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Critique du Film : Prometheus
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Critique du Film : Prometheus

Avis critique rédigé par Vincent L. le jeudi 7 juin 2012 à 1412

Un spectacle bancal...

Après avoir été malmenée par deux Aliens Versus Predator de bien triste mémoire, la saga Alien revient au cinéma presque trente cinq ans après sa naissance sous la houlette de son créateur. Ridley Scott, trente ans après Blade Runner et une filmographie pour le moins bancale, revient au genre qui a fait son succès et sa renommée : la science-fiction. Excellente nouvelle, et ce d'autant plus que ce qui devait être un préquel à Alien - Le huitième passager est finalement devenu un film dérivé se déroulant dans le même univers. Points communs entre Prometheus et son ainé : les Space Jockeys, aperçus au début du premier Alien, ainsi que la Weyland-Yutoni, compagnie phare dont la perfidie a traversé les trois premiers longs-métrages de la saga. Un programme réjouissant, en somme, point de départ de ce qui est annoncé comme une nouvelle saga ambitieuse, mais qui s'apparente au final bien malheureusement à un pétard mouillé.

Prometheus se trouve en effet en tout point plombé par un scénario franchement moisi. Difficile de dire s'il s'agit là uniquement d'un soucis d'écriture (ce qui est probable vu le pédigrée des deux scénaristes) ou si le montage à la pelleteuse a accentué tous les défauts structurels, mais force est de constater que le film ne raconte au final pas grand chose. Sur la forme, on est à mi-chemin entre l'aventure teintée de mysticisme (dans la première partie) et le film de monstres (par la suite), sans jamais que les deux parviennent à se marrier harmonieusement. Ainsi, si le début du film se base sur une histoire bien indépendante de celle d'Alien (comme cela était annoncé), la suite ne peut s'empêcher de faire des références pas très pertinentes à ses prédecesseurs via l'utilisation d'un bestiaire à la fois pas très inspiré (la bite de l'espace, notamment, est plus ridicule qu'effrayante) et trop proche de leur somptueux modèle (mais sans bénéficier du talent de Giger).

Les divers raccourcis et autres grosses facilités scénaristiques renforcent cette impression de ratage. En effet, Prometheus semble aligner les séquences sans se soucier d'une cohérence globale, comme autant de passages obligés pour satisfaire un cahier des charges qui serait trop conséquent pour tenir en seulement deux petites heures. Ainsi, si le flm s'appuie sur des thématiques assez intéressantes, il ne parvient pas à les traiter de manière convaincante (ne trouvant de réceptacle convaincant que dans les actions et interrogations du personnage de David), se devant d'enchainer les séquences plus grand-public, mal amenées et finalement peu intéressantes. En somme, si Prometheus s'appuie à la base sur de bonnes idées, il ne parvient jamais à trouver de traitement convaincant et souffre au final du syndrôme "soufflet", cherchant à être un spectacle intelligent et pertinent, mais s'avérant au final très creux du fait qu'il ne raconte rien et ne va jamais au bout de ses prétentions.

La chose est d'autant plus vraie que le scénario, qui se veut ouvert et propice à la réflexion (aucune vérité n'y est annoncée, seulement des suppositions et des théories), s'avère également sur-explicatif sur nombre d'autres aspects. Ainsi, au cas où on n'aurait pas bien compris la nature robotique de David dans les premières séquences, on en remet une couche afin de clairement signifier ce qu'il est dans un monologue assez poussif ; dans le même ordre d'idée, la relation liant les personnages de Vickers et de Weyland est sursignifié au cours d'une scène, juste au cas où on n'aurait pas bien saisi les nombreuses - et peu subtiles - allusions dans les séquences précédentes. Et ce ne sont là que deux exemples parmi de nombreux autres. Une fois encore, Prometheus a le cul entre deux chaise, tentant de jouer sur l'intelligence des spectateurs sans pouvoir s'empêcher de les prendre pour de parfaits abrutis incapables de comprendre un sous-texte pourtant très simple.

Ce sentiment se trouve renforcé par une galerie de personnage tous plus inintéressants les uns que les autres. Exception faite du personnage de David (qui bénéficie, de plus, du talent et du charisme de Michael Fassbender), nous avons ici à faire à des personnages stéréotypés qui ne parviennent jamais à sortir des archétypes dans lesquels ils sont enfermés. Il faut ainsi parfois se pincer devant l'ineptie des dialogues, des échanges et des réactions de cette équipe, pourtant constituée de scientifiques que l'on imaginait nettement plus fins (le fait qu'ils enlèvent systématiquement leurs combinaisons alors qu'ils se pensent en situation de contamination est un grand moment de n'importe quoi) ou de militaires que l'on pensait bien plus futés (qui vont, par exemple, bêtement à la recherche de leurs coéquipiers disparus sans jamais penser à visionner les vidéos enregistrées). Dommage, car le casting s'avère quant à lui plus que correct, et ce même dans cet exercice difficile.

Niveau mise en scène, rien de très réjouissant à l'horizon ; on aura ainsi connu Ridley Scott bien plus inspiré, Prometheus souffrant d'une réalisation terne sur de nombreux aspects. Certes, Scott sait filmer de belles images (c'est indéniable), et l'esthétique générale du film s'avère assez sympathique, mais on est loin d'être en face d'un travail réellement abouti. Là encore, difficile de dire s'il s'agit de réelles erreurs ou si le travail du réalisateur a été saboté par un montage destructeur (on imagine aisément que la première version devait durer bien plus longtemps et qu'il a fallu couper pour que tout puisse tenir en deux petites heures), mais au final, force est de constater que Prometheus souffre d'une qualité qui s'amenuise petit à petit, commençant plutôt bien avant de s'enfoncer dans les méandres de la médiocrité (notamment lors de toute la séquence finale), les divers effets de styles ne faisant que renforcer les nombreuses faiblesses du script.

Ainsi, si la scène de la césarienne fait clairement son petit effet en terme d'efficacité cinématographique, elle amène par la suite à nombre de situations rocambolesque qui mettent à mal ce qui pouvait rester de la crédibilité du film (piquer un sprint avec des sutures toutes fraiches ? Pas de soucis !). Dans le même ordre d'idée, outre le fait de mettre en boite quelques séquences chocs destinées à justifer d'un budget conséquent, on peut se demander quel est l'intérêt d'éjecter un personnage et son "canot de sauvetage" séparément. On pourra enfin pester contre le fait que le seul Ingénieur présent dans Prometheus s'apparente simplement à un gros bourrin uniquement destiné à faire accélerer les choses pour arriver au plus vite au dénouement du film. Globalement, Ridley Scott a donc sacrifié la cohérence globale de son film pour faire des belles scènes, le rendant de fait sacrément crétin dans sa forme.

Et que dire des nombreuses incohérences et autres faux-raccords qui plombent le film, là encore témoin de coupes drastiques ? Il y a certes quelques soucis de partis pris très discutables (pourquoi mettre des portes automatique si c'est pour les laisser entrouvertes afin de s'offrir le luxe d'un ou deux beaux plans de caméra ? Pourquoi prendre un acteur jeune si c'est pour le grimer en vieux, qui plus est avec un maquillage bien peu crédible ?), mais on notera surtout des erreurs de scripts parfois monumentales (à l'image de l'Ingénieur, lors de la séquence finale, qui a finalement du rapetisser pour réussir à circuler dans la navette de secours sans se pencher et passer entre des portes à dimension humaine) ou des situations rendues peu crédibles du fait de la réalisation (comment les scientifiques peuvent-ils se perdre alors même que les divers plans ne montrent que des lignes droites ? Mais où sont passés tous les autres membres d'équipages ?)

La conclusion de

Trente ans après Blade Runner, Ridley Scott revient au registre qui a lui a offert reconnaissance et renommée pour nous offrir une fable aussi creuse que boursouflée d'importance. Non pas que le film n'ait rien à dire, ni que son parti pris soit forcément criticable, mais son scénario s'avère lacunaire sur tellement de points qu'il parvient à annihiler toutes les bonnes intentions que l'on peut percevoir par ci par là. Au final, Prometheus s'apparente donc à un ratage structurellement trop faible pour pouvoir rivaliser avec ses ainés. Une déception en somme.

Que faut-il en retenir ?

  • Un casting qui tient la route,
  • Le personnage de David,
  • Quelques séquences efficaces,
  • Un parti pris général différent de celui d'Alien.

Que faut-il oublier ?

  • Une histoire creuse,
  • Beaucoup de faiblesses scénaristiques,
  • Des personnages sans intérêt,
  • Des incohérences à la pelle,
  • Une réalisation pas très inspirée,
  • Sombre parfois dans le ridicule.

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