la peur est un élément important du titre qui mise sur cet élément pour élaborer son gameplay. Si les autres Batman de la génération 128-bits étaient surtout des beat'em all peu inspirés, Batman Begins mélange action, plates-formes et surtout infiltration. Les développeurs se sont d'ailleurs inspirés des plus grands puisqu'on retrouve des idées qu'on devine prises chez Prince of Persia, Metal Gear et Splinter Cell, rien que ça ! Pour l'aspect infiltration, les ennemis armés viendront à bout de votre personne en quelques balles et il faudra parfois se faufiler dans leur dos en faisant attention à leur cône de vision indiqué sur le radar. A la Solid Snake en somme... Mais vous pouvez aussi vous la jouer Sam Fisher avec la possibilité de voir ce qui se cache derrière une porte avec une caméra optique. Mais aussi en éliminant discrètement un ennemi qui passe en dessous de vous alors que vous êtes accroché à un tuyau ou un câble. Enfin les niveaux sont construits de manière assez verticale permettant des séquences de voltige ou le double-saut où une bonne étude du décors seront importants.

Toutes ces influences sont vraiment bien digérées pour faire un titre cohérent qui met donc la peur au cœur de son gameplay. Tous les passages liés à l'infiltration et à la plate-forme ont pour but de donner à Batman des approches éloignées de l'attaque frontale. Comme dans le film, il faut jouer avec les nerfs de nos ennemis, leur faire peur pour s'en débarrasser de manière efficace. Ainsi les ennemis armés devront être déstabilisés avant d'être éliminés. Vous allez donc devoir trouver la manière la plus efficace de perturber vos adversaire car plus ils ont peur, plus ils sont vulnérables à vos coups. Prendre de la hauteur et voir qu'une caisse se trouve au dessus de vos ennemis permet de comprendre qu'en la faisant tomber vous allez créer une perturbation telle que vous pourrez attaquer. Vous disposez aussi de gadgets permettant d'accroître vos mises en scène comme un transpondeur attirant les chauves-souris mais aussi des grenades flash ou à gaz. Si certains ennemis seront encore prêts à en découdre, d'autres seront tellement terrorisés qu'un simple coup suffira à les assommer. Ce système est réellement une bonne idée permettant à l'aspect infiltration de prendre tout son sens et de découvrir un level-design parfois ingénieux. Terroriser les ennemis par une exploitation du décors est bien plus jouissif que foncer dans le tas à coups de bourres-pifs répétitifs. C'est de ce point de vue que Batman Begins est une réussite.

Malheureusement si cet aspect est très appréciable il empêche toute rejouabilité et une certaine folie au titre d'Eurocom. Tout simplement parce que la progression est extrêmement linéaire et balisée. Pour chaque groupe d'ennemis, il n'existe qu'une seule méthode pour les déstabiliser et on ne peut donc les surprendre seulement avec le seul moyen prévu par les développeurs. On aurait donc aimé un peu plus de liberté. Enfin si les combats (exclusivement au corps à corps) sont assez efficaces du point de vue de l'animation, ils sont assez limités avec seulement deux coups (coup de poing ou coup de pied) et quelques actions contextuelles quand elles apparaissent sur le coin droit de l'écran. On les expédie facilement et ils s'avèrent parfois aussi brouillon que ceux vus dans le film par moments. Comme quoi, la fidélité est poussée jusqu'au bout... On regrette finalement le manque de surprise que propose le jeu. Le parcourir est très plaisant mais il se repose trop sur ses bases. Seuls des passages dans une tour piégée ou un musée à l'abandon offrent des ambiances un peu différentes. Passons aussi rapidement sur les quelques minis-jeux inutiles pour hacker des ordinateurs ou crocheter des serrures.

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Qui dit Batman dit forcément bat-mobile. Le tank supersonique est pilotable pour deux missions qui n'ont pratiquement rien à envier à la série Burnout, autre grosse licence d'EA. La sensation de vitesse est excellente et la puissance de notre bolide entraîne de beaux carambolages. Les deux missions sont sympathiques mais restent finalement assez simples. Le jeu est d'ailleurs assez facile et seuls quelques passages exclusivement infiltration demanderont un peu de timing. Le jeu se finit ainsi en 6-7h ce qui est tout juste correct mais normal pour un produit dérivé comme celui-ci. Les quelques bonus à débloquer, surtout des making-of et autres costumes pour notre héros, sont anecdotiques.

La conclusion de

Batman Begins est une bonne adaptation du film de Christopher Nolan. Le gameplay hybride intégrant la notion de peur fonctionne tout au long d'une aventure qui bénéficie d'une ambiance et de graphismes efficaces. Malheureusement, l'ensemble est trop dirigiste et manque d'ambition pour tenir la comparaison avec les ténors du jeu d'action pour qu'on revienne à ce produit dérivé réussi.

Que faut-il en retenir ?

  • Une adaptation respectueuse
  • La peur au coeur du gameplay
  • Un Batman conforme à son statut

Que faut-il oublier ?

  • Répétitivité des décors
  • Trop linéaire
  • Bien mieux ailleurs dans tous les domaines

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