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Critique du Film : Creep
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Critique du Film : Creep

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 16 janvier 2006 à 0715

Rencontres fortuites dans le métro

Une jeune londonienne, assommée par des abus festifs fortement composés d’alcool, s’endort dans une station de métro. Lorsqu’elle se réveille, elle s’aperçoit que la rame est fermée et qu’il n’y a plus âme qui vive. Cherchant avec angoisse une sortie qu’elle ne trouve pas, elle voit son inquiétude se transformer en peur lorsqu’elle rencontre un ami qui essaye de la violer. Ce dernier est alors attaqué par une créature inconnue…
Il faut croire que le cinéma britannique horrifique a le vent en poupe car on ne compte bientôt plus le nombre de cinéastes se dévouant au film de genre. Après Danny Boyle, Neil Marshall et Edgar Wright, voici venir un petit nouveau : Christopher Smith. Le jeune réalisateur décide de construire son film en le divisant – à partir du scénario le plus basique - en deux parties bien distinctes, qui se rejoignent en leur centre à la manière d’un fondu enchaîné au cours de la séquence des cages immergées.
La première partie – après une rapide introduction du personnage principal – s’oriente plus vers le giallo à la Dario Argento que vers cinéma de genre américain ; des personnes isolées dans un endroit clos, qui se retrouvent harcelés et assassinés par un individu non identifié. Au cours de ce segment, le ton choisi est relativement froid, avec des majorités de bleus et de blanc lors des séquences d’exposition et de nombreuses séquences se passant dans l’obscurité la plus totale. Les actes de violence y sont en général commis dans l’obscurité ou, dans le cas de séquences d’exposition, ils sont traités hors cadre. Le phénomène de peur ne peut venir par conséquent que de l’effet de non vu et du témoignage de la panique de la comédienne principale. Et on peut dire que l’ensemble est très efficace, Christopher Smith alternant avec efficacité les différents styles de plan, sans précipitation, une technique qui donne tout d’abord le temps au spectateur de s’imprégner de l’angoisse de l’héroïne, et qui permet d’instaurer un sentiment d’insécurité, lors des longs plans qui mettent en scène les personnages secondaires, dont finalement on ne sais rien.
A partir du moment où la jeune fille est capturée et jetée dans une cage fétide remplie d’eaux sales, le cinéaste choisit de faire basculer son film dans l’horreur pure et le gore maîtrisé. Le ton de la photographie change - il s’oriente désormais dans les jaunes sales et les rouges – comme si le fait d’avoir identifié l’agresseur, un humanoïde primitif rappelant vaguement un homme rat, avait fait la lumière, et sur l’intrigue, et sur la pellicule. Un choix astucieux, à mon avis, car persister trop longtemps dans le premier style de traitement aurait peut-être fini par lasser le spectateur par manque d’information. On pourrait bien sur reprocher au film de tomber par cet orientation narrative dans la médiocre catégorie des slasher sans imagination mais je pense que cela serait faire injustement tort à l’œuvre. Je trouve en effet que la plupart des effets horrifiques sont bien maîtrisés, avec une longue montée de la pression et un rythme efficace, très loin de la surenchère des effets de surprises créés par les rapides rentrées dans le champ, une technique si prisée dans le film d’horreur ‘’mtviesque’’. Non, ici, à la manière d’un Clive Barker ou d’un George Romero, on expose l’horreur graphique de manière posée et contenue, en s’attardant sur les détails. L’attitude lente et mesurée de l’homme rat dans la salle d’accouchement est d’ailleurs une parfaite illustration de ce choix narratif. La scène est très longue, presque en plan séquence, avec un rythme si lent que la vision en devient presque insupportable.


Pour autant, pouvons-nous vraiment placer ce film dans la même catégorie que les œuvres de Fulci ou de Deodato, qui sont les valeurs étalons du film gore ? Pas vraiment, car au moment des scènes de scarifications et de meurtres, le cinéaste devient curieusement sobre. On ne voit en effet pratiquement aucun effet gore dans le film, à part la séquence finale, très réussie par ailleurs. Bien sur, les différents protagonistes sont couverts de sang et de souillures, et de nombreux plans sont bien glauques et écoeurants, mais à aucun moment, on n’assiste à des plans rapprochés explicites lors des actes violents. Tout, ou presque, est laissé au bon soin de l’imagination du spectateur, qui devient très fertile, surtout lors de la séquence de l’horrible ‘’consultation obstétrique’’. Une manière très habile de faire beaucoup avec peu, qui nous rappelle bien évidemment un certain Massacre à la Tronçonneuse.
Bon, que pouvons-nous reprochez au film ? Je dirais ; le scénario. En effet, je pense que Christopher Smith aurait pu peaufiner un peu plus son intrigue. Passe encore le cas de cette espèce de créature enfermée dans un laboratoire condamné qui trouve un passage jusqu’aux égouts, puis de là jusqu’au métro, mais son arrivée tombe un peu comme un cheveu dans la soupe. Et les ‘’errances’’ narratives de ce genre sont assez nombreuses ; personne ne s’inquiète de la disparition des égoutiers, le collègue obsédé de Kate surgit d’on ne sait d’où, la créature s’introduit dans la salle de surveillance par on ne sait quel moyen, et à mon avis, faire fonctionner un métro dans une rame fermée doit sans aucun doute déclencher une quelconque alarme… Bref, il ne faut vraiment pas trop chercher à comprendre pour apprécier Creep. Sans compter que les attitudes des protagonistes sont parfois bizarres ; comme George qui se place le dos face à une vitre cassée et les deux occasions non saisies par George et Kate pour se débarrasser définitivement de la créature.

La conclusion de

Creep est un excellent film d’horreur traditionnel, avec une bonne dose de frissons et d’angoisse durant la première partie, puis une débauche d’horreur graphique dans la deuxième, tout en gardant cependant de réelles qualités artistiques. Bien réalisé, astucieux dans ses choix techniques et dans ses effets chocs, mais en se gardant bien de se réfugier dans le gore explicite et gratuitement démonstratif, le film est prenant de bout en bout. Il est vraiment dommage que le réalisateur n’est pas fait l’effort de retravailler un peu plus cet ersatz de scénario, qui en plus d’être primaire, se trouve rempli d’incohérences.

Que faut-il en retenir ?

  • Réalisation habile et inspirée
  • Effets chocs nombreux et efficaces
  • Atmosphère bien glauque
  • Une fin saisissante et bien gore

Que faut-il oublier ?

  • Scénario léger et peu rigoureux
  • Quelques séquences trop invraisemblables

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