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Critique de la Bande Dessinée : Batman : Un long Halloween
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Critique de la Bande Dessinée : Batman : Un long Halloween

Avis critique rédigé par Nicolas W. le lundi 23 août 2010 à 2224

Un Halloween inoubliable

"J'ai fait une promesse sur la tombe de mes parents. Je n'arrêterai pas tant que Gotham City ne sera pas purgée du mal qui les a emportés.Il n'y aura pas de compromis. Et pourtant..."

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Halloween à Gotham City. Dans la cité de l'homme chauve-souris, un mystérieux meurtrier a commis son premier meurtre à l'encontre d'une des puissantes familles de la mafia locale. Rapidement surnommé Holiday, il prend l'habitude de tuer ses victimes lors des fêtes qui jalonnent le calendrier. Pour mettre fin à la corruption de la ville, à la mainmise de la famille Falcone et arrêter Holiday, trois hommes s'allient : le millionnaire Bruce Wayne et son alter-ego masqué Batman, le commissaire Jim Gordon et le procureur Harvey Dent. Ils vont devoir faire face à une multitude de dangers, à commencer par leur propre résolution. Pour Gotham City, le long Halloween ne fait que commencer.

La franchise Batman créé par Bob Kane a inspiré les plus grands scénaristes. Avec la vague de rééditions françaises actuelles, nous avons eu droit au travail du génial Alan Moore avec The Killing Joke (critiqué ici), à celui de Grant Morrison et Dave McKean pour le formidable volet intitulé L'asile d'Arkham (critiqué ) ou encore à l'édition absolute du cultissime Batman : Dark Knight de Frank Miller. Avant de s'attaquer à l'autre grand monument de Miller avec son Batman Year One prévu chez PaniniComics fin août, revenons sur un autre des plus grands comics de l'histoire du héros  de Gotham City grâce à Un long Halloween des excellents Tim Sale et Jeph Loeb, dans sa version absolute.

"Nous sommes face à un tueur en série que les médias surnomment Holiday. Il...ou elle...a frappé à Halloween et à Thanksgiving. Des fêtes. Et demain c'est Noël..."


Un long Halloween commence avec la présentation de la mafia de Gotham City. Deux familles se distinguent avec les Falcone et les Maroni. Pour une fois, le cœur du récit ne se situe pas tant dans les super-vilains que dans les hommes eux-mêmes. D'emblée, Sale et Loeb posent les bases, leur comics sera un polar noir dont le tueur Holiday occupera le centre. Le lecteur se retrouve plongé dans une enquête policière dont les 3 héros que sont Batman/Bruce Wayne, Gordon et Dent forment les piliers. Le récit des deux américains s'avère passionnant et bourré de rebondissements, alternant action et réflexion avec un égal bonheur. Jeph Loeb dévoile un talent de scénariste hors du commun que bien d'autres doivent lui envier. Séparée en 13 chapitres, chacun dévolu à une fête de l'année, l'aventure de Batman alterne les ambiances tout en gardant le schéma du meurtre par épisode. Seul bémol à ce niveau, inhérent à la publication originale en numéros, la répétition de certains éléments comme l'identité de personnages ou d'évènement des anciens volumes.

Toute cette mise en scène sous la forme d'une enquête policière restitue également un but bien précis. Holiday et sa traque ne sont que la base qui sert à Loeb pour réfléchir sur la justice et sa dualité. A travers la lutte contre les grandes familles de la mafia, l'auteur confronte Batman et ses alliés à la figure du justicier, qu'il soit masqué ou non. Un long Halloween choisit d'aborder un thème central dans la mythologie de l'homme chauve-souris, celui de la frontière entre la loi et le crime. Entre la vengeance et le devoir. On se doute que le principal concerné sera Harvey Dent dont le personnage s'avère le plus fouillé et le plus marquant de ces quelques 380 pages. Il flirte avec le précipice durant toute l'intrigue pour finir par y sombrer illustrant à merveille le prix à payer pour faire de Gotham une ville meilleure. Quant à Batman/Bruce Wayne, il aborde peu ce conflit. Bien sûr, on repérera bien quelques états d'âmes du super-héros mais ceux-ci rejoignent plus la thématique de la nature même du Batman telle qu'on la retrouve plus développée dans L'asile d'Arkham. Pour finir, Jim Gordon incarne un flic intègre et un père de famille aimant, chose que le comics régulier ne nous avait pas habitué à voir.

"Des perles. Je lui avais demandé de porter des perles ce soir-là. Elle m'a dit qu'elle n'en portait que pour les grandes occasions. On allait juste au cinéma."

On peut néanmoins s'attarder sur le Batman de ce long Halloween car il s'avère bien moins insipide qu'on pourrait le croire de prime abord. Loeb choisit de creuser le passé du héros tout en séparant davantage Bruce Wayne et son alter-ego. Ce constat saute aux yeux dans les chapitres "Fête des pères" et "Fête des mères" qui se trouvent être d'immenses réussites aussi poignantes que révélatrices sur les origines et les traumatismes de l'homme chauve-souris. On y retrouve un homme brisé et bloqué dans ses peurs d'enfant, et qui a décidé pour pallier à ce manque, de s'inventer une mission en s'incarnant dans le rôle de justicier de Gotham. Dès lors, on peut penser que le héros torturé cache une double personnalité, chose qui, on le devine, le rapproche des fous qu'il pourchasse. Un thème finalement pas si éloigné de The Killing Joke et L'asile d'Arkham mais abordé sous un jour plus mélancolique et plus poignant. Assurément une brillante analyse de la part de Jeph Loeb.

Il serait faux de ne citer que la pègre dans cet ouvrage. Non content de développer des méchants charismatiques et finalement très humains avec Maroni et Falcone, Loeb et Sale jouent avec une grande partie de la galerie des adversaires de Batman. Ainsi, on croisera Solomon Grundy, le Joker, l'Epouvantail, le Chapelier-Fou ou encore le Sphinx. On pourrait craindre que cet enchaînement soit lourd et finalement introduit de manière artificielle pour les fans du comics mais il n'en est rien. L'autre grande force d'un long Halloween consiste à jouer avec ce Panthéon pour le rendre à la fois plus réaliste et plus sensé. Une fois n'est pas coutume, c'est le Joker qui figurera en tête de cette liste avec sa folie coutumière. On citera également l'Homme calendrier qui, comme Holiday, tue en fonction des jours de l'année. Enfermé à Arkham, il joue un rôle semblable à Hannibal Lecter dans le Silence des agneaux, tout en mettant en exergue l'émulation que crée Holiday vis-à-vis des autres dérangés mentaux de l'univers de Gotham. Il reste bien à dire un mot de Catwoman qui traverse les pages sans véritablement appartenir à un camp et tend à jouer sur la corde raide. On sent bien qu'elle préfigure Pile-ou-Face sans jamais oser s'aventurer si loin que lui. Une énigme savamment agencée qui ne manque pas d'ajouter un capital sexy à l'œuvre.

Côté dessin, Tim Sale nous livre des planches de la vieille école, dénuées de toute informatisation et dont certaines s'étendent sur une double page. Le résultat achève de convaincre du caractère exceptionnel du travail accompli. Offrant une apparence bien à lui à des monstres bien connus tels que le Joker ou Poison Ivy, il livre également une partition des plus convaincantes dans le changement d'atmosphère au gré des fêtes et des circonstances. On saluera également le magnifique travail du coloriste Gregory Wright qui donne un caractère particulier au travail de Sale. L'utilisation de séquences en noir et blanc ne laissant qu'un élément de couleur au cœur de la planche figure dans la liste de ces petits plus indéniables. On pourra cependant tiquer sur le prix de cette édition absolute (70 euros) mais on ne peut pourtant pas lui reprocher grand chose : couverture rigide et de qualité, papier magnifique, couleurs impeccables, interview des auteurs et témoignage de Christopher Nolan, couvertures des numéros originaux ainsi qu'un coffret pour emballer le tout. Dommage que ce produit soit sûrement réservé à une certaine catégorie de lecteurs fortunés car il s'agit là d'une des principales sources d'inspiration de Nolan et Goyer pour leurs fameux Batman Begins et The Dark Knight.

"Tu n'as pas passé toutes ces années à apprendre le droit pour rien. Alors, tu sais que la justice a deux côtés. Innocent ou coupable. Comme cette pièce. Un côté lisse. L'autre entaillé."

Remerciements à Amandine V. pour la relecture

La conclusion de

Quelques rares perles ont marqué à la fois l'histoire du héros qu'elles abordaient en même temps que le genre lui-même. Un long Halloween fait partie de celles-là. Son histoire passionnante permet à Jeph Loeb de dévoiler tout son talent au lecteur encore sous le charme des magnifiques dessins de Tim Sale. Ne cédant pas aux sirènes de la facilité, le récit n'oublie jamais d'être intelligent et parfois même poignant. Un long Halloween figure d'emblée comme une œuvre culte et fondatrice dont la suite, Dark Victory, est attendue avec grande impatience sous nos latitudes.

Que faut-il en retenir ?

  • Harvey Dent
  • Le dessin de Sale
  • Le scénario de Loeb
  • Le thème de la justice
  • La vision du Batman
  • La pègre de Gotham
  • Les super-vilains

Que faut-il oublier ?

  • Le prix de l'édition
  • Les rappels

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