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Critique du Film : La Communauté de l'Anneau
La Communauté de l'Anneau >

Critique du Film : La Communauté de l'Anneau

Avis critique rédigé par MRHA le vendredi 21 février 2003 à 1123

Frustration

Frustration
Le Seigneur des Anneaux, voilà bien une œuvre qui fit sa marque dans la littérature fantastique, J.R.R. Tolkien avait su rassembler en un tout une multitude de récits anciens pour émerveiller des générations et des générations de lecteurs, lesquels trouvaient ainsi même parfois une porte vers la Fantasy. Après le dessin-animé (semi-avorté et de qualité discutable bien que tout à fait intéressant) de Ralph Bakshi, c'est au tour de Peter Jackson (Brain Dead…) de s'y pencher dans cette adaptation du premier volume de la trilogie du Seigneur des Anneaux. Certes Tolkien était contre -de son vivant- une adaptation cinématographique, certes son fils Christopher (qui participa également à l'écriture des livres) était mitigé, certes une icône tel que Kubrick jugeait le livre inadaptable au grand écran (lui qui n'a fait que des adaptations justement), mais la tentative vaut le mérite avant même le début du tournage. Maintenant que le film est sortit en salles obscures (et en DVD proposant une version considérablement allongée mais dont nous ne tiendrons pas compte ici), on peut se faire une idée de ce que Peter Jackson à réussis à ajouter à l'œuvre aussi bien qu'à la retranscrire dans la Culture Pop.
Le film a des qualités indéniables : les décors sont somptueux (une mention particulière pour Rivendell et Bree), les acteurs sont souvent très bons (à l'exception de Frodo, mais cela ne choquera pas le spectateur non imprégné de l'œuvre littéraire) et certaines scènes sont excellentes (quelques plans de paysages et surtout le début du film, dans la Comté qui est vraiment plaisant), mais… Le film pêche sur nombre d'autres points.
Le principal défit du film était de mettre une image sur l'idée qu'on se fait en lisant un livre, et vu la qualité du livre en question, il n'est certainement pas abusif de dire que son adaptation avait des prétentions, promettait beaucoup en terme d'émerveillement et de poésie. Le problème vient du fait qu'à la lecture d'un livre aussi riche on se façonne une image que je qualifierais de chilogoniale. Chilogonial vient de chilogone, un polygone à mille coté, terme employé pour désigner quelque chose d'inimaginable qui ne peut que tendre à sa représentation. Alors oui, mon Balrog était infiniment plus monstrueux que celui de Peter Jackson, oui ma Lorien était infiniment plus magique et le film que je me faisais en lisant la prose de Tolkien n'était pas du tout dans la même dimension de la perception que celui de Peter Jackson. Il faut reconnaître que représenter l'inimaginable était un pari risqué, Peter Jackson limite d'ailleurs les dégâts mais n'est clairement pas à la hauteur de son ambition. Sans l'ascendance du livre sur le film, on pourrait qualifier celui-ci de film juste plaisant, mais il est indéniable que le spectateur ayant lu Tolkien pense au livre en voyant son adaptation (certains diront que c'est un défaut, mais cela me semble humain) et là le film devient tout juste moyen au vu des autres défauts, seul l'univers de Tolkien le sauvant de la faiblesse. En effet le fait de ne pouvoir faire l'impossible n'est pas un défaut condamnable en dehors du problème de l'ambition du film, il y a bien d'autres problèmes dans ce film qui n'est, encore une fois, pas dénué de qualités.
En premier lieu, la Communauté de l'Anneau tient plus de la simplification du matériel original que de la réelle adaptation. Les modifications sont permises sur l'œuvre d'origine (j'ai bien apprécié Dune de Lynch qui était très différent du livre de Herbert…), mais s'il s'agit d'adapter autant le faire correctement. Dans ce film, Jackson semble prisonnier entre le livre et son désir d'en faire une œuvre indépendante et personnelle, il en résulte une simplification extrême de l'intrigue (on ne garde que ce qui ne pouvait pas être enlevé sans rompre le fil du scénario, on omet toute la poésie des petites scènes parallèles), simplification qui rend le ton du film infiniment moins contemplatif que l'essence du roman, voir même tout à fait "rentre dedans" par moment tant il semble mettre l'accent sur l'action la moins subtile possible. Cette adaptation révèle même la simplicité déconcertante du scénario. La conséquence est évidente : les scènes indispensables, ne pouvant être enlevées, celles d'exposition (Rivendell) semblent inéluctablement incroyablement ennuyeuses. D'autre part cette double influence du réalisateur vis à vis du livre et de son ambition crée quelques scènes saugrenues et totalement décalée par rapport au reste du récit, on a ainsi le droit à une Galadriel-sorcière, à un Bilbo-vampire, à un combat de mages frisant le risible tant il est amusant de voir un Istari tel Gandalf danser le Hip-Hop sous l'emprise d'un sortilège de Saruman. Peter Jackson détruit également les principales ficelles des trois livres originaux (et le film n'aurait rien perdu en les exploitant correctement vu qu'on n'y gagne rien en les omettant), la scène de Narsil casse le mythe de l'épée, le destin d'Aragorn est annoncé comme inéluctable et de manière bien trop affichée, exit le mystère du personnage de Grand Pas dans ce fabuleux passage du roman à Bree... Le scénario n'est donc pas une bonne adaptation mais une simplification agrémentée d'inédits qu'on aurait aimé à la hauteur des possibilités offertes par l'univers.
On peut admettre que vu l'ampleur de la tâche ces défauts sont acceptables (bien qu'on ne parlera plus dès lors d'une œuvre mythique trans-générationelle comme elle aurait pu être et s'en réclamait), mais ce scénario moyen se trouve lui-même déprécié par son utilisation.
La réalisation pose, en effet, elle aussi, plusieurs problèmes de taille. Non content de gommer la poésie intrinsèque à la Fantasy, Peter Jackson supprime une grande part de son potentiel d'émerveillement avec un maniement de la caméra faisant passer Michael Bay pour un enfant de chœur : ça bouge dans tous les sens, presque pas de plans fixes dans les batailles, on ne comprend rien à rien et on est au courant de l'évolution des scènes d'action qu'en faisant la différence entre le début de celles-ci et leurs fins (en gros on compte les cadavres et on sait qui a gagné vu que rien n'est perceptible pendant les combats). Il y a toutefois quelques rares plans de plus d'une seconde suscitant l'émerveillement (la Comté et Rivendell) mais globalement on en sort avec un véritable mal de tête. Il y a également d'autres problèmes de réalisation d'ordre plus technique, comme un plan mal fichu comme tout dans la Lorien montrant la structure de la cité elfe, le sérieux problème des soldats tombant comme des dominos à la fin de la Bataille de la Dernière Alliance (et avant cela la baston de Sauron qui n'est pas sans rappeler Obelix envoyant en l'air les Romains d'Aquarium), des plans voltigeants autour de la tour d'Orthanc comme pour réveiller le spectateur ou lui dire de rester assis car le film va peut-être changer dans sa dernière demi-heure… une fin d'ailleurs qui tombe facilement à plat tant son enjeu est moins important que le reste des péripéties du film (c'est là qu'il aurait fallu montrer qu'on peut faire une bonne adaptation).
La Communauté de l'Anneau est un film qui ne fait pas honneur à son modèle, ni même à son ambition. On en sort avec un goût amer d'inachevé et de frustration. Toutefois tout n'est pas noir, les acteurs, le travail conceptuel et quelques scènes dont celles de la Comté valent le détour. Il en ressort un film énervant par sa réalisation, entravant bien souvent toute contemplation de l'image mais qui s'en tire tout de même dans le lot des films moyens de Fantasy (il n'est donc pas mauvais) sans égaler certains prédécesseurs. Du potentiel initial il n'est reste, à peu de choses près, qu'un film sur le Moyen-Age, pour toutes les raisons évoquées ici.

La conclusion de

Un film frustrant résultant d'une mauvaise adaptation du livre original sans pour autant faire preuve d'originalité, mais gachant la poèsie propre à l'univers et au récit de Tolkien, il en sort un film moyen dans la lignée du gros des films de Fantasy.

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