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Critique du Film : Prometheus

Avis critique rédigé par Richard B. le mardi 29 mai 2012 à 03:57

Ridley Scott face à ses promesses.

A l’occasion de la sortie blu-Ray d'Alien, on pouvait entendre de Ridley Scott le commentaire suivant : « Je crois que le Jockey est en fait le pilote, et fait partie d'une opération militaire - si c'est le mot qui s'applique à ce monde - et par conséquent, c'est un genre de transport. Un transport chargé d'armes, biologiques ou biomécaniques ; ces œufs mortels à l'intérieur desquels on a ces créatures qui vont totalement intégrer, de façon extrêmement agressive, la société dans laquelle ils sont lâchés.»

Dire que Prometheus était attendu est un euphémisme. Les paroles de Ridley Scott avaient tout pour faire saliver et les images et les diverses bandes-annonces laissait juste présager le meilleur film de l'année 2012. Si l’on ajoute à cette équation le fait que Scott a signé Blade Runner et Alien, ce retour à la science-fiction s’annonçait comme un véritable choc cinématographique, de ceux que l’on en a rarement. Alors, Prometheus allait-il pouvoir faire face à une telle attente ? De toute évidence, non. Au demeurant, il y a de fortes chances pour qu'il s'inscrive dans le temps, car comme nous le verrons ses qualités sont nombreuses, trop pour que les défauts, bien présents, lui nuisent sur le long terme.

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Elizabeth Shaw (Noomi Rapace) et Charlie Holloway (Logan Marshall-Green), dans le cadre d’une mission archéologique, découvrent dans des pictogrammes tracés par différentes et anciennes civilisations des indices amenant à un même emplacement situé aux confins de l'espace. Afin de vérifier leur théorie les amenant à croire qu'en ce lieu ils trouveront une réponse sur l'existence de l'humanité, ils arrivent à convaincre les industries Weyland de financer une mission d’exploration...

Comme beaucoup le savent déjà, Prometheus est né de l'envie de Ridley Scott de raconter le mystère qui entoure le Space Jockey vu dans Alien, le huitième passager, et le fort désir de la Fox de redonner vie à sa franchise. Mais au fur et à mesure de l'écriture, Ridley Scott et Jon Spaihts ont digressés pour finalement accoucher d’une histoire originale. Damon Lindelof (la série Lost, Cowboys et Envahisseurs) se serait joint à eux pour développer le récit et cette nouvelle mythologie. Pour autant, c'est en ce côté hybride que se situe le plus gros des problèmes, un peu comme si, prisonniers du cahier des charges initial, Scott et ses scénaristes se sentaient obligés de faire des références à Alien. Ainsi, on ne sait jamais vraiment s'il faut ou pas se référencer à la saga des Aliens, car si plein d'éléments viennent à y faire échos (Les Space Jockey, des décors, Weyland, et quelques autres composants), beaucoup d'éléments amènent une multitude d'incohérences et pas seulement dans le cadre des Aliens Versus Predator, mais aussi par rapport à la franchise elle-même. A un tel point que l’on imagine bien Prometheus comme les stigmates d'un futur reboot d'Alien, pour évoluer de son côté, en toute indépendance. Cela occasionne une gêne qu'il est très difficile de mettre de côté. D'autant plus que, comme nous le verrons, Prometheus pourrait tout aussi bien se voir lié avec Blade Runner et quelques-unes de ses thématiques.

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Pourtant, la première partie du film se pose comme un sans faute. S’il y a bien le nom de Weyland qui est évoqué, il est le seul élément de rappel, et on se laisse guider par cette histoire aux thématiques profondes et adultes,  tout comme l’on est émerveillé par la splendeur visuelle. Complètement ensorcelé, pendant une longue période, on se croit être face à la perfection, devant un film qui pourrait marquer son époque autant que ne l’avait fait en son temps 2001, l'odyssée de l'espace. Oui, rien que ça ! La première faute de gout arrive brutalement, comme une erreur de collégien, quand les personnages se séparent sans grande logique, se soumettant à un artifice scénaristique ridicule, et donnant juste l'impression de servir d’introduction forcée à deux scènes fortes. L'une voulant faire référence à Alien, l'autre offrant une séquence grand spectacle mémorable, mais au final ne servant en rien l'intrigue. Pour autant le film regagne la confiance en s’aventurant dans une direction inattendue. Prometheus n'est pas un film d'horreur, ni un film d'action, mais un vrai film de science-fiction avec une thématique profonde autour de la création, en cela il se fera tout aussi bien l'écho de Blade Runner que d'Alien. Cette thématique vient tout aussi bien du personnage artificiel David (formidable Michael Fassbender) que d'autres pièces du puzzle sur lesquels je préfère vous laisser la découverte. Le mystère regagné, l'ambiance rétablie, nous nous replongeons dans un film qui aligne une multitude de réflexions et scènes marquant à jamais la rétine ou le cœur. Un passage se montre même aussi percutant que l'accouchement de John Hurt dans le premier Alien. Puis, alors qu'on aimerait que le film dure indéfiniment, les scénaristes semblent se rappeler que ce dernier devrait ne pas dépasser les deux heures, et qu'il faudrait à la fois donner des réponses aux diverses thématiques, mais aussi rappeler une fois de plus qu'on évolue dans la mythologie de l'Alien, et surtout amener ce pourquoi une partie des spectateurs se trouve dans la salle : la découverte d’un blockbuster. Cet éveil se montre tout aussi brutal qu'indigeste. D’un coup, l’on se retrouve dans un film mixte, cherchant à satisfaire le plus grand nombre, tout en sachant qu'à ce stade cela devient impossible. Les morceaux de bravoure s'enchainent, les images sont plus belles les unes que les autres, mais une multitude d'incohérences et de raccourcis apparaissent, cela même si, par intermittence, on découvre un passage nous rappelant que nous sommes devant un film ambitieux, au potentiel de chef-d’œuvre. Lorsque le rideau vient à tomber, on se rend compte que Prometheus avait tout du grand film, et qu'une grande partie de ses erreurs vient au final de son rattachement à Alien.

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Un Alien qui vient se rappeler jusque dans la musique de Marc Streitenfeld, puisque durant un court instant on trouvera une référence au travail de Goldsmith et à un autre à celui de Horner. Des rappels, sur le principe, inutiles, mais qui, une fois encore, se devaient d'être glissés, même furtivement, pour rappeler un rattachement à la saga. Pour le reste, la musique de Marc Streitenfeld est plutôt en bonne adéquation avec le film hormis peut-être sur un ou deux passages où elle est peut-être trop mise en avant par rapport au contexte.

Reste que Prometheus mettra d'accord tout le monde sur la beauté des images. Il parait difficile de voir quelqu'un attaquer le film dans ce domaine. Prometheus est juste parfait en terme de conception d'image, que cela passe par le sens du cadrage, du rendu esthétique, qu'a la signification de tout ce qui est montré à l'écran. Ridley Scott est un génie dans ce domaine, et il est au sommet de son art sur ce film.

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Quant à l'interprétation, si elle se montre globalement de qualité. Michael Fassbender se démarque une fois de plus, pour amener son personnage au-delà de tous les autres et offrir une prestation aussi envoutante que mémorable, d'une richesse incroyable. Il est aidé, il faut le dire, par une écriture donnant l'avantage à son personnage. Noomi Rapace et Charlize Theron auront aussi pour eux de très grands moments et se montrent à la hauteur des attentes que l'on pouvait placer en elles. Seule semi-déception, un Guy Pearce trop effacé par un maquillage excessivement présent  - et surtout voyant - d'autant que son temps de présence à l'écran ne justifié pas forcément qu'il interprète Peter Weyland et qu'un Peter beaucoup plus âgé aurait apporté encore plus de crédibilité au personnage

Pour peu qu'un futur "director cut's" fasse son apparition (ou un montage corrigeant quelques questionnements), ou encore que le recul vienne à amoindrir la déception du moment, il n'est pas improbable que Prometheus grandisse dans le cœur des gens avec le temps et gagne un statut de film culte. S'il n’est pas le chef-d’œuvre de l'immédiat, le temps pourrait fort bien lui être propice.

80

De toute évidence, il est très dur de porter un avis définitif sur Prometheus, le film est bien trop riche scénaristiquement et visuellement pour être considéré comme une déception mais, en même temps il faut bien reconnaître que des erreurs sont bel et bien présentes, et que certaines, très maladroites, paraissent même impardonnables. Prometheus est un film hybride ou le mauvais n'arrive pourtant jamais à faire oublier l'excellence - tout de même majoritaire - où le mémorable se bouscule avec la déception et où le génie se mêle par moment à la maladresse du novice. Pour le reste, et parce qu'on a envie de voir la suite, courrez dans les salles de cinéma, car vous verrez rarement de la science-fiction aussi adulte, aussi pure que globalement marquante.

Critique de publiée le 29 mai 2012.

Que faut-il en retenir ?

  • Visuellement Parfait.
  • Une multitude de thématiques profondes.
  • Un enchainement de passages mémorables.
  • Michael Fassbender, une nouvelle fois exceptionnel.

Que faut-il oublier ?

  • Des raccourcis scénaristiques dignes d'un débutant.
  • Un film trop proche, ou trop éloigné d'Alien, du coup qu'on n’arrive pas forcément à situer.

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