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Critique du Film : Batman Begins
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Critique du Film : Batman Begins

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 13 octobre 2006 à 0526

Construction (trop) pragmatique d’un mythe

Après avoir assisté aux genèses de Hulk le géant vert et de Spider-man la tarentule (ou la mygale, j’sais plus) romantique, c’est au tour de l’estimé Christopher Nolan de nous inviter à être le spectateur d’un autre accouchement aux forceps, celui de la chauve-souris aigrie de Gotham City. Un essai très ambitieux et périlleux s’il en est. La mise en forme d’un archétype héroïque est en soi un exercice d’équilibriste, dans lequel la moindre défaillance peut entraîner l’effondrement de l’ensemble. Pour l’occasion, je me suis amusé à envisager la construction de ce film à la manière d’une architecture en trois dimensions. Batman analysé… Batman modélisé… Batman révélé… c’est sur ces trois axes x/y/z que l’on pourrait voir façonnée la bio de l’un des plus célèbres super-héros américains, et également l’un des plus attachants.
L’axe x. Le voyage initiatique. Je dois avouer que la première heure m’a quelque peu dérouté, voire agacé. Une narration au montage très nerveux, sans réels plans d’exposition qui auraient pu permettre une meilleure appréhension du personnage (heureusement, il y a cette magnifique photographie hyper chiadée, dont le réalisateur à le secret, qui nous occupe l’œil), qui donne au film un parfum de bande annonce. J’ai assisté, d’un regard distant, aux malheurs de ce gosse de riche particulièrement poisseux. En effet, malgré une porte grande ouverte sur le bonheur, Bruce Wayne est particulièrement peu verni, et surtout maladroit. Une accumulation de tuiles qui le pousse, tel le Topper Harley de Hot Shots !, à se réfugier en un lieu que tout américain moyen assimile, depuis les fumettes de Woodstock, au Mont de Piété : le Tibet.
Là, dans une lamaserie tendance ‘’ninja-shaolin’’, le jeune Padawan va rencontrer son Yoda, et même son Darth Vader. Enveloppé dans les effluves vaseuses d’une philosophie bouddhiste de bazar, il va accomplir sa formation de tueur accompli, selon des rituels devenus communs depuis Karaté Kid, pour finalement, dans une ultime maladresse, dynamiter un temple ancestral, tuer dix compagnons, et laisser son mentor pour mort. Tout ça pour épargner un inconnu d’une décapitation méritée.
Puis vient la phase de prise de conscience du justicier. Cet axe y (initié par le décollage d’un avion de l’aéroport de Katmandou), qui correspond également à son élan vers les toits de Gotham City. Sous la protection maternelle de son majordome, Bruce Wayne va prendre conscience de l’impuissance de la loi devant la vermine qui ronge SA ville, et va décider d’agir dans l’ombre. C’est sa rencontre avec une nouveau sorte de Q, incarné par le génial et décontracté Morgan Freeman, qui va permettre à la chauve-souris de s’envoler. Au niveau scénaristique, force est d’admettre que cette étape est très bien amenée, et même si elle est peu crédible – il ne faut cependant pas oublier que l’on reste dans l’esprit Comics books – passe plutôt bien grâce à l’apparition d’un humour second degré bienvenu et des second rôles très bien exposés (hormis cette gamine de Katie Holmes que je trouve aussi crédible en procureur que Steven Seagal en reine du bal). La mise en scène prend du volume et le montage reste toujours aussi serré, tout en s’attardant à garder en Bruce Wayne cet aspect le plus humain et plus déchiré possible (qui a dit constipé ?).
La troisième partie, l’axe z, consiste en une mise en relief du statut de super héros. C’est à partir de ce moment que le simple justicier vengeur et rageur prend la mesure de ses pouvoirs et ouvre les yeux sur le danger qui rampe dans les fondements de la cité, par le biais du retour d’un passé qu’il croyait effacé. Le climax se veut tendu et les enjeux primordiaux, mais cette histoire de pollution par gaz et ce débarquement d’anges exterminateurs tibétains – métaphore organique de la punition divine sur une nouvelle Sodome - est vraiment trop peu crédible pour convaincre. Parmi tous les moyens de ‘’nettoyage’’ possibles, on ne peut pas dire que les anciens frères de Bruce Wayne aient choisi le plus simple. De plus, les combats, faiblement chorégraphiés, manquent de sens épique, une sensation de ‘’normalité’’, de manque de mythologie, amplifiée par la volonté qu’affiche ouvertement Christopher Nolan d’humaniser le plus possible son personnage en exposant sa psychologie à la manière d’un talk show.
Bref, vous l’avez compris. Je n’ai guère adhéré à cette façon grossière d’essayer de donner de la substance réaliste à un personnage mythologique. C’est un peu comme montrer Zeus en train de faire caca, un journal sur les genoux, dans les chiottes de l’Olympe. L’expérience peut être amusante, mais il faut admettre que le concept de divinité en prendrait un sacré coup derrière les oreilles (surtout si le roi des dieux venait à manquer de papier cul, comme cela m’arrive fréquemment).
Par contre, au niveau purement esthétique, Batman Begins, ce n’est que du bonheur. C’est enfin le retour de la noirceur qu’avait instauré Tim Burton dans les premiers volets. Avec un gros effort pour coller à l’esprit graphique du comics book originel. Et même si l’on est pas amateur de ce style de BD à super-héros (ce qui est mon cas depuis que j’ai dépassé le cap des 15 ans), on ne peut qu’adhérer aux choix de Christopher Nolan. En premier lieu, pour cette atmosphère sordide qui se dégage de la cité pervertie de Gotham City, sorte de mixage entre le New-York glauque des films noirs des années 50, le gothisme malsain du quartier de Whitechapel et les avenues sinistre et pluvieuses de Blade Runner. Une réussite totale dans laquelle le cinéaste est parvenu à glisser de nombreux éléments graphiques modernes, voire new age, sans dénaturé pour autant l’atmosphère référentielle de la mégalopole.
Quelques autres éléments contribuent à adoucir la dureté de mon avis sur cet énième film de super-héros. Une ambiance sonore grave et imposante et une bande musicale de haut vol, tout d’abord, et enfin le retour d’un acteur digne de ce nom depuis le départ de Michael Keaton. Oubliées les prestations fades, voire mauvaises, de Val Kilmer et de George Clooney au cœur des errances ludiques de Joel Schumacher. On a enfin droit à la prestation d’un véritable héros torturé, aux performances physiques impressionnantes et au jeu plus subtil que forcé. Rien à dire de plus que : Christian Bale est parfait. A ce sujet, préférez cependant la version originale que la version doublée, ou le jeu de l’acteur perd énormément en puissance.

La conclusion de

Au final, je conclurais en disant que je trouve Batman Begins plus satisfaisant sur la forme que sur le fond. Je pense en effet que la démystification de l’homme chauve-souris apporte plus de désagréments que de points positifs. Tout est une question d’équilibre et de point de vue, bien entendu. Par contre, j’ai été totalement conquis par le sens graphique du film, la performance de Christian Bale et l’atmosphère du film en général.

Que faut-il en retenir ?

  • Atmosphère glauque parfaitement rendue
  • Qualité graphique excellente
  • Bonne prestation de Christian Bale
  • Effets sonores impressionnants
  • Bande originale de qualité

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario parfois un peu ‘’forcé’’
  • Des choix narratifs discutables
  • Katie Holmes, bof…

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