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Critique du Film : Terminator : Genisys
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Critique du Film : Terminator : Genisys

Avis critique rédigé par Vincent L. le dimanche 5 juillet 2015 à 0900

Il est (encore) revenu...



La saga cinématographique Terminator n'a jamais été un modèle de cohérence, ni sous la coupe de James Cameron, ni sous celle de ses divers successeurs. Ainsi, si Terminator posait assez clairement les bases et enjeux du futur post-apocalyptique et des voyages temporels, Terminator 2 - Le Jugement Dernier prenait un malin plaisir à tout dynamiter pour raconter l'inverse, juste avant que Terminator 3 - Le soulèvement des machines n'essaye de poser des rustines pour conférer au tout un minimum de cohérence. Quant à l'injustement mal aimé Terminator Renaissance, il n'en rajoutait certes pas une couche sur les voyages temporels, mais le futur tel que présenté était plus proche d'un Transformers-like que de l'avenir post-apocalyptique évoqué dans les premiers films.

Après quatre films très disparates, le tout ressemble donc aujourd'hui un énorme bordel sans queue ni tête dans lequel chacun vient mettre son grain de sel sans jamais se soucier de ce qui a été fait auparavant (à l'image, par exemple, de la série télévisée Les Chroniques de Sarah Connor, qui en ajoute encore des couches sur un gâteau déjà indigeste). Du coup que peut-on faire lorsque l'on veut mettre en place une nouvelle séquelle, mais que l'on ne peut pas choisir l'option confortable du reboot ? Et bien très simplement, on suit le chemin ouvert par ses prédécesseurs : on fait sans ce soucier du passé, à l'image de ce cinquième opus de la saga, Terminator Genisys, qui prend le parti de n'être une suite que des deux premiers films (légitimes, eux, par Cameronesque) et d'oublier tout le reste.


« Terminator Genisys n'a absolument pas l'envergure que l'on peut attendre d'un blockbuster hollywoodien, sous-exploitant complètement les possibilités permises par un bugdet très confortable. »


 


Si le parti-pris est, sur le fond, stupide (il ne faut pas beaucoup réfléchir pour se rendre compte qu'il est impossible d'être une suite de Terminator 2 en mettant de côté les rustines apportées par Terminator 3), on s'aperçoit que cela n'a finalement aucune véritable importance étant donné que l'on a appris à prendre chaque opus pour ce qu'il est individuellement, sans plus chercher à l'intégrer dans un tout plus grand et plus ambitieux. S'il s'agit clairement de la grosse faiblesse d'une franchise qui n'aura jamais été pensé dans son global (y compris par son créateur, qui fut le premier à se contredire), c'est toutefois du pain béni pour les scénaristes : peu importe ce qu'ils peuvent faire, d'autres ont déjà salopé la franchise avant eux et le spectateur semble n'y accorder aucune importance.

Terminator Genisys est donc à la fois une suite directe des deux premiers films, mais également un semi-reboot de la saga qui, tout en tentant de légitimer l'âge avancé de son incontournable comédien principal, va renouveler intégralement le reste du casting et poser les bases d'une nouvelle trilogie. Par bien des aspects, on peut voir dans le tour de passe-passe scénaristique ici proposé une simple copie de celui utilisé par Roberto Orci et Alex Kurtzman avec le reboot/suite de Star Trek, le voyage dans le temps permettant de se situer à la fois dans une certaine continuité tout en réussissant à trancher avec le passé. Cependant, là où le scénario de Star Trek était une machinerie parfaitement huilée, celui de Terminator Genisys ne va jamais plus loin que la bidouille très mal maîtrisée.

La première demi-heure du film s'avère pourtant étonnament convaincante, proposant une relecture plutôt réussie du premier film. Le futur et l'assaut sur Skynet, simplement évoqués dans Terminator, sont ici mis en image et trouvent une concrétisation visuelle sympathique. La séquence est assez développée pour être plaisante, tout en restant suffisamment brève pour ne pas être rébarbative. On se trouve alors littéralement dans un remake du premier film, les premières scènes de 1984 reprenant plan par plan celles de James Cameron. Et puis, alors que l'on se trouve à ce moment en terrain connu, les choses prennent une tournure nouvelle avec l'arrivée de deux autres terminators qui viennent changer l'histoire et la faire bifurquer vers quelque chose d'inattendu et de plaisant.




Sauf que, passé cette longue séquence introductive, le film part sur complètement autre chose. Que sont ces terminators qui changent la donne ? Que viennent-ils faire ? Qui les a envoyé ?... Autant de question qui n'auront jamais de réponses, Terminator Genisys démarrant, à la faveur de ce rebondissement, une nouvelle histoire. Et c'est à partir de ce moment que les choses commencent à partir en couille, entre une histoire bateau et déjà-vue (aller tuer Skynet avant qu'il ne naisse) et scénario multipliant les incohérences (vis à vis des autres films, bien sur, mais également internes, ce qui est nettement plus génant). En fait, au final, on ressort avec l'impression évidente que le scénario n'avait de toute façon aucune autre fonction que de proposer une sorte de best-of des deux premiers opus condensé sur deux heures.

​En effet, Terminator Genisys ne fait que compiler tout ce qui a jadis fonctionné chez James Cameron : le début du scénario de Terminator couplé à la fin du scénario de Terminator 2, le tout entrecoupé de scènes d'actions qui reprennent dans les grandes lignes celles que l'on a déjà pu voir dans ces deux films. Si l'idée est, à la base, moisie, le principal problème vient cependant d'ailleurs et tient en deux mots : Alan Taylor. Elevé à l'école H.B.O., Taylor n'a très visiblement pas compris que les codes de réalisation des séries télévisées et celles du cinéma ne sont pas les mêmes. Et si, en terme de mise en scène, Terminator Genisys est une excellente série télévisée (le rythme est correctement entretenu et on ne s'y ennuie pas), il n'a absolument pas l'envergure que l'on peut attendre d'un blockbuster hollywoodien, sous-exploitant complètement les possibilités permises par un bugdet très confortable.

Au bordel du scénario et à la platitude de la mise en scène s'ajoute enfin un dernier soucis : le casting. Bien qu'en tête d'affiche, Arnold Schwarzenegger est relégué à un rôle secondaire, reprenant efficacement (mais sans génie) un rôle qu'il maîtrise sur le bout des doigts. Le coeur de l'intrigue repose désormais sur le trio Sarah Connor/John Connor/Kyle Reese. Si Emilia Clarke s'en sort correctement dans le rôle de Sarah Connor, il n'en va pas de même de ses deux partenaires. Jason Clarke nous livre ainsi un John Connor fadasse et peu charismatique, quant à Jai Courtney, dans le rôle de Kyle Reese, il est catastrophique de bout en bout (comme d'habitude, c'est vrai...). Les excellents acteurs qui complètent le casting sont quant à eux sous-exploités : Byung-Hun Lee a un rôle anecdotique, on ne sait même pas à quoi sert J.K. Simmons et Matt Smith est cantonné à cinq pauvres répliques.

La conclusion de

Après une première demi-heure plutôt bonne, Terminator Genisys prend parti de bifurquer à quatre-vingt dix degrés pour aller raconter une autre histoire, bien moins intéressante et (surtout) franchement pas aboutie. Dommage, car le point de départ de ce cinquième opus savait habilement jouer avec les premiers films pour renouveler les enjeux d'une saga devenue moribonde. Il en résulte un film scénaristiquement bordélique, incohérent vis à vis de lui-même (et ne parlons même pas au regard du reste de la saga) dans lequel Arnold Schwarzenegger est mis en retrait au profit d'un casting rajeuni qui ne parvient pas à s'imposer. Le spectacle aurait malgré tout pu être de mise, sauf que la réalisation d'Alan Taylor prive le film de toute envergure formelle, le releguant au rang de simple téléfilm de luxe, plus souvent embarrassant que distrayant.

Que faut-il en retenir ?

  • Une première demi-heure intrigante,
  • Un rythme correctement maintenu.

Que faut-il oublier ?

  • Une mise en scène sans envergure,
  • Un scénario bordélique et incohérent,
  • Un casting décevant.

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