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Elric et la Porte des Mondes >

Critique du Recueil de nouvelles : Elric et la Porte des Mondes

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 5 juillet 2006 à 11:23

Sous les basses branches d’Yggdrasill...

Plusieurs milliards d'universicules

La Porte des Mondes était une planète creuse. La Porte des Mondes était un crâne géant qui flottait dans l’espace. La Porte des Mondes était l’antichambre de l’Enfer. La Porte des Mondes était un nombre d’Univers. La Porte des Mondes était un lieu maudit. La Porte des Mondes était une porte ouverte sur l’infinité des Mondes La Porte des Mondes était le retour à la singularité d’un niveau de la Structure. La Porte des Mondes était un lieu béni pour Kali, Kala et les frères de l’Epée Noire… Jacques Barbéri – La Porte des Mondes
Elric et la Porte des Mondes est une conséquente anthologie en hommage au personnage d’Elric de Melniboné, autrement appelé Elric des Dragons, Elric le Nécromancien, le Loup Blanc ou le Tueur de Femmes. Mais c’est également un puissant hommage à la création cosmologique de Michael Moorcock ; le Multivers. En débutant cette chronique, je me suis rendu compte comme il est difficile de parler d’une œuvre chamarée aux divers récits, écrits par de multiples auteurs, de manière conventionnelle, certains textes interpellant plus que d’autre la sensibilité de chaque lecteur. Jetons d’abord un œil aux différents textes inédits, de longueurs variés, qui se succèdent dans ce recueil. J’y adjoint un léger commentaire sur mes impressions.
Introduction : l’ouvrage débute par une courte (6 pages à peine) introduction de Michael Moorcock. On aurait aimé le voir plus loquace et surtout le voir exposer plus en avant ses futurs projets.
Le rêve en la cité, de Léa Silhol : le théâtre du récit est la cité d’Imryr, capitale de Melniboné. On y accompagne Elric au cours d’une nuit de deuil, qui marque également la veille de sa future accession au trône impérial. Là, se recueillant auprès de K’nesza, l’un de ses dragons, il va avoir une vision quasi-médiumnique de ce que sera son avenir. Un texte de structure classique, avec la présence des personnages habituels ; la douce Cymoril et le perfide et fier cousin Yyrkoon.
La Montagne Dormante, de Jonas Lenn : hanté par la vision d’une Cymoril morte, c’est un Elric désespéré qui accepte le marché de la double sorcière Bryornal/Orbrynia, à savoir rencontrer le fantôme de son bien aimé au sein d’un mystérieux volcan. Choqué par la servilité de son champion, le Duc Arioch, dieu du Chaos, mettra un terme à la négociation. Un texte étrange, avec un Elric docile et manipulée par la magie féminine, et acceptant sa pure et simple émasculation - les consonances sexuelles sont nombreuses et évidentes avec un volcan métaphore vaginale. On y voit un Elric faible et soumis.
Les douleurs fécondes, de Pierre Pevel : Elric et son fidèle ami Tristelune rencontrent dans Z’era V’Torill, une cité fantôme située au cœur du Désert des Soupirs la Mère des Douleurs Fécondes, une accoucheuse royale Melnibonéenne. Elric va alors apprendre des vérités sur son père Sadric et accepter d’aider la prêtresse en la débarrassant d’un encombrant démon de vengeance. Un démon, Stormbringer, une prêtresse, Tristelune, tous les ingrédients qui nous renvoient aux classiques textes de Moorcock des années 60. Un texte simple mais très divertissant.
La Cavalière, de Christian Léourier : visitant le Pays Silencieux, Elric rencontre une belle jeune femme qui l’amène à rencontrer un vieux roi défunt, maître des lieux et âme en peine. Elric vainc le fantôme et le libère. Il se voit alors proposer par le vieux roi d’être libéré de son esclavage à Stormbringer. Trop attaché à sa maîtresse d’acier, il refuse. Le texte tourne autour de l’aliénation d’Elric envers son épée démon. Agréable à lire, sans être toutefois très enrichissant, avec un final un peu en demi-teinte.
Kane, de Laurent Kloetzer : la visite d’Elric et de Lleida des Cités Pourpres à la cour de Symer, afin de convaincre le roi Kane d’attaquer Melniboné. Un texte brut, viril, avec un Elric que l’on découvre manipulateur et menteur, et des forces Elémentales versatiles. Très proche du style pulp d’Howard, le nom de Kane n’est donc sûrement pas un hasard.
Eloge des Poissons-Gouffres : la visite dramatique des voyageurs planaires Elythelia et son mari. Cette dernière rend visite à Elric en Melniboné pour trouver le moyen de retrouver un vieil amant. Un texte sublimement misogyne, sadique et tordu – dotée d’une narration à tiroir et de troublants changements de temps -, avec un premier regard, dans cette anthologie, sur le Multivers. Très intéressant.
Frère des Hyènes, de Christian Vilà : à la poursuite de Jerry Cornelius, un champion du Chaos, Elric s’aventure dans un monde froid et hostile. Il va y rencontrer un clan adorateur de Cornelius, cannibale et esclavagiste. Là, il va aider la jeune Lilah, réceptacle de l’âme de la Mère des Tigres, dans sa divine vengeance. Une histoire d’heroic-fantasy simple et efficace, on y découvre néanmoins pas grand-chose sur la nature d’Elric.
Cœur de glace, de Daniel Walther : la visite d’Elric, accompagné de Tristelune et de trois étranges guerriers, en la cité du Pôle Vert, où se trouve la cour d’un titan priapique, le dieu Morph. Après une introduction épique, on découvre un texte fortement érotique, rempli de tentations, de mort et de trahisons. Stormbringer fait preuve de sa puissance en émasculant une puissance divine.
Qayin, de Xavier Mauméjan : Elric et Tristelune se retrouvent projetés dans une autre sphère du multivers. Recueilli par Qayin et son peuple, ils vont les aider à lutter contre l’armée des Archanges, envoyés par Dieu. Un récit épique et biblique, mettant en cause la justification des punitions divines. Au-delà d’un texte philosophique prométhéen, on y trouve une histoire d’aventure rythmée et divertissante.
Le cœur et l’épée, de Jean-Pierre Vernay : Elric, chahuté dans différentes sphères du Multivers se voit contrarier les plans maléfiques du démon Barron. Un texte plutôt long, qui introduit Elric dans la peau d’un champion de la Loi destiné à rétablir l’équilibre dans un lointain passé. Si la partie finale, la lutte entre Elric et les démons est épique et très intéressante, on peut aussi s’amuser avec ce voyage quantique d’Elric au cœur de la cour de Gilles de Ray, dans un médiéval ésotérique ou le cœur de Jeanne d’Arc est un artefact magique de la Loi.
Elric et l’enfant du Futur, de Richard Canal : Elric est désormais un vieillard quasi aveugle, il a enfin réussi à se séparer de Stormbringer. Mais le Destin rend à nouveau son rang au champion éternel, il doit ressaisir l’épée voleuse d’âme pour protéger un enfant poursuivi par les démons. Un enfant qui voit l’avenir du Multivers, un avenir trop doux pour les forces de l’Entropie, et pour Stormbringer qui trahira la volonté d’Elric de sauver l’innocence incarnée. Un regard cynique sur la crédulité des Dieux envers leurs réels pouvoirs.
Le cirque des épées, de Patrick Eris & Jean-Manuel Moreau : la quête héroïque d’Elric mène les pas du Melnibonéen dans la ville de Yunjun, dirigée par un prince maléfique et son sorcier Pang Tangien. Il va aider une créature d’une autre sphère, un Felys, mi-homme, mi-félin, dans sa mission initiatique. Un récit épique et exotique, avec la présence de Serval, un champion venu d’un autre monde aux valeurs Loi et Chaos inversées. Facile à lire et très rythmé.
La forteresse de l’Obscur, de Darek Erthal : tombé face aux forces du Chaos, Elric est enfermé dans le Château de l’Obscur, condamné à la pire des souffrances. Grâce à Tristelune, il parvient à s’échapper, mais il va leur falloir parcourir maintenant les périlleux couloirs de cette forteresse. Récit sombre et nihiliste, le texte de Darek Erthal plonge Elric et ses amis au cœur de l’Enfer, dans la pure tradition antique. Le style est abrupt et les évènements démesurés, comme il sied dans ce monde décrit comme un Walhalla Infernal. De la pure Dark Fantasy.
Les seigneurs de la Firme, de Ayerdahl & Eric Cervos : Elric, au service d’un seigneur du Chaos, est projeté dans le Londres de 1888, celui de Jack l’Eventreur. Sur place, il va découvrir la modernité et s’en servir pour asseoir sa puissance. Texte très intéressant dans lequel Elric, tout d’abord jouet d’une association franc-maçonnique chaotique, va finir par se révolter pour l’amour d’une nouvelle Cymoril, et finalement être puni par Arioch.
La dernière conquête du Loup Blanc, de Pierre Stolze : Voyageant au cœur du Multivers, Elric se matérialise au cœur d’un jeu vidéo, pour ensuite se projeter dans notre monde. L’auteur utilise de manière osée et humoristique les concepts de Multivers, de la Noosphère et de la réalité virtuelle, pour nous offrir un sympathique et délirant conte inter -dimensionnel.
La musique des âmes, de Johan Heliot : Un journaliste en musique rock enquête sur un mystérieux musicien surdoué effectuant de remarqués prestations dans des groupes éphémères. Lorsque Elric se retrouve musicien et Stormbringer guitare électrique, cela donne un conte baroque proche d’un récit de Jerry Cornelius. L’assimilation de la musique rock à une source vitale et chaotique est plutôt séduisante.
Bloodsword, de Yves Ramonet : se croyant mort, Elric est en fait emporté dans un ascenseur du World Trade Center. Là, il va rencontrer d’autres champions éternels dont le but commun, fixé par le dieu Donblas, est de protéger Karuna, la porteuse du Bâton Runique. Texte ambitieux, exposant l’apparition d’un Champion Unique, Karuna, que Elric découvre dans son monde mais qui est probablement présent dans toutes les sphères. Le récit mélange habilement les passages épiques qui donnent des révélations surprenantes sur les héritiers d’Elric et la fiction contemporaine tournant autour des évènements du 11 septembre.
L’archiviste, de Pierre Bordage : dans un futur proche, l’étrange histoire d’un albinos rejeté par sa famille et son entourage qui découvre sa glorieuse et chaotique destinée. Un texte moderne et intrigant qui raconte la révélation – assistée par les machinations d’Arioch - d’un nouvel Elric parricide au cœur de notre société ultramoderne, ainsi que la renaissance de son ‘’idylle’’ avec une Stormbringer retrouvée.
La Porte des Mondes, de Jacques Barbéri : les aventures dimensionnelles de Stanislas, Elric, Marbella, Anjel, Karum Selk et Alice Carroll qui devront affronter deux démons mégalomaniaques, Kali et Kala, aidés par Daren le Seigneur de la Guerre. La nouvelle la plus longue – qui a donné son titre son receuil - et également la plus réjouissante. Bien loin de l’heroic fantasy classique, Barbéri met en relief, avec un grand sens de l’épique, les concepts cosmologiques des œuvres de Moorcock. On y découvre un Elric mort-vivant faisant connaissance avec un fils noir (aspect Jerry Cornelius), un Danseuse de la Fin des Temps, un nécromancien classique et une androïde embarqué dans une quête spatiale et dimensionnelle qui rappellera au habitués du cycle un certains Jeu de Sang. Le récit est un peu complexe, psychédélique, baroque et alambiqué, avec un humour omniprésent. Un très bel hommage.

80

Elric et la Porte des Mondes n’est pas un recueil de nouvelles sur le thème de l’héroic fantasy. Bien que cet aspect soit présent dans quelques récits- notamment les premiers- , l’anthologie est surtout consacré à rendre hommage au concept élaboré du Multivers mis en place puis développé (on pourrait même dire extrapolé) par Moorcock au cours des années. Et comme dans l’œuvre de l’auteur, on y trouve donc une grande diversité de récits, flirtant parfois avec plusieurs styles en même temps. Certains textes peuvent également paraître obscurs pour tous ceux qui ne seraient pas initiés à la mythologie ‘’moorcockienne’’ (qui emprunte pour beaucoup à la religion Asatru). Ce qui tendrait à réserver plutôt l’ouvrage aux fans de l’écrivain. Attention ! Certaines nouvelles emploient un ton très cru, avec des nombreux passages érotiques.

Critique de publiée le 5 juillet 2006.

Que faut-il en retenir ?

  • Anthologie riche et variée
  • De nombreux textes de qualité
  • La Porte des Mondes de Barbéri, un régal !

Que faut-il oublier ?

  • Destiné en priorité aux lecteurs initiés à la mythologie
  • Une (trop) grande variété de thèmes différents?
  • Une introduction de Mike que l’on aurait voulu plus longue

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