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Critique du Roman : La Glace et le Feu
La Glace et le Feu >

Critique du Roman : La Glace et le Feu

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 21 mars 2007 à 1521

Fond baptismal d’un monument littéraire ?

Du coin de l’œil, Will discerna néanmoins un mouvement. Des formes blafardes se faufilant à travers les bois. En un sursaut, il eut juste le temps d’entr’apercevoir au sein des ténèbres une ombre blême. Puis, plus rien. Batifolant toujours avec le vent, les branches persistaient à s’égratigner les unes les autres, paisiblement, de leurs griffes sèches. Will eut ouvrir la bouche pour jeter l’alarme, il eut l’impression que les mots se gelaient dans sa gorge. Puis, peut-être se trompait-il ? Peut-être ne s’agissait-il que d’un oiseau ? d’un simple reflet sur la neige ? d’un banal mirage dû à la lune ? Il n’avait pas vu grand chose, après tout…
La Glace et le Feu, premier volet de la saga du Trône de Fer, raconte, entre autres, de manière très précise, avec un style détaillé et classieux, un instant de vie de la famille Stark, une noble lignée de chevaliers siégeant dans le château de Winterfell, au nord du Royaume des Sept Couronnes. L’instant choisi n’est pas hasardeux, puisque l’auteur George R.R. Martin amorce son récit à l’entame d’un hiver qu’il annonce comme long et mortellement froid. Un hiver de plusieurs années qui va plonger le monde sous un manteau de glace mais mettre le feu dans le cœur des Hommes.
Le Trône de Fer est une œuvre de low fantasy, c'est-à-dire qu’elle n’embrasse guère les styles narratifs propres au genre faërie mais qu’elle utilise plus volontiers les mécaniques narratives des romans historiques traitant de la période médiévale. Bien entendu, le royaume des Sept Couronnes n’existe que dans l’imagination de l’auteur, mais ce dernier met une telle conviction dans son récit et un tel détail dans l’exercice descriptif que l’on finit par y croire. Les aspects fantastiques apparaissent de manière détournée, à travers les interventions des personnages, et de part leurs propos, ancrés dans les croyances des gens de l’époque médiévale. Donc, si l’on entend beaucoup parler de tarasque, de dragons, de fantômes et de loups-garous, le lecteur n’en verra point. Du moins pour le moment.
Ainsi, La Glace et le Feu se rapproche plus des Rois Maudits que du Seigneur des Anneaux. Excepté dans le domaine de la richesse conceptuelle, car ce livre est un véritable canevas de personnalités, de rivalités et de liens de sang et de stupre. Dans ce livre, le lecteur va trouver un véritable univers, plein de vie, avec une myriade de personnages qui se croisent, se détestent et s’aiment d’un amour sincère. La pierre de chape du récit est la famille Stark, avec le rude et fier Eddard, qui accepte, par amitié et respect envers son roi, un poste de Main du Roi (sorte de Grand Connétable) en remplacement d’un ancien décédé de manière suspecte.
En compagnie d’Eddard et de ses proches, le lecteur va alors pénétrer dans l’entourage du roi Robert, une véritable fourmilière de parasites, larbins, putains et conspirateurs. Et il va devoir faire preuve d’attention. Car, en raison de sa complexité, en plus d’une écriture loin d’être primaire, La Glace et le Feu est assez délicat à lire. Il y a tellement de personnages (de construction Shakespearienne en général) que l’on finit par ne plus savoir qui est qui, et il faut parfois revenir en arrière pour se remémorer tel ou tel protagoniste. On n’est pas dans le Silmarillion, mais l’on n’en est guère loin ! C’est le prix à payer pour profiter pleinement de l’œuvre, car si l’on fait l’effort nécessaire, ce roman devient un réel bonheur. Construit souvent sur plusieurs niveaux de sensibilité, aucun personnage ne se ressemble, les intrigues se démultiplient au cours de la narration, et l’on finit par sérieusement s’attacher à bon nombre de protagonistes importants. Le plus intriguant est probablement Tyrion Lannister, un nabot difforme et verbeux, beau-frère du roi et conspirateur à ses heures. Mais peut-être beaucoup moins vil que l’on ne pourrait le croire.
Au niveau du ton, George R.R. Martin utilise un style très adulte, et il n’hésite guère à plonger le lecteur dans le sordide pour décrire les exactions de certains de ses personnages. Assassinats, meurtres d’enfants, empoisonnements sont autant de vilenies que l’on peut trouver au cours de la lecture et l’auteur les détaille froidement, avec un traitement utilisant souvent comme point du vue la victime elle-même. Dérangeant mais sacrément efficace ! Cependant, ce roman ne se contente pas d'être un unique condensé d’intrigues de couloirs et de complots, c’est également un magnifique récit épique emprunt de chevalerie et d’exotisme. Dans La Glace et le Feu, les actes héroïques et sauvages sont aussi passionnants que les conciliabules de couloir. Et c’est cela qui fait que c’est un très grand roman !

La conclusion de

La Glace et le Feu est pour moi une révélation littéraire. Une véritable gifle. Cela faisait vraiment longtemps que je n’avais pas autant accroché à une œuvre romanesque. Ce livre a tout pour plaire : une richesse descriptive exceptionnelle, une écriture adulte et recherchée, une multiplicité des intrigues étonnantes et une myriade de personnages tous aussi intéressants les uns que les autres. Et, cerise sur le gâteau, une atmosphère unique et enivrante, qui au fil des pages, finit par totalement vous ensorceler. Si le reste est à la hauteur de ce premier tome (ce que j’espère de tout cœur), George R.R. Martin va sûrement accéder au panthéon des grands auteurs fantasy, en compagnie de J.R.R. Tolkien, Fritz Leiber, Michael Moorcock ou Jack Vance

Que faut-il en retenir ?

  • Une richesse narrative et une précision descriptive exceptionnelle
  • Une atmosphère envoûtante
  • Une myriade de personnages intéressants ou attachants
  • Multiplicité des intrigues
  • Une véritable sensation d’authenticité

Que faut-il oublier ?

  • Ecriture travaillée, demandant une (petite) maîtrise des techniques de lecture

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