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Critique du film : Indiana Jones et le Temple Maudit #2 [1984], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 16 mars 2007 à 16h49

Bienvenue à Indy Mountain

Suite à une rencontre tumultueuse avec un trafiquant d’objets d’art chinois, Indy se retrouve embarqué malgré lui sur un petit avion cargo rempli de volatiles tapageurs, en compagnie de son jeune ami asiatique Demi-lune et d’une chanteuse de cabaret pleurnicheuse. Un vol qui n’aura d’ailleurs pas le dénouement attendu, puisque l’avion, abandonné par ses pilotes, fini par se crasher au nord des Indes dans une odeur de poulet rôti, abandonnant à leur sort ce trio hétéroclite. Après quelques tribulations, ils aboutissent à un village d’autochtones et s’y entretiennent avec les anciens. Ces derniers leurs apprennent qu’ils sont les victimes d’exactions et de sévisses de la part d’une secte assassine qui a notamment enlevé leur idole et tous leurs enfants… Toujours aussi décidé à se mettre dans le pétrin, Indy décide d’aller jeter un œil du coté du repère présumé de ces sectateurs : le palais de Pankot…
Deuxième volet des aventures du plus pulp des héros qu’ait connu jusqu’à aujourd’hui le cinéma moderne, Indiana Jones et le Temple Maudit se voit l’occasion pour le duo Spielberg-Lucas de mettre en exergue les racines même du mythe. Car ce film, probablement le plus brut des trois, est un pur condensé culturel, un extrait essentiel fabriqué à partir des acquis cinématographiques et littéraires des deux wonderboys d’Hollywood. Si l’on devait se pencher uniquement sur le cœur même de l’intrigue et décortiquer plus avant la structure du récit, il faut avouer que l’on ne retirerait pas grand-chose. Le Temple Maudit est en définitif plus que linéaire, ne présente aucun défit narratif ni enjeu moral. Mais l’on aurait cependant tort de ne se consacrer qu’à l’unique analyse de cet aspect, car ce schéma ultra-conventionnel est assurément le résultat d’une volonté délibérée afin de pouvoir laisser la voie libre à un autre désir créatif, autrement plus jouissif aux yeux des auteurs : la renaissance d’un genre qui a bercé leur jeunesse.


En effet, s’il est certain que l’Arche Perdue présente de nombreux aspects communs avec les sérials des année 30-40, on peut toutefois, si l’on manque de connaissances sur le sujet, passer à coté de cet aspect référentiel. Il en est tout autre pour le Temple Maudit. Il est évident, même pour les moins avisés, que ce deuxième opus met en scène tous les éléments du roman d’aventures exotiques de la fin du 19ème siècle. Ces fameux livres de divertissement - assez colonialistes et d’ailleurs souvent xénophobes - qui ont fait la fortune et la gloire (tiens, cela me dit quelque chose) de Edgard Rice Bourroughs, Rudyard Kipling et autres H. Rider Haggard. Ces mêmes livres, qui racontaient fréquemment les aventures de héros blancs au grand cœur sauvant des griffes de sectes ou de sauvages mangeurs d’hommes une jeune damoiselle en péril, et qui ont inspiré les auteurs de pulps et de serials dés le début des années 20 (Jim la Jungle, Alan Quatermain, Tex, etc.).
Sorti de ce moule, Indy se veut donc un personnage monolithique, entraînant dans son sillage un traitement qui ne peut être que manichéen. Il est intéressant de noter que le scénario du Temple Maudit colle parfaitement au genre, jusque dans les moindres détails. Notamment dans le domaine du racisme crétin. On évolue en effet dans le pur domaine expressionniste des concepts de l’impérialisme britannique. Ainsi, les braves habitants du village sont des ahuris et des lâches, les Chinois des voleurs sans honneur et les Indiens des assassins adorateur d’idoles sanguinaires. Seule l’enfance (avec ses représentants Demi-lune, le jeune maharadjah hypnotisé et les enfants des mines) est épargnée, ayant le bénéfice de l’innocence (cela n’est guère étonnant lorsque l’on connaît l’aversion qu’a le réalisateur à pervertir ce domaine pour lui sacré). Autre détail, le rôle féminin, construit de façon excessivement sexiste. Véritable catastrophe ambulante, la jolie Willy (Kate Capshaw, madame Spielberg dans le civil) est insupportable, inculte, limite hystérique, superficielle, et ne reconnaît les « valeurs » d’un homme que par son habileté à la capturer de son fouet (quel macho ce Stevie !) ou par la taille des diamants qu’il a en poche. Un concept idéal pour Steven Spielberg, lui qui a toujours eu du mal avec les rôles féminins.

Bref, à la lecture de mes remarques, on pourrait justement considéré, faute de l’avoir visionné, le Temple Maudit comme un film beauf et de très mauvais goût. Hors, il n’en est rien. Pourquoi ? En grande partie, grâce au talent immense que possède Steven Spielberg pour raconter une histoire, puis en raison de la naïveté naturelle et finalement attendrissante avec laquelle il habille ses réalisations. Cette faculté à purifier un récit à priori souillé philosophiquement est une arme dont il use et il abuse depuis le début de sa carrière (il l’a fait de manière autrement plus sérieuse dans la Liste Schindler et Munich, par exemple). Dans le Temple Maudit, son arsenal de séduction est composé de deux armes redoutables : l’humour slap-stick et un story-board atomique.
L’humour. Voilà l’élément qui fait mouche, la seule pièce originale réellement apportée par le duo dans ce Temple Maudit, qui éloigne définitivement ce film du registre des simples serials. Car, contrairement aux idées reçues, en analysant fortement le film, l’on s’aperçoit que durant une bonne heure, le Temple Maudit EST une comédie, nettement plus que le troisième volet. Puis la dernière demi-heure, très grave, pratiquement horrifique et très « bédéphilique » (le contraste n’en est que plus efficace), à grand renfort de gros plans sur des faciès sadiques, gomme d’un revers de manche toute la bonne humeur accumulée précédemment. Ainsi, avant ce twist d’ambiance qui va entraîner un véritable climax oppressant - et par l’occasion une extraordinaire séquence de poursuites en chariots dans les mines – le spectateur a donc droit à un véritable exercice de mise en scène d’un comique de situation, utilisant souvent la technique du souffre-douleur. Une méthode infaillible pour faire passer les messages moralement les plus douteux (on est fait comme ça, on adore rire du malheur des autres…).

Puis vient la réalisation. Et là, l’on aime ou l’on aime pas, mais l’on est forcé d’admettre que l’exercice de style est impressionnant. Porté tel quel à l’écran un story-board aussi dense était une gageure, un défit que n’a pas hésité à relever Steven Spielberg. Sans fioritures. Le squelette du film apparaît ainsi de manière provocante, impudique, une exposition pornographique de plans reliés par un montage plus que téméraire. Et… miracle, il en ressort une dynamique monstrueuse. Le spectateur, comme dans un grand 8, en reste cloué sur son fauteuil (pourtant le la avait été donné avec une ouverture qui faisait office d’avertissement, mais cette fois-ci, pendant trente minutes, c’est du sérieux). Le plus impressionnant est l’absence totale de conventionalité cinématographique ; faisant fi des règles d’usage qui veulent qu’une bonne réalisation doit comporter de nombreuses poses afin de mieux faire rebondir le climax, le cinéaste choisit au contraire de garder la tête du spectateur sous l’eau, jusqu’à l’amener à la limite de l’asphyxie. C’était osé, cela fait peur, et pourtant ça marche ! Pour presque tout le monde. Car on le sait, nombreux sont ceux qui n’aiment pas les manèges de fêtes foraines. Mais pour les autres, c’est le pied…

La conclusion de à propos du Film : Indiana Jones et le Temple Maudit #2 [1984]

Nicolas L.
83

Personnellement, je trouve que le Temple Maudit est le moins intéressant (mais de justesse) des trois volets. Je sais que nombre d’entre vous ne seront pas d’accord. Car bizarrement, si les avis sont unanimes pour citer l’Arche Perdue comme le meilleur opus, la lutte est sévère et les avis divergent pour en désigner un dauphin. Cela reflète bien sûr les différences de goûts entre nous, spectateurs, qui sommes avant tout des sensibilités uniques. Ce deuxième tome, c’est vrai, contrairement au troisième qui renoue avec la trame du premier (trop, diront ses détracteurs), renouvelle totalement le mythe tout en modernisant un style littéraire et cinématographique autrement désuet. Mais au-delà d’une pure prouesse technique et narrative (ce qui n’est déjà pas si mal), je trouve qu’il est difficile de trouver quelque chose de remarquable dans ce Temple Maudit. Ceci étant dit, il est naturel que je leur préfère la subtilité et l’importance théâtrale laissée aux comédiens, qui sont les atouts de L’Arche Perdue, mais aussi, La Dernière Croisade. Maintenant, je vous avoue que je ne dis jamais non à un tour de manège…

Que faut-il en retenir ?

  • - Réalisation incroyable
  • - Rythme époutoufflant
  • - Beaucoup d'humour
  • - Un basculement soudain vers l'horreur, surprenant et saisissant

Que faut-il oublier ?

  • - Scénario linéaire
  • - Personnages creux et superficiels.

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