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Critique du film : The host #1 [2006], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 8 décembre 2006 à 14h45

Le dragon de la rivière Han

L’une des berges de la rivière Han sert de lieu de détente et de pique-nique à la tranche populaire de la population de Séoul. Un matin, quelques badauds présents sur les lieux remarquent une étrange et gigantesque forme visqueuse accrochée sous un pont. Soudain, la bête plonge dans la rivière avant de ressortir sur la berge. Elle se met alors à poursuivre et déchiqueter les pique-niqueurs affolés, puis s’empare de la jeune Hyun-seo avant de replonger sous les flots avec sa proie. Tout d’abord effondrés, les membres de la famille de la jeune femme décident alors de respecter une ancienne tradition tribale en allant traquer le monstre pour le détruire…
The Host débute comme un typique film de genre - de type catastrophe écologique - des années 50 mâtiné d’éléments de cette culture manga qui affectionne tant la mise en scène de plaisanteries potaches et de scènes familiales caricaturales. Le film se poursuit d’ailleurs tout du long sur la même variation de ton- comme si Roger Corman s’était soudainement décidé à tourner pour la Toho sans se décider à oublier sa culture anglo-saxonne - alternant les moments horrifiques et la comédie hystérique asiatique avec une étonnante aisance. Une originalité narrative qui donne au film un balancement rythmique naturel et extraordinairement agréable. Et rien qu’à ce niveau d’analyse, le film mérite d’être vu car il s’élève bien au dessus des films de monstres de ces dernières années. Aussi, lorsque l’on prend conscience des multiples niveaux de lecture que propose ce petit bijou de film fantastique, on a presque envie de crier au chef d’œuvre.
Car en plus d’être une œuvre de divertissement pleine de punch, de rythme et de rebondissements délirants, The Host est un film sacrément intelligent. En effet, Joon-ho Bong profite de l’occasion pour jeter un regard critique sur la société qui l’entoure. Sur l’envahissante ‘’coopération’’ américaine tout d’abord. Sans méchanceté, il attribut une partie des malheurs de la Corée du Sud à l’incompétence et le manque de maturité de ces encombrants amis américains. Responsable de la pollution de la rivière et de la mutation ayant engendré ce monstre absolument ridicule, la conscience ‘’yankee’’ essaye même de se racheter de manière complètement puérile par l’intermédiaire d’un jeune américain crétin qui se jette héroïquement sur la créature pour se faire bouffer en deux bouchées. Cette hilarante métaphore met en avant l’esprit cynique et le sens de l’ironie d’un réalisateur qui se veut irrévérencieux.
Cependant, il est loin d’être xénophobe, et Joon-ho Bong s’attache également à chahuter quelques peu les valeurs traditionnelles de son pays, ainsi que le fatalisme et la naïveté de ses compatriotes. Il nous offre une vue acide sur la Corée populaire avec la mise en scène de personnages minables mais extraordinairement attendrissant qui se réfugient dans les seules valeurs qui sont, à leurs yeux, les symboles majeurs de leur émancipation : le tir à l’arc et les téléphones portables. Lorsque l’on sait ce que représente dans cette société ces deux icônes bien différents de part leur nature, mais rares éléments de fierté d’un pays meurtri par un conflit fratricide, l’on se mieux compte de la portée de sa démarche. Alors, pour Joon-ho Bong, est-ce que ce monstre amphibien cruel ne serait-il pas tout simplement le symbole des implacables holding américano-coréens qui dévorent le cœur de la société coréenne, à savoir sa classe laborieuse? Pourquoi pas…
L’une des autre force de The Host est la qualité d’interprétation. Tous les comédiens de ce film sont extraordinaires d’énergie et de charge émotionnelle. Tour à tour hilarants, émouvants, pathétiques et revigorants, Song Kang-ho et ses camarades rayonnent à l’écran et attribuent au film un petit plus qu’il n’avait, de plus, pas réellement besoin. Mais c’est si agréable lorsque c’est quasi-parfait ! Ma préférence va vers Park Hee-bong, le doyen de cette famille qui va entreprendre une douloureuse aventure de groupe. Une sorte extraordinaire personnage Shakespearien comme les affectionnait tant un certain Kurosawa.
Au niveau de la réalisation, si les prises de vue restent dans les standards du film de genre – en dehors du fait que le réalisateur choisit de désamorcer l’effet du non vu en dévoilant dés les premières minutes la nature du monstre –, le montage est d’une limpidité absolue malgré le traitement sur plusieurs axes, et c’est cela qui a retenu toute mon attention. L’amateur (et le professionnel) y trouvera une leçon de rythmique qui n’est pas sans me rappeler le style narratif d’un certains Steven Spielberg, notamment dans l’équilibre entre les plans d’exposition et les cadrages serrés, mais de manière plus moderne, avec des durées de plan plus courtes.
11 millions de dollars, ce n’est pas énorme mais cela a suffit pour mettre en œuvre des effets spéciaux sobres mais quasi omniprésents dans la retouche d’image et dans la création d’une convaincante créature amphibienne peu probable et bien dégoûtante. Très souvent exposé, le monstre se souffre guère de problème de proportions au fil des plans et même si l’on peut chipoter en dénichant une ou deux anicroches dans les inserts, les effets numériques de The Host peuvent rivalisés sans crainte avec les productions américaines.
Alors, que peut-on reprocher à ce film ? On pourrait peut-être tiquer sur une sorte de happy-end bouddhiste, reflet de la conciliante idéologie qui régit l’existence des Coréens. Une métaphore que nombre d’occidentaux peuvent avoir du mal à assimiler et qui ressort par cette projection affective que bon nombre de nos concitoyens pourraient trouver précipitée et déplacée. L’exubérance théâtrale de la comédie asiatique qui surgit de temps à autre – à la manière d’un hommage – peut également laissé perplexe ou dubitatif.

La conclusion de à propos du Film : The host #1 [2006]

Nicolas L.
95

The Host est un petit bijou de série B de luxe. Honorant les cadres du genre tout les secouant un peu, franchement intelligent et doté de plusieurs niveaux de lecture, le film de Joon-ho Bong renouvelle un genre essoufflé et cela fait franchement du bien ! Les plus chipoteurs pourront reprocher au film deux ou trois petites choses, mais de mon coté, j’ai pleinement adhéré à la démarche de ce talentueux cinéaste. Et je me suis régalé

Que faut-il en retenir ?

  • Scénario à plusieurs niveaux de lecture
  • Réalisation et montage efficace
  • Effets numériques convaincants
  • Alternance de ton vraiment surprenante
  • Interprétation de haut vol

Que faut-il oublier ?

  • Quelques petits écueils culturels qui peuvent en déranger certains.

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