Critique Transistor [2014]
Avis critique rédigé par Bastien L. le mardi 24 février 2026 à 09h00
Radio Ga Ga
Critique de la version PS4
Il y a toujours un côté frustrant d'avoir le sentiment d'être passé à côté d'un jeu dont on reconnaît facilement les qualités mais qui n'ont pas marché sur vous. C'est un peu mon cas avec Transistor.
Derrière ce titre se cache les développeurs américains de Supergiant Games qui n'étaient pas encore l'équipe ayant rencontré une renommée internationale avec Hades en 2020. Il faut ici remonter dix ans en arrière lors de la phase-finale de développement de leur premier titre en 2011 : Bastion. Une œuvre ayant connu un petit succès notamment grâce à sa narration atypique mettant en avant un narrateur un peu spécial. C'est à ce moment qu'émerge ce qui allait devenir Transistor dont le développement commença réellement en 2012 autour de personnes clefs du studio : son directeur Amir Rao qui supervise l'ensemble tandis que Greg Kasavin en est le scénariste et le concepteur principal. La direction artistique si atypique est l’œuvre de Jen Zee tandis que les musiques viennent de Darren Korb. Quatre noms qui constituent l'ossature d'un studio et de toutes ses créations jusqu'à aujourd'hui. En attendant Transistor sortit en mai 2014 sur PC et PS4 (puis sur Switch en 2018) connaissant un accueil critique très positif et se vendant plutôt bien.

Le jeu se déroule dans la cité futuriste de Cloudbank qui est en train de connaître un véritable cataclysme technologique. En effet la cité est envahie de robots qui la transforment obéissant au Process. On y incarne la chanteuse devenue aphone Red qui se réveille en face d'un homme tué par une étrange épée aux propriétés technologiques : le Transistor. De plus cet épée lui parle avec la voix de l'homme qu'elle vient de tuer ayant adsorbé sa personnalité comme ses souvenirs. Red va devoir se défendre face aux attaques du Process, se frayer un chemin dans Cloudbank afin de découvrir ce qui lui est arrivé et les agissements d'un étrange groupe semblant être derrière la catastrophe : la Camerata. De plus, la voix dans Transistor lui semble très familière...
Pour son scénario, Greg Kasavin a joué la carte du mystère pour être raccord avec son héroïne qui va comprendre au fur et à mesure (en même temps que nous) les tenants et les aboutissants du récit. Une approche somme toute assez louable mais qui manque cruellement de dosage. En effet, on est balancé avec trop peu de repères dans cet univers avec tellement de mystères et peu de clefs lors des premières heures de jeu que le trop-plein est atteint. Du coup, quand les explications arrivent, on est moins impliqué avec des révélations qui tombent un peu à plat. D'autant plus que la dernière partie du scénario enchaîne beaucoup trop les révélations avec de nombreuses lignes de dialogue oubliant un peu le jeu par moments. Un scénario qui prend donc trop le pas sur le plaisir de jeu avec une progression devenant encore plus linéaire que le reste du titre créant un peu de frustration. Ceci est d'autant plus dommage que l'histoire est loin d'être inintéressante avec une sorte de romance dans un monde de science-fiction en proie à la destruction par l'IA et les robots. La narration déclamée par un Transistor bavard fonctionne bien avec la manière dont il est affecté par ce qui se passe. Le jeu reprend quelques thématiques SF assez classiques comme l'utilisation de la technologique que l'on croît s'approprier mais qui nous échappe, la manière dont les IA peuvent prendre le contrôle mais aussi l'amour qui se passe des contraintes physiques pour continuer à exister au-delà de la mort. Après, certaines choses restent volontairement cryptiques dans une approche assez clichée quand on pense au jeu vidéo indépendant...

Ce qui fait le principal attrait du jeu reste son univers créé par Jen Zee avec cette direction artistique sublime via une 3D isométrique parfaitement maîtrisée. La cité futuriste de Cloudbank est vraiment très originale baignée dans une couleur froide reprenant quelques poncifs de la SF et du cyberpunk en se les réappropriant notamment en s'inspirant de l'art nouveau. S'il manque une réelle variété des décors, la DA a le mérite d'offrir une excellente cohérence de bout en bout avec notamment la beauté des costumes des personnages mais surtout la manière dont le Process refaçonne la ville au fur et à masure de notre progression. Transistor fait partie de ces jeux qui ne ressemblent à aucun autre et qui nous abreuvent de sa beauté du début à la fin. Le tout couplé avec une technique parfaitement maîtrisée qui n'impressionne certes pas pour un jeu des débuts de la PS4 mais qui fonctionne parfaitement. A noter que sur PS4, la manette projette des couleurs complètement en raccord avec l'état du Transistor soulignant assez bien la narration. Enfin, il faut absolument citer les musiques de Darren Korb toutes en nappes avec un côté pop/ambiant vraiment très intéressant. Des musiques qui seront très appréciablement écoutées hors-contexte.
Transistor est un jeu d'action/RPG si on l'étudie par le prisme de son gameplay. Il propose deux styles de jeu à savoir une action en temps réel ou une approche tactique avec des pauses permettant de planifier ses attaques. C'est la dernière solution qui sera la plus souvent utilisée car c'est pour elle que le jeu a été pensé. Notre personnage gagne des niveaux et débloque de nouvelles capacités que l'on va pouvoir assigner parmi les 4 attaques principales, soutient actif ou soutien passif. Par exemple, en principale telle attaque va envoyer des petites bombes aux ennemis mais en soutien actif elle va créer de petites explosions quand on utilise l'attaque principale à laquelle on l'a lié. Chaque joueur va donc pouvoir faire ses combinaisons d'attaques selon son style de jeu entraînant beaucoup de possibilités grâce aux nombreux types d'attaques qui existent. On peut jouer sur le corps à corps, sur l'attaque surprise ou poser des pièges. Ou bien être un expert en explosifs. Bref, il y a de quoi faire offrant là une grande qualité pour le jeu. En face, vous aurez le droit à une dizaine d'ennemis différents et une poignée de boss qui devront être vaincus de manières différentes. Le jeu vous donne ce qui équivaut à quatre vies puisque à chaque fois que notre barre de vie est vidée, on perd une des quartes attaques principales les rendant inutilisables pendant quelques temps même après avoir remporté le combat.

Le système de combat est là aussi assez original et bien pensé même s'il n'est pas exempt de défauts. Déjà le jeu n'explique pas assez son fonctionnement et il va falloir beaucoup de patience et d’expérimentations pour bien comprendre ce qu'on peut mettre en place. Au début, on combat un peu au petit bonheur la chance dans un titre qui est finalement assez accessible nous poussant même à paramétrer notre partie puisqu'on récupère des « limitateurs » qui peuvent améliorer le Process afin de rendre l'ensemble plus difficile mais qui donne plus d'expériences. Le système de combat rappelle évidement la programmation puisque les différentes attaques liées entre elles et enchaînées sur les ennemis fonctionnement comme des routines dont on se délecte parfois des effets. Le jeu est par ailleurs assez court (coûtant un peu moins de 20 euros) pouvant se faire entre 5 et 10 heures selon votre envie de tout compléter. Et on le traverse parfois sans grand déplaisir mais sans grande passion non plus tant on a pas forcément envie de ré-paramétrer nos attaques à chaque fois face à des ennemis qui ne se renouvellent pas assez notamment dans la dernière partie un peu flemmarde à ce niveau. Le combat final à au moins le mérite d'être vraiment surprenant et plutôt engageant. Enfin, le jeu propose des pauses dans le jeu avec une porte dérobée menant sur une plage où se trouvent d'autres portes offrant de nombreux défis pour ceux voulant expérimenter au maximum le système de combat.
On vous le conseille si vous aimez le cyberpunk, la 3D isométrique et la programmation...
La conclusion de Bastien L. à propos du Jeu Vidéo : Transistor [2014]
Transistor est un jeu dont je reconnais volontiers les qualités artistiques comme son parti pris original en ce qui concerne son approche de l'action/RPG. Un titre bigrement original et vraiment à part comme le jeu vidéo indépendant est capable de faire. Néanmoins ses bonnes idées manquent parfois d'une bonne exécution et elles n'ont pas forcément marché sur moi. Je n'ai pas détesté Transistor, loin de là, mais je n'ai pas complètement accroché non plus.
On a aimé
- Un jeu parfaitement original
- Une direction artistique sublime avec de belles musiques
- Un gameplay lié à la programmation
On a moins bien aimé
- Un scénario pas toujours bien maîtrisé
- Un manque de renouvellements
- C'est quand même assez particulier comme jeu