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Critique de la Bande Dessinée : 300

Avis critique rédigé par Nicolas W. le mercredi 22 juillet 2009 à 14:29

300 guerriers d'exceptions immortalisés par l'art de Miller

« Que les âmes libres traversent ce lieu pour tous les siècles à venir que nos voix vous parviennent à travers les pierres sans âge. Passants, dîtes aux spartiates : Ici pour la loi Spartiate nous reposons »

« Nous avançons. Depuis ma Laconie...Depuis la Sparte sacrée...Nous avançons. Pour l'honneur...Pour la gloire...Nous avançons. »

 

480 avant J.C, à travers les paysages de la Grèce antique, 300 guerriers avancent. Accompagnés de quelques centaines d'autres grecs, Arcadiens ou encore Thespiens, les 300 marchent implacablement vers les Thermopyles. A leur tête, le roi Leonidas reste inflexible. Le roi perse Xerxès a entrepris de soumettre l'insolente contrée grecque et déferle vers Sparte et Athènes à la tête d'un million de guerriers. Seul ces Grecs, ces 300 et leur roi se dressent devant eux. Ils s'apprêtent à marquer l'histoire et devenir des légendes!

Frank Miller va prendre le parti de nous raconter la légendaire bataille des Thermopyles, fait historique à la base, où une armée composée de quelques centaines de grecs menés par les 300 guerriers spartiates du roi Leonidas va tenir tête à l'armée d'un million d'hommes du roi Xerxès en les canalisant dans l'étroit défilé des « Hot Gates ». Cependant, nous n'avons pas ici à faire à un livre d'histoire puisque Miller ne se sert de ce postulat de base que pour magnifier une épopée plus fantasy que réelle sur le courage de ces guerriers. En effet, on connaît déjà les penchants de Miller pour la sauvagerie, la noirceur et le clinquant à travers ses œuvres phares connues de tous que sont Sin City, Batman : Dark Knight ou en encore Ronin. Avec 300, Miller trouve un matériel qui lui permet de broder une fresque  à propos du courage et de l'honneur. Bien entendu, pour se faire, Il va imaginer une bataille antique à sa sauce : Le roi Leonidas devient donc un colosse héroïque dans la force de l'âge, les spartiates portent des capes rouges et des vêtements de cuir laissant saillir leur musculature, Xerxès devient un géant couvert de piercings et les perses amènent un tas de créatures tel que des éléphants pour faire plier les grecs.

L'ensemble de ces rajouts fantasy donne au final un comics résolument original, faisant fi de nombre de considérations historiques pour laisser libre cours à l'art graphique de l'américain puisque celui-ci est aussi au dessin...Un dessin rude et inégal d'ailleurs. Le format du comics permet d'étaler d'immenses planches et donne donc de prodigieuses scènes mais on remarque aussi qu'à certaines occasions le dessin est peu convaincant, trop peu précis, trop sommaire. Il ne s'agit pas là d'un dessin stylisé à la façon d'un Dave McKean et c'est surement le seul défaut du livre. Au contraire, Lynn Varley à l'encrage est parfait, les couleurs sont sublimes en surlignant le rouge des habits spartiates comme le sang au cours des batailles affichant bien haut les ambitions stylistiques de ce 300.

D'un autre côté, le comics est court et se lit rapidement, il tient en 96 pages, l'histoire est d'une efficacité à toute épreuve. Frank Miller dresse un portrait rapide du roi, de l'entrée en guerre de Sparte ou encore quelques scènes entre la reine et son mari d'une concision et pourtant d'une justesse qui force le respect. Il donne des scènes marquantes comme celle du jeune roi et du loup, de la « discussion » entre le l'émissaire perse et Leonidas ou encore la rencontre avec Xerxès, un face à face magnifique et à mourir de rire grâce à l'humour caustique de Leonidas face au roi perse. Cette concision et cette force dans la narration permet à l'œuvre de prendre toute son ampleur et d'en faire une fresque marquante au possible. Comme quoi, il vaut mieux faire court et bon que long et passable, et cela Miller l'a parfaitement compris.

Alliant à cette histoire une violence graphique de tous les instants, stylisée dans chaque confrontation entre les spartiates et les guerriers perses, codifiée comme pour en faire un film (Et ça tombe bien....), le lecteur est rapidement happé par le comics. Frank Miller y parle du courage de ces 300 hommes, de l'accomplissement d'un devoir et de la tenue de leur honneur qui permettra au final le ralliement de la Grèce dans son entier pour repousser l'envahisseur. Un souffle épique à nul autre pareil envahit les cases du livre, un souffle qui doit bien sûr beaucoup au propos mais surtout à un personnage hors du commun : Le roi Leonidas.

Car je finirais avec ce fameux Leonidas, revu et corrigé par Miller il devient un leader charismatique dans la force de l'âge là où l'histoire avait laissé un vieil homme à la tête de l'état de Sparte, un état où le guerrier est révéré, d'une brutalité souvent choquante puisqu'on y pratique l'eugénisme où les enfants difformes sont rejetés, ou encore l'Agogée où l'adolescent est livré à lui-même dans la nature pour devenir un homme, un véritable spartiate. Entre sauvagerie, réserve et honneur, Leonidas marque durablement le lecteur s'imposant comme un héros exceptionnel et dont le sacrifice consenti n'a d'égal que son art du combat. En un mot, une légende. Et par ces pages hallucinées et hallucinantes, la bataille des Thermopyles devient le fantasme guerrier ultime, une ode vibrante à l'honneur, au courage et à la liberté.

90

Si Frank Miller n'a plus rien à prouver au sein du monde du comics, 300 est une fois de plus la preuve indéniable de son talent. Féroce, guerrier, magnifique et tragique, il est l'expression du courage et du sacrifice vu à travers une bataille des Thermopyles, à la fois fantasme et réalité. Et longtemps resteront les mots issus de la plume de Miller dans l'esprit du lecteur qui prendra part à la grande épopée du roi Leonidas.

Critique de publiée le 22 juillet 2009.

Que faut-il en retenir ?

  • La Bataille des Thermopyles revue
  • La violence graphique et stylisée
  • Le ton résolument guerrier
  • Une histoire courte et efficace
  • Le Roi Leonidas
  • Les Rajouts Fantasy

Que faut-il oublier ?

  • Un dessin abrupt
  •  

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