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Critique du film : The Dark Knight Rises [2012], par Vincent L.

Avis critique rédigé par Vincent L. le jeudi 26 juillet 2012 à 18h38

Une conclusion cohérente, bien que moins passionnante...

Quatre ans après le succès planétaire de The Dark Knight, et deux ans après avoir explosé le box-office avec Inception, Christopher Nolan est visiblement devenu le nouveau roi d'Hollywood. Pour preuve, sur ce troisième opus destiné à conclure sa trilogie sur Batman, le réalisateur aura bénéficié d'une liberté encore plus importante que sur ses précédents travaux, tant au niveau du budget (pharaonique), de la construction du scénario (avec des scènes d'action mises au second plan) que de son refus de tourner en 3D. Le tout nous a été vendu via une compagne promotionnelle comme étant le chef d'oeuvre ultime du film de super-héros, tant par son réalisateur (« C’est le film le plus gigantesque que j’ai tourné. En fait, c’est le film le plus gigantesque que quiconque ait tourné depuis l’époque du muet ») que par une presse US particulièrement dithyrambique. Autant dire que l'attente suscitée était grande, et que le risque de déception était réel.

Au final, si l'on s'en tient aux déclarations de son réalisateur, The Dark Knght Rises est effectivement une déception, mais sans pour autant être un mauvais film. A l'instar des deux opus précédents, il y a de tout dans ce troisième volet, du bon comme du moins bon, mais le long-métrage se situe tout de même au dessus de la masse des blockbusters actuels. Christopher Nolan, en jouant sur l'intelligence de son public, offre ainsi un spectacle quelque peu hors-normes au regard des grosses productions hollywoodiennes, privilégiant l'intrigue, les personnages et le discours sous-jacent à la débauche d'effets pirotechniques destinés à masquer la vacuité d'un script. Cependant, The Dark Knight Rises souffre clairement du manque de modestie de son réalisateur, qui, en essayant de compiler dans un seul et même film un nombre conséquent de thématiques, finit par ne faire que les survoler tout en alourdissant la fluidité narrative de son film.

De fait, The Dark Knight Rises est donc un film très riche. La maestria avec laquelle Christopher Nolan parvient à faire coexister plusieurs niveaux d'histoire n'a pas son pareil dans le cinéma hollywoodien actuel. Toute la première partie, qui sert d'exposition au film (pas loin de quatre-vingt dix minutes tout de même !), est clairement impressionnante et parvient à poser les bases d'une histoire que l'on devine très ambitieuse (poudre aux yeux, certes, mais cela ne se voit pas encore), alternant entre les divers personnages (très nombreux) et toute la mise en place de l'histoire. La liaison directe avec The Dark Knight est convaincante, le film s'inscrivant dans une logique formelle identique, c'est à dire en adoptant un traitement "polar" très éloigné des films de super-héros traditionnel (ce que pouvait être Batman Begins) ; pour preuve, Batman n'apparaît dans le film que le temps de trois grosses séquences.

Quelques faiblesse apparaissent tout de même pendant cette première partie, notamment ce discours sécuritaire qui sert de colonne vertébrale à la trilogie et qui, ici, n'a plus grand chose à dire de nouveau et se contente de recycler, parfois de manière balourde, ce que les deux précédents films disaient déjà. Toutefois, le nombre de thématiques lancées par le scénario permet de largement contrebalancer cette carrence ; parmi elles, celles défendues par le personnages de Selina Kyle sont de loin les plus intéressantes, et posent des bases intéressantes pour la suite de l'histoire. Malheureusement, la suite du long-métrage ne développera pas plus en avant ses nombreuses pistes de réflexions, qui resteront comme autant d'idées lancées, mais jamais véritablement exploitées. La seconde partie du film révèle ainsi les carences d'un script qui veut trop en dire, et qui, paradoxalement, s'avère moins passionnant que son prédécesseur.

Il manque en effet à The Dark Knight Rises un méchant d'envergure, comme pouvaient l'être le Joker ou Double Face dans The Dark Knight. Ainsi, si Bane semble de prime abord tout aussi intéressant (l'illusion tient à merveille sur toute la première partie du film), il s'avère au fur et à mesure de l'avancée de l'histoire, terriblement creux. Pourtant, là encore, les bases étaient propices à un développement intéressant : au Joker, symbole de l'anarchie, succède ainsi Bane, qui personnifie une certaine forme de terrorisme. Le sujet état peut-être trop délicat pour être traité dans un blockbuster hollywoodien post 11 septembre, toujours est-il que Christopher Nolan ne laisse jamais son antagoniste se développer, le transformant même en simple figurant lors de la scène finale (sa mort est, à ce niveau, parfaitement anecdotique) pour aller poser de nouveaux éléments scénaristiques pas franchement intéressants.

C'est là d'ailleurs que se situe une grande partie des défauts du film, car si le scénario est impeccablement structuré, il souffre d'un nombre de maladresses conséquents. Au premier rang de celles-ci on pourra pester contre une propension à mal utiliser nombre de références au comics, à l'instar des conséquences du combat entre Bane et Batman, ou de la prison dans laquelle se déroule le dernier tiers du film, soit autant de petits revirements de situations aussi inutiles qu'encombrants pour l'instoire, et qui étendent la durée du film au délà du raisonnable (avec tous les problèmes de rythme que cela peut engender). Christopher et Jonathan Nolan, scénaristes du film, n'ont pas su exploiter ces thématiques comme ils avaient pu le faire dans The Dark Knight. Cela se ressent ainsi dans la typologie de l'histoire, entièrement tournée vers le traditionnel affrontement Batman vs le méchant, finalement peu originale dans ce qu'elle raconte.

La chose saute d'autant plus aux yeux que Christopher Nolan a clairement décidé de laisser l'aspect spectaculaire de côté. Il n'y a donc rien pour détourner l'attention du spectateur, les diverses scènes d'actions étant à la fois peu nombreuses et pas très trépidantes. Si cela a pour conséquence de priver The Dark Knight Rises de véritables séquences d'anthologie (la plupart ayant de plus déjà été dévoilées dans les diverses bandes-annonces), cela ne nuit pas cependant à l'efficacité du film, car Nolan est finalement bien plus à l'aise dans la narration de son histoire et la mise en place d'une ambiance que dans les séquences d'action ; il apparaît d'ailleurs ici que ce dernier n'a pas son pareil pour rendre un simple dialogue bien plus intense qu'une débauche d'effets pirotechniques. Certains passages sont par ailleurs assez touchants, Michael Caine réussissant, le temps de trois petites scènes, à véritablement susciter l'émotion du spectateur.

Le casting, en règle générale, est d'alleurs l'un des points forts du film. Outre la performance de Michael Caine, on retiendra surtout Anne Hathaway, qui parvient à mettre en avant avec beaucoup de talent le personnage de Selina Kyle, l'une des très bonnes surprises de ce long-métrage. Christian Bale, quant à lui, retrouve quelque chose à jouer et s'avère au final aussi convaincant que dans Batman Begins. Les vieux de la vieille (Gary Oldman, Morgan Freeman), parviennent sans trop forcer à obtenir l'adhésion du public. Dans le rôle (ingrat) de Bane, Tom Hardy s'en tire plutôt bien, et ce même si son masque encombrant empêchent toute subtilité de jeu. En fait, la seule fausse note de ce casting repose sur Marion Cotillard, pas nécessaire mauvaise, mais que l'on devine assez peu à l'aise dans ce rôle. Les divers caméos qui parsèment le film s'avèrent enfin sympathique, et permettent d'ancrer The Dark Knight Rises dans une trilogie formellement cohérente.

La conclusion de à propos du Film : The Dark Knight Rises [2012]

Vincent L.
65

The Dark Knight Rises offre un final sympathique à la relecture de Batman par Christopher Nolan, concluant de manière relativement convaincante sa trilogie sur le Chevalier Noir. Moins intéressant que ne pouvait l'être le deuxième opus, il propose un spectacle plus conventionnel, certes mieux maîtrisé, mais nettement moins pertinent dans ce qu'il a à dire ; il en résulte une certaine déception de ne pas voir le chef d'oeuvre tant annoncé par le réalisateur, le film ne parvenant qu'à survoler les nombreuses thématiques mises en place. Cependant, ne boudons pas notre plaisir, The Dark Knight Rises reste malgré tout au dessus du tout venant des blockbusters hollywoodiens, la touche de Nolan lui conférant le petit plus nécessaire pour ne pas être qu'un spectacle abrutissant, ce qui, étant donné l'ampleur de la machine, peut déjà s'apparenter à une belle réussite.

Que faut-il en retenir ?

  • Première partie géniale,
  • Mise en scène efficace,
  • Construction scénaristique impeccable,
  • Casting de grande qualité,
  • Petite touche d'émotion bienvenue,
  • Des caméos qui font plaisir.

Que faut-il oublier ?

  • Une deuxième partie en dent de scie,
  • Bane, un méchant décevant,
  • Des maladresses dans le scénario,
  • Un discours sécuritaire qui se répète,
  • Beaucoup de thématiques survolées.

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