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Critique du Roman : Perdido Street Station, Tome 1
Perdido Street Station, Tome 1 >

Critique du Roman : Perdido Street Station, Tome 1

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 11 septembre 2006 à 0605

La New Weird Science ou l’anti-Tolkien

Quand la salive fut sèche, elle se dégagea. Au moment d’écarter sa tête de la jambe à moitié terminée, elle sentit une adhérence de mucus s’étirer et claquer. Elle se pencha sur le coté puis se figea, pressant la pâte restante à travers sa glande. Le bas-ventre nervuré de son corps céphalique abandonna sa forme distendue pour prendre des dimensions plus normales. Un gros serpentin de salive blanc goutta de sa tête pour aller s’enrouler sur le sol…
China Tom Miéville est un personnage complexe. Fils d’hippies londoniens, auteur, ethnologue, diplômé en droit, militant politique, pédagogue reconnu, le britannique qui se dit détester Tolkien est un individu à multiples facettes. Et sa diversité intellectuelle ne peut que se ressentir à travers ses œuvres. Perdido Street Station est donc, par conséquence, un roman atypique, désorientant. Dés les premières pages, on a un peu l’impression d’assister à une escapade d’un William Burroughs sous acide dans l’univers d’un Fritz Leiber en pleine déprime, avec toutes les dérives hallucinatoires que cela insinue.
Prenant comme base de départ une cité bigarrée et cosmopolite, conglomérat de ghettos, de zones industrielles polluées et de docks fluviaux puants, Miéville construit ensuite une histoire à multiples visages concentrée autour de personnages atypiques, à la forte personnalité, à la psychologie marquée, et à l’opinion politique bien définie – n’oublions pas que China Miéville est un militant socialiste très actif. Comme, de plus, l’auteur n’oublie pas son goût pour les histoires horrifiques à forte senteur Lovecraftienne, on obtient au final un mélange étrange d’éléments sociologiques, naturalistes, physiques, steampunks, gothiques, fantasy, et horrifiques. Un univers déganté et baroque, orienté vers le cauchemardesque, un peu à la manière de ce qu’avait créé Dan Simmons dans l’univers SF de son cycle d’Hypérion.
De ce résultat alchimique improbable ressort la ville et la populace de Nouvelle-Crobuzon, un réservoir multi-communautaire de personnages originaux et forts bien décrits. Plongées dans cet univers déprimant et cet environnement glauque et pollué, les créatures pensantes qui peuplent la cité n’en ressortent que plus étranges. Miéville montre à cette occasion son goût pour le morbide et le cauchemardesque. Femmes-cafards, hommes-batraciens, diablotins volant scatophiles, cactus humains, sont des exemples des différentes ethnies qui peuplent la cité, aux cotés des humains et des créatures puzzles que sont les Recréés. Même la beauté se retrouve pervertie, avec cet homme-oiseau, par définition symbole de liberté et de grâce, qui se retrouve avili par ses ailes arrachées. Miéville pousse même le bouchon jusqu’à nous faire rencontrer un ambassadeur des Enfers, créature multiforme aux ambitions mal définies.
Mais n’oublions pas qu’en plus d’être une parade monstrueuse digne de Freaks, Perdido Street Station est également un thriller horrifique fortement réussi. Cet aspect n’apparaît en fait qu’à partir du dernier tiers du roman – nommée Métamorphoses -, les deux premières parties étant surtout consacrées à une longue – mais très excitante - présentation de la cité, des principaux protagonistes de l’histoire, et à la mise en place des différents éléments qui vont activer le déclenchement de l’horreur pure. Certains personnages restent encore un peu à l’écart, mais on se doute bien qu’ils auront leur mot à dire dans cette histoire à l’occasion du tome 2.

La conclusion de

Tout auréolé de ses prix Arthur C. Clarke et Bristish Fantasy Award – le roman a de plus été nominé pour le prix Hugo, Nebula et World Fantasy -, Perdito Street Station est un véritable coup de pied dans la fourmilière anesthésiée de la fantasy actuelle. Mixant de manière efficace toutes ses influences (de Mervyn Peake à William S. Burroughs, en passant par Philipp K. Dick, Clive Barker et Howard P. Lovecraft), China Miéville arrive à obtenir une œuvre passionnante et sacrément personnelle. Un roman que, une fois dévoré, l’on n’est pas prêt d’oublier.

Que faut-il en retenir ?

  • Histoire originale et monde électrisant
  • Style élégant, très britannique dans l’esprit
  • Une galerie de monstres extraordinaire
  • Atmosphère étrange et envoûtante.

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