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Critique du film : Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn [2020], par Bastien L.

Avis critique rédigé par Bastien L. le vendredi 7 février 2020 à 20h00

Battle of the Sexes

La Warner et DC Comics continuent à se chercher au cinéma après le carton public comme critique de Joker en misant sur le retour de son DC Extended Universe avec Birds of Prey (et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn)... Enfin c'est un peu plus compliqué que ça...

Sans refaire toute l'histoire du DCEU (et son relatif échec), il faut quand même revenir sur Suicide Squad, un film mal-aimé qui a pourtant eu des résultats corrects au box-office et surtout offert une prestation convaincante de Margot Robbie en Harley Quinn, une des grandes satisfactions du film. La Warner (propriétaire de DC Comics) décide de capitaliser sur le personnage (et surtout son actrice très appréciée) en proposant une sorte de spin-off/suite centrée sur la petite amie emblématique du Joker. Margot Robbie poussa grandement dans cette direction avec plusieurs projets (une suite à Suicide Squad ou encore Ghotam Sirens) avant de lancer la production de Birds of Prey où elle officie aussi en tant que productrice. Une association qui n'était pas la plus logique car si Harley Quinn est née grâce au travail de Paul Dini et Bruce Timm sur la série animée Batman de 1992, elle a rarement fait partie de l'équipe de super-heroïnes Birds of Prey (Les Anges de la nuit) créée par l'éditeur Jordan B. Gorfinkel et le scénariste Chuck Dixon en 1996. Cette équipe ayant beaucoup évolué comprend surtout Black Canary et Huntress présentes dans le film. Cette production d'environ 85 millions de dollars (plutôt modeste par rapport au reste du DCEU) s'éloigne ainsi d'une véritable adaptation d'une histoire des Birds of Prey et a été confiée à la réalisatrice sino-américaine Cathy Yan qui a seulement réalisé la comédie dramatique assez confidentielle Dead Pigs en 2018. Elle est accompagnée au scénario par l'Anglaise Christina Hodson sortant du succès de Bumblebee.

Le film se déroule après les événements de Suicide Squad impliquant Harley Quinn (Margot Robbie) qui résume sa vie et son amour pour le Joker qui l'a néanmoins larguée semble-t-il pour de bon. Le criminel psychopathe lui a bien plus que brisé le cœur car notre anti-héroïne a perdu son protecteur étant donné que sa relation lui permettait de faire ce que qu'elle voulait vu que personne n'oserait contrarier son petit copain. Harley s'en sort comme elle peut et va bientôt devoir dévoiler sa rupture quitte à attirer sur elle de nombreux ennemis dont le baron du crime Roman Sionis (Ewan McGregor). Ce dernier prépare par ailleurs un gros coup pour acquérir une telle fortune qu'il pourra faire main basse sur Gotham City. Il s'agit de récupérer diamant étant la clé à des comptes en banque bien garnis. Il envoie son homme de main, le psychopathe Zsasz (Chris Messina) et sa chauffeure/chanteuse attitrée Dinah Lance (Jurnee Smollet-Bell) surnommée Black Canary. Le diamant va néanmoins être volé par la jeune pickpocket Cassidy Cain (Ella Jay Basco). Harley Quinn comme une bonne partie des criminels de la ville vont partir à la poursuite de la fille tandis qu'une étrange tueuse (Mary Elizabeth Winstead) s'en prend à des membres importants de la mafia et qu'une inspectrice mentaliste Renee Montoya (Rosie Perez) enquête autant sur Sionis que Quinn ou la tueuse...

Birds of Prey ne restera évidemment pas dans les annales pour son scénario qui a au moins le mérite de tenter une approche assez différente par rapport au reste des blockbusters. L'idée étant sûrement pour Christina Hodson de complètement embrasser le point de vue de Harley Quinn dont l'esprit est clairement dérangé. On a ainsi le droit à un scénario non-linéaire pendant une grosse partie du film ce qui fonctionne assez bien. Cela permet de nous surprendre un peu avec des situations à première vue confuses qui font ensuite sens et aussi de bien présenter les différents personnages qui apparaissent au fur et à mesure pendant le film. Pour le reste, le scénario est un peu du même tonneau que la masse des blockbusters qui déboulent sur nos écrans dernièrement avec un ton un peu plus mature que la moyenne et un récit pas plus incohérent qu'un autre. Bref, l'ensemble se suit avec plaisir tant le métrage déroule efficacement ses péripéties et réussit à donner une bonne place à chaque personnage pendant 1h45. On pourra néanmoins noter que le titre du film aurait dû être inversé puisque Harley Quinn tient clairement le haut de l'affiche tandis que les Birds of Prey font d'abord de la figuration avant de créer une sorte d'origin story. Enfin, si vous attendez des liens tangibles avec le DCEU, il faut bien comprendre qu'il semble pour l'instant enterré tant le film se veut comme indépendant.

Le film est dans l'air du temps pour deux points très importants : son approche plus mature (le fameux Rated-R) du film de super-héros et son message féministe ancré dans l'ère #MeToo qui a récemment secoué Hollywood. Et on ne peut pas dire qu'il réussisse à pleinement convaincre sur ces deux tableaux. Pour ce qui de son ambiance sombre et mature qui a été portée par Deadpool, Logan ou Joker avant lui, on a vraiment le sentiment que Cathy Yan et Hodson ont voulu offrir un divertissement aussi pop que punk où la violence et le fluo font bon ménage. Cela aurait pu être une bonne idée si l’exécution n'était pas aussi bancale. Il y a dans les films des changements de tons comme d'ambiance qui sont mal gérées avec un aspect sombre à la limite du gothique par moments contrebalancés par des moments plus proches de la comédie US assez adulte flirtant avec le méta. Cela est lié encore une fois au personnage d'Harley Quinn dont la psyché dérangée offre des instants un peu suspendus pendant le film mais sans que cela n'impacte vraiment le scénario. De même, le grand méchant subit aussi ce traitement en étant tour à tour bien trop glaçant puis montré comme surtout loufoque... On assiste ainsi parfois à un enchaînement assez maladroit de scènes et on a l'impression que deux films essayent d'exister en un seul. Pour ce qui est des messages du film, ils sont surtout centrés sur l'émancipation de son héroïne qui doit se détacher de sa relation et du confort qui allait avec pour enfin se réaliser en tant que personne. Cela fonctionne assez bien avec l'idée que cela va passer par une forme de sororité avec un film assez ouvertement féministe mais qui reste maladroit à ce niveau. On a affaire à une sorte de bataille des sexes pendant tout le film où cela devient vraiment les filles contre les garçons avec un niveau de réflexion proche de la cour d'école malheureusement. Cela est donc bien trop manichéen à moins que l'effet recherché soit surtout cathartique. Dans ce cas, si vous avez envie de voir des femmes régler leurs comptes à des mecs à la pelle, vous serez servis...

Même s'il s'avère très différent par bien des égards, Birds of Prey présente une petite continuité avec Joker en ce qui concerne New York devenant l'influence première pour Gotham City et le fait que ce récit adaptant des personnages issus de comics de super-héros propose une approche plus réaliste que d'ordinaire. Il n'y quasiment aucun super-pouvoir dans le film même si les fans de DC Comics auront rapidement une idée des capacités de chaque protagonistes au vu de leur nom. Des versions réinventées de personnages pré-existant est complètement ancré dans l'ADN de DC Comics par ailleurs. L'univers du film s'éloigne de Suicide Squad et du reste du DCEU pour offrir une ambiance plus réaliste avec un ton néanmoins plus adulte et cynique. Malgré les problèmes de changements d'ambiance évoqués plus haut, la direction artistique reste de qualité avec des lieux bien mis en valeur comme le night-club de Roman Sionis, une sorte de fête foraine abandonnée évidemment indissociable de Harley Quinn où les couleurs abondent mais aussi des environnements plus froids assez intéressants comme à la fin du film. La direction artistique réussit bien à offrir un mélange entre univers réaliste et ambiances plus surréelles pour, encore une fois, bien s'accorder au profil assez borderline de son héroïne. Pour ce qui est du reste de l'ambiance proposée par le film, on peut regretter le choix de nous matraquer d'autant de morceaux de musique pour simuler un rythme pendant de nombreuses scènes.

La réalisatrice Cathy Yan fait ici ses grands débuts dans la cour des blockbusters et réussit à passer le test dans le sens où elle effectue un travail plus que correct. On sent qu'elle a du talent et une bonne maîtrise technique réussissant toujours à prendre partie des différents décors. On apprécie surtout sa maîtrise lors des scènes d'action qui font la part belle aux combats rapprochés avec de très bonnes chorégraphies notamment une scène en prison et le dernier quart du film. Le tout est vraiment bien filmé avec des plans alternés serrés puis plus larges (avec parfois une contre-plongée du plus bel effet) offrant une excellente visibilité. Pour ce qui est de l'action, le film est ainsi satisfaisant comme au niveau de son humour lui aussi bien mis en scène. Le casting est aussi une satisfaction avec évidemment la talentueuse Margot Robbie (Le Loup de Wall Street, Suicide Squad...) qui habite son personnage réussissant parfaitement à rendre justice à son exubérance sans jamais tomber dans le cabotinage. A ses côtés, on a le droit aux prestations solides Jurnee Smollett-Bell (Friday Night Lights, True Blood...) en Black Canary et de Rosie Perez en Montoya (The dead don't die...). On retiendra plus la prestations survoltée comme glaçante d'Ewan McGregor (Big Fish, La Revanche des Sith...) ou celle de Mary Elizabeth Winstead (Scott Pilgrim vs. the World, 10 Cloverfield Lane...) excellente en tueuse froide ayant du mal à interagir avec les autres.

La conclusion de à propos du Film : Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn [2020]

Bastien L.
63

Birds of Prey est un honnête divertissement qui ne peut malheureusement pas dépassé ce statut. S'il dispose d'une histoire prenante, d'une réalisation soignée et d'un casting attachant, il rate le coche sur plusieurs points. Le film se cherche trop en termes d'ambiance comme dans le traitement de ses personnages avec un message féministe assez maladroit.

On a aimé

  • Très divertissant
  • De bonnes scènes d'action
  • Un bon casting, Margot Robbie en tête

On a moins bien aimé

  • Assez bancal dans son ton et ses ambiances
  • Le message du film trop manichéen donc trop lisse
  • Peu mémorable

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