Critique Jumpers [2026]
Avis critique rédigé par Bastien L. le jeudi 5 mars 2026 à 09h00
Avatar chez les castors
Critique de la version française
En un peu plus de 30 ans, les légendaires studios d'animation Pixar auront sorti 30 films. Un chiffre symbolique que se doit de défendre Jumpers en ce début d'année 2026.
Ce film d’animation en images de synthèse est d'abord l'oeuvre de l'Américain Daniel Chong qui travaille dans le milieu depuis la fin des années 2000 principalement sur des story-board au sein des studios les plus prestigieux. On retrouve donc son nom aux génériques des films DreamWorkds, Universal mais aussi Pixar tels que Cars 2 ou Vice-Versa. Mais il s'est surtout fait connaître pour avoir créé la licence Ours pour un et un pour t'ours d'abord en webcomics puis en série animée sur Cartoon Network jusqu'à en réaliser un téléfilm en 2020. Année à laquelle il rejoint Pixar dans son équipe créative mais aussi pour préparer Jumpers. Il écrit le scénario aux côtés de Jesse Andrews (Luca...) en s'inspirant fortement de Avatar, de la saga Mission : Impossible mais aussi des documentaires animaliers afin de préparer un mélange d'aventure, de science-fiction, d'humour dans lequel infuse un message écologiste assumé. Un projet original qui arrive au moment où Pixar traverse une réelle crise d'identité entre des triomphes reposant sur des suites (Vice-Versa 2) tandis que Elio s'est franchement rétamé l'été dernier. La sortie de Jumpers en mars ne sent pas forcément très bon pour le studio appartenant à Disney alors que le roi Toy Story 5 est attendu en juin...

Jumpers met en scène la jeune Mabel Tanaka qui est passionnée du monde animal qu'elle souhaite défendre à tout prix notamment grâce à l’influence bienveillante de sa grand-mère malheureusement disparue. Mabel se bat surtout contre les projets du maire Jerry de Beavertown qui veut notamment construire une rocade coupant à travers une clairière à l'étang asséché et étonnement vide en animaux. La professeure d'université de Mabel lui explique qu'un seul castor créant un nouveau barrage pourra faire revenir les animaux et donc annuler la construction de la rocade. Alors que Mabel souhaite piéger un castor, elle en découvre un au comportement bizarre qu'elle suit jusqu'au sous-sol de l'université. Elle y découvre les travaux de professeure et de ses collègues qui ont réussi à transférer leur conscience dans des robots ayant l'apparence d'animaux dont un castor. Mabel réussit à transférer son esprit dans le robot et s'enfuit dans la nature où elle comprend tous les animaux qui l'entourent. Se faisant rapidement remarquée, elle est amenée devant le roi George qu'elle va tenter de persuader de repeupler la clairière. Elle n'est malheureusement pas au bout de ses surprises...
Le scénario de Jumpers est assez décevant dans l'ensemble mais pas inintéressant. Disons qu'il gagne en qualité au fur et à mesure que le film avance avec une dernier tiers bien plus satisfaisant. Le début est réellement poussif notamment car le personnage de Mabel est assez antipathique dans la façon qu'elle a de considérer ce qu'elle pense et fait comme une priorité absolue se confrontant forcément aux autres de manière compliquée. L'intrigue force ainsi bien trop le trait pour la présenter comme une « rebelle » alors qu'on la trouve juste pénible... Une fois qu'elle devient un castor, cela est plus plaisant mais reste assez convenu dans le sens où un humain découvre un univers qui lui était alors caché façon Frère des ours ou Epic : La bataille du royaume secret. Heureusement que la dernière ligne droite du film nous offre enfin de réels moments de folie avec un rythme bien plus effréné comme des enjeux plus palpitants sans oublier des éléments de science-fiction plus assumé. Une fin qui sauve un peu l'ensemble serait-on tenté de dire. Mise à part Mabel et quelques personnages un peu clichés (le maire notamment), le reste du casting est assez attachant permettant de créer de belles amitiés qui sont au cœur du propos du film. L'idée d'entraide afin de lutter pour la sauvegarde de l'environnement est plutôt bien traité permettant de montrer qu'il n'y a qu'une Terre et que nous en faisons tous partie avec sa sauvegarde qui commence souvent juste en bas de chez soi. Un message écologique positif qui s'adapte bien à un public jeune. Ce dernier est d'ailleurs bien impliqué dans un film qui s'avère un bon divertissement à leurs yeux.

Et comme vous n'êtes pas sur ce site par hasard, revenons un peu sur l'aspect SF du film. Si vous avez vu Avatar, vous connaissez le principe de déplacer une conscience dans une autre corps, ici robotique. On apprécie l'aspect expérimental du projet dans une sorte de laboratoire secret qui devient ensuite bien plus important notamment en ce qui concerne la construction de robots. Sans top en dévoiler, l'aspect SF est bien plus assumé dans le dernier tiers avec aussi quelques passages un peu plus inquiétants aux yeux d'un jeune public quand les animaux décident de se rebeller. Le reste du métrage est plus bon enfant avec notamment son humour plus appuyé et que j'ai trouvé assez inégal. En ce qui concerne la direction artistique, une des meilleures idées du film est l'apparence des animaux bien plus simpliste quand ils sont vus du point de vue des humains et qui sont plus développés et expressifs une fois que les humains peuvent les comprendre. Une bonne idée rejoignant bien le propos du film. Néanmoins le reste de la direction artistique est bien trop classique en étant charmante mais rarement incroyable. C'est plus sur les humains que Pixar tourne réellement en rond depuis quelques temps en ne sachant pas aller vers plus de réalisme ou de stylisation... On a donc sur Jumpers un entre-deux pas vraiment satisfaisant notamment l'héroïne principale qui a la même apparence qu'elle ait 6 ou 19 ans avec une coupe de cheveux semblant issue de Final Fantasy...
On sent aussi une sorte de retenue dans ce nouveau Pixar qui n'arrive jamais à complètement nous impressionner d'un point de vue technique ou en ce qui concerne son animation. Attention, on reste dans le très haut du panier mais comparé à Elémentaire, Vice-Versa 2 et même Elio, on reste un peu sur notre faim. Pourtant les éléments naturels sont vraiment bien traités tandis que les animaux bénéficient d'un certain savoir-faire qui est magnifié par les événements plus emballants de la fin du métrage. Pixar reste certes un des patrons de l'industrie mais ne semble plus réellement intouchable surtout en sortant peu de temps après Zootopie 2. On sent néanmoins que Daniel Chong a pu mener à bien son projet en démontrant une solide expérience dans le divertissement familial. Il est à l'aise dans tous les types d'ambiance avec une bonne capacité à gérer un tel métrage et offrir la folie qu'il faut à une production estampillée Pixar. On sent néanmoins qu'il a joué la sécurité pour son premier film de cinéma avec une approche très classique mais souvent judicieuse de la mise en scène. En ce qui concerne le casting vocal français, il est emmené par Mallory Wanecque (Mabel) et Artus (le roi George) et autres comédiens souvent spécialisés dans le doublage en s'avérant très satisfaisant.

On vous le conseille si vous aimez Avatar, Frère des ours, Nos voisins, les hommes...
La conclusion de Bastien L. à propos du Film d'animation : Jumpers [2026]
Jumpers est un divertissement familial plaisant qui fonctionnera sans aucun problème auprès d'un jeu public. Cela est néanmoins un Pixar assez mineur par rapport à ce que le studio a pu produire de génial comme de culte ces 30 dernières années. Il manque souvent ce petit grain de folie au métrage qui apparaît toutefois à la fin mais ne pouvant sauver un ensemble quelque peu convenu voire poussif par moments. Le savoir-faire est là mais la magie manque quelque peu...
On a aimé
- Le dernier tiers
- Une production solide
- Le message écologique
On a moins bien aimé
- Le début poussif
- Souvent très convenu
- Une héroïne principale peu attachante