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Critique du Film : Assassin's Creed
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Critique du Film : Assassin's Creed

Avis critique rédigé par Bastien L. le samedi 24 décembre 2016 à 00:03

Nouveau saut de la foi pour le jeu vidéo

Alors que les adaptations de jeux vidéo en films se traînent une mauvaise réputation (totalement justifiée avouons-le...) depuis près de 30 ans, deux nouveaux venus assez sérieux tentent de redresser la barre cette année : Warcraft : Le commencement qui s'en est sorti honorablement et Assassin's Creed en cette fin d'année.

La série de jeux vidéo Assassin's Creed est incontestablement une des plus populaires de ces dernières années inondant le marché d'environ 20 jeux en à peine dix ans... Une œuvre à l'identité forte qui a fait, entre autres titres, d'Ubisoft un éditeur majeur dans le paysage vidéo-ludique actuel. L'éditeur français pensa d'abord confier les soins d'une adaptation à un studio chevronné avant de décider qu'il était plus sage de superviser lui-même la production du film. Une réaction compréhensible après l'adaptation de Prince of Persia n'ayant pas réussi à attirer les foules, malgré un résultat assez honnête mais oubliable. La firme française a donc choisi la coproduction aux côtés notamment de Regency et de la Fox pour la distribution. Très tôt, l'acteur Michael Fassbender se greffa au projet auquel il participe en tant que producteur. Le projet attire ainsi des vétérans à la production tels que Frank Marshall ou Arnon Milchan. Fassbender semble aussi faire jouer ses relations puisque le réalisateur australien Justin Kurzel est nommé après que les deux hommes aient travaillé ensemble sur Macbeth (2015). Kurzel apparaît comme un choix sérieux sachant traiter de la violence après ses Crimes de Snowtown (2011) et a de l’expérience sur des films d'époque après son adaptation de Shakespeare. Adaptation dans laquelle participait Marion Cotillard qui rejoint elle aussi le projet tout comme un casting solide composé de Jeremy Irons, Brendan Gleeson ou Denis Ménochet... Pour terminer, je dois avouer être un grand amateur de la saga bien qu'ayant fait seulement les quatre premiers épisodes principaux (jusqu'à Revelations) et quelques spin-offs.

Le film n'est pas une adaptation directe du premier Assassin's Creed paru en 2007 bien qu'il partage de nombreux points communs. L'histoire du film est celle de Callum Lynch (Michael Fassbender) qui est issu d'une famille d'assassins mais à mal tourné depuis que son père a éliminé sa mère... Il débute le film en prison et se prépare à son exécution qui ne sera qu'une mise en scène pour le faire emprisonner dans les locaux de la société Abstergo à Madrid où la scientifique Sophia Rikkin (Marion Cotillard) va l'utiliser dans ses recherches financées par son père, président de la société (Jeremy Irons). Callum est gardé prisonnier dans ce lieu étrange car il est le descendant direct d'un Assassin de la fin du XVème siècle étant le dernier homme connu à avoir posséder un artefact nommé la Pomme d'Eden censé renfermer les premiers germes de la désobéissance ainsi que le libre-arbitre chez les êtres humains. On apprend aussi qu'Abstergo travaille pour l'Ordre des Templiers souhaitant récupérer cet artefact pour contrôler les hommes, alors que Sophie pense qu'il pourrait stopper toute violence sur Terre. Dans les locaux d'Abstergo, Callum va aussi découvrir de nombreux membres de la Confrérie des Assassins enfermés qui ne voient pas d'un bon œil son arrivée. En effet, Callum doit replonger dans les souvenirs de son ancêtre Aguilar (Michael Fassbender toujours) afin de livrer des informations sur la localisation de l'artefact. Il va pouvoir se synchroniser avec la mémoire de son ancêtre, présente dans son ADN, grâce à une machine mise en point par Sophie, l'Animus. La machine va le faire revivre les événements de la prise de Grenade en 1492 et la mainmise de l'Inquisition sur l'Espagne à la même époque.

Adapter la licence Assassin's Creed en film(s) était autant une bonne idée qu'un projet très difficile, pour ne pas dire casse-gueule. Les jeux sont avant tout des open-worlds qui sont passionnants pour la liberté qu'ils offrent et l'aspect reconstitution historique très dépaysant. Néanmoins, ils disposent d'histoires vraiment travaillées avec des personnages charismatiques et un concept de science-fiction très fort : revivre la mémoire de ses ancêtres. Malheureusement, les joueurs ont toujours préféré les passages (très majoritaires) dans le passé que ceux dans le présent (très minoritaires donc). Le film se concentre ainsi beaucoup plus sur le présent et les passages dans le passé sont plus minoritaires en temps de présence. Cela offre au scénario tout le loisir de se perdre dans une intrigue cousue de fils blancs où les incohérences deviennent rapidement grossières et les motivations des personnages perdent en clarté. Ce qui était accessoire dans le jeu vidéo (la quête de la Pomme d'Eden, la lutte contemporaine entre Assassins et Templiers...) devient ici central et s'en retrouve finalement très confus. Au fur et à mesure que l'intrigue avance, on se pose beaucoup de questions puis on abandonne finalement pour se concentrer sur autre chose...

Vu la manière dont Ubisoft a chapeauté la production du film, il est donc logique que le film respecte vraiment l'univers des jeux. A l'image de Warcraft : Le commencement, cette adaptation est vraiment fidèle aux jeux et saura faire plaisir aux fans. Mais contrairement à Warcraft qui a proposé une histoire d'heroic-fantasy très (trop?) classique pour contenter tout le monde, il n'est pas sûr qu'un néophyte à la licence Assassin's Creed puisse accrocher autant que quelqu'un qui connaît déjà la licence... Mis à part cet accroc, l'esprit et la trame principale des premiers jeux sont ici bien respectés avec les allers-retours entre passé et présent et la plongée dans une époque lointaine. Le seul véritable reproche qu'on pourrait faire en tant que fan est que l'aspect uchronie de la licence est complètement survolé et que les personnages historiques très connus sont quasiment absents du film (si ce n'est un qui apparaît très brièvement) alors qu'ils étaient vraiment dans le cœur des intrigues des jeux. Le connaisseur de la licence sera donc en terrain connu avec une direction artistique faisant furieusement penser aux jeux mais aussi quelques personnages déjà connus et bien sûr cette lutte millénaire entre Assassins et Templiers... Et comme d'habitude, les passages dans le passé sont les meilleurs moments. Néanmoins, il faut avouer que le film ajoute une véritable plus-value : l'Animus. Il s'agit ici d'une sorte de grand bras mécanique permettant à Callum de se mouvoir comme son ancêtre tandis que Sophia peut visionner ce qu'il se passe. Cela est bien plus cinématographique que l'espèce de couchette des jeux qui était plus une parabole sur le joueur dont la console le plonge dans des univers complètement différents.

Le film se divise ainsi entre le présent et le passé. Le premier est vraiment plus axé sur les dialogues et la confrontation psychologique entre Callum et Sophia puis avec son père Alan Rikkin sans oublier les autres Assassins prisonniers. Le passé se concentre complètement sur l'action d'Aguilar qui n'a de cesse de se battre contre les Templiers/Inquisiteurs. Le présent n'arrive pas à se montrer passionnant malgré des thèmes intéressants survolés comme l'origine et l'hérédité de la violence, l'importance du libre-arbitre et les différents moyens de contrôler les masses. Mais cela est noyé dans des dialogues sibyllins histoire de forcer plus que de raison le mystère entourant un scénario qui, défaut récurrent dans les blockbusters en ce moment, prépare trop une éventuelle suite. On apprécie plus les dommages psychologiques que l'Animus fait à Callum mais qui sont, encore une fois, mal exploités. Les parties du film dans le passé sont bien plus réjouissantes car il s'agit très souvent d'action débridée mélangeant parfaitement ce que proposent les jeux : du parkour et des combats assez sanglants à l'arme blanche avec un certain sens de la verticalité... A ce niveau-là, les fans sont servis tant les scènes d'action sont dantesques en proposant des combats très bien chorégraphiés et des scènes de poursuites haletantes. Le blockbuster sait ici en mettre plein les yeux. Quelques scènes d'action sont présentes dans les bureaux/prison d'Abstergo mais sont un peu gâchées par l'absence totale d'armes à feu dans une prison contenant de dangereux Assassins... Un parti pris difficilement justifiable.

D'une manière globale, la direction artistique du film est de qualité même si elle pourra être discutable selon le point de vue. Dans le présent, tout est très propre, assez clinique, avec cet aspect science-fiction discret mais efficace. Dans le passé, le film est saturé de nuages et de teintes orangées-marrons qui augmentent le dépaysement. Néanmoins, certains pourraient trouver l'ensemble trop surchargé. On sent que les images ont été beaucoup retouchées mais jamais au détriment de la lisibilité de l'action. Les meilleurs moments du film sont clairement quand Callum et Aguilar réalisent les mêmes mouvements dans le présent et le passé. A chaque instant, on sent que le film est une grosse production et cela se ressent d'autant plus au niveau des décors comme des magnifiques costumes. On apprécie aussi grandement la reconstitution impressionnante de l'Andalousie de la fin du XVème siècle. On se fiche bien de savoir si elle est correcte historiquement tant le dépaysement proposé est grisant. On apprécie aussi le choix de faire en sorte que tous les personnages parlent espagnol dans le passé, chose assez rare dans les blockbusters américains. Un des gros défauts du film est clairement sa musique peu inspirée que l'on doit à Jed Kurzel (frère de...) et un mixage sonore bien trop agressif par moments...

Le résultat vraiment moyen d'une telle production est dommage vu la présence de ces véritables talents pour le faire exister. Le réalisateur Justin Kurzel montre clairement qu'il est bien plus qu'un yes-man avec une vraie personnalité qui filtre souvent des images et un talent certain pour filmer des scènes d'action. Le réalisateur a su rendre les combats âpres et intenses tout en peignant de véritables peintures dans son traitement du passé. On sent qu'il s'est fait bien plus plaisir qu'avec le présent où il y est plus académique tout en restant efficace. Le film pouvait aussi compter sur un impressionnant casting qui détonne un peu dans les adaptations de jeux vidéo par sa qualité sur le papier. Dans les faits, ils restent tributaires d'un scénario indigent mais s'en sortent quand même à commencer par Michael Fassbender (X-Men : Le commencement, Prometheus...) qui peut toujours s'appuyer sur sa classe naturelle et son physique crédible pour les scènes d'action. De son côté, Marion Cotillard (Big Fish, Inception...) incarne bien cette scientifique coincée entre sa volonté de progresser et un certain humanisme. Le film s'appuie aussi sur des performances solides d'acteurs confirmés à commencer par le calculateur Jeremy Irons (Une journée en Enfer, Batman v Superman...) ou encore Charlotte Rampling et Brendan Gleeson... La vraie découverte est plutôt celle de la française Ariane Labed (The Lobster, Voir du Pays...) qui est impressionnante en assassine implacable alliée d'Aguilar.

58

Sans être forcément mauvais, Assassin's Creed est une déception. On en attendait peut-être trop de cette adaptation de jeu vidéo qui n'arrive jamais à dépasser ce statut pour devenir simplement un bon film. La faute surtout à un scénario bâclé qui fait que les spectateurs s'en détachent vite pour profiter du spectacle. Le film de ce côté-ci s'avère divertissant comme un blockbuster lambda qui propose son lot d'action bien réalisé avec ce qu'il faut de mise en scène efficace. Heureusement que le casting prestigieux est à la hauteur de sa réputation. La place d'adaptation de jeux vidéo censée mettre tout le monde d'accord reste encore à prendre...

Critique de publiée le 24 décembre 2016.

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