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Critique du Roman : Elric des Dragons
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Critique du Roman : Elric des Dragons

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 7 avril 2006 à 0722

Premiers pas dans le Multivers

Un teint d’une pâleur mortelle. De longs cheveux d’une blancheur laiteuse, qui tombent plus bas que les épaules. Des yeux en amande, de tristes yeux couleur de rubis, dans un beau et long visage. Deux fines mains de cette même blancheur cadavérique, qui émergent des manches vagues d’une robe jaune pour reposer sur les bras d’un fauteuil en rubis massif.(Livre I – Un roi mélancolique que sa cour s’évertue à divertir)
Tel est Elric de Melniboné, dernier empereur de l’Île aux Dragons et de sa capitale, Immryr, la Cité qui Rêve. Un homme mélancolique, malade, qui ne doit sa survie que grâce à un usage intensif de drogues, et qui règne sur un peuple mourant, cruel et sans aucune valeur morale. Oui, ainsi est Elric, le premier champion éternel sorti de l’imagination d’un jeune auteur de 18 ans nommé Michael Moorcock. C’était au tout début des années 60…
Comme le déclare encore aujourd’hui l’auteur : ‘’Elric se déplaçait dans un univers assez semblable au mien. Pour moi, Elric, c’était moi (tout du moins, le moi des années soixante).’’ En effet, Elric est né durant la période trouble et agitée de la vie du jeune Michael, jeune écrivain-musicien-rédacteur en chef de magazine, révolté et adepte de substances plus ou moins illicites, plongé dans de multiples déboires amoureux et professionnels. Comme il dit aussi : ‘’Nous avions les mêmes caractéristiques du trouble et du trahi, un abasourdissement identique face à l’existence et le même désir de trouver des solutions (…/…).’’ Bâti sur les conviction Mazdéennes et Zoroastrienne de Michael Moorcock, le personnage aujourd’hui le plus célèbre de l’auteur a posé en ces années de révolution culturelle emplie d’orientalisme les bases de sa mythologie du Champion Eternel, cette entité élue par la Main Cosmique pour veiller à l’équilibre entre le Loi et le Chaos, et la naissance de son concept du Multivers.
Les (més)aventures d’Elric se déroulèrent dans les années 60 de manière assez anarchiques, dans des nouvelles de qualité variables, - éditées lors de parutions au sein de divers magazines - sans respect pour une quelconque chronologie et avec un manque de rigueur assez perturbant. Il fallu attendre une bonne dizaine d’année avant que l’auteur ne mette un peu d’ordre dans tout ce bazar métaphysique et épique, avec un utile travail de classement et de relecture. Un ouvrage tardif qui laissa un Michael Moorcock plus mûr pantois devant son chaotique travail de jeunesse : ‘’A l’époque, j’étais bien fatigué,’’ déclara t’il ironiquement.
Elric des Dragons est donc le premier recueil de nouvelles issu de ce laborieux travail. Composé de trois ‘’livres’’ divisé en 19 nouvelles qui s’enchaînent parfaitement, donnant à l’ensemble un aspect homogène et cohérent. Ce livre raconte en définitive la mise en place du drame qui attend Elric dans son futur, avec beaucoup d’effets de style – qui a dit trop ? – qui donnent au récit une esthétique cornélienne, le tout avec un vocabulaire franc et direct, issu de la culture pulp. Le mélange des deux genres amène une sensation étrange de déséquilibre qui colle cependant parfaitement à l’excentrisme de cette étrange Melniboné et à la bizarrerie prétentieuse de ses habitants. Je ne sais pas si le choix était à l’époque volontaire, mais c’est parfaitement original et réussi, quand bien même certains trouverait la méthode plutôt rustre.
Plus que le style, ce qui fait la grande force d’Elric, c’est le virage abrupt que prend l’auteur dans le traitement habituel de la fantasy, ce genre que l’on appelait à l’époque Sword and Sorcery. Dans cette œuvre, Elric est un paria avant d’être un roi, un être maudit avant d’être un héros. Comme le Siegfried de la tradition germanique, il est un outil de la Destinée et il sème le malheur partout où il passe, même auprès des êtres aimés. On est loin des habituels Conan, Thongor et Kull qui inondaient les pulps de la période. Le récit est déprimant mais en devient passionnant, car le lecteur cherche dans les malheurs du héros une signification à son supplice, à son chemin de croix. Qui se trouve peut-être perdu dans les sables, au cœur de cette mystique Tanelorn
Dans Elric des Dragons, Moorcock met en avant la dualité issue de la gémellité. Illustration des deux poids de la Balance Cosmique, les deux ennemis intimes que sont Yyrkoon et Elric trouveront deux ‘’béquilles’’ dans leurs lames runiques soeurs, Mournblade et Stormbringer. Deux épées démons se nourrissant des âmes de leurs victimes et qui sont à la fois leur confidente, leur maîtresse et leur aliénation. Seul, un pacte contre nature fera basculé la Balance dans le parti d’Elric. Un pacte maudit par le Destin qui s’acharnera alors à rétablir un équilibre menacé en détruisant devant l’Empereur tout ce qu’il essaye de construire, en commençant par Cymoril, sa bien-aimée. Mais là est une autre histoire…

La conclusion de

Premier tome des aventures de l’albinos Melnibonéen, Elric des Dragons est le tome de mise en place d’une gigantesque tragédie épique. L’écriture peut sembler un peu précieuse et condescendante – défaut de jeunesse que reconnaît volontiers aujourd’hui cet homme adorable qu’est Michael Moorcock – mais le contenu fait largement oublier les ‘’défauts’’ narratifs avec cette histoire originale qui posa les base de la Dark fantasy moderne. Un classique incontournable, et la clé de voûte d’une gigantesque mythologie.

Que faut-il en retenir ?

  • Un héros charismatique et original
  • Une ambiance de Dark Fantasy dépaysante
  • La construction de la mythologie du Multivers et des Champions Eternels.

Que faut-il oublier ?

  • Une écriture encore peu mature.

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