Critique The Mask #1 [1994]

Avis critique rédigé par Bastien L. le dimanche 8 mars 2026 à 09h00

Splendide !

Alors que le cinéma français vient d'honorer Jim Carrey d'un César d'honneur, retour sur le film qui nous a fait découvrir ce génie de la comédie.

Un film est avant-tout une œuvre collective devant son succès à un grand nombre de personnes même si parfois il est impossible de ne pas mettre une personne en avant comme Jim Carrey avec The Mask.

Avant d'être un film, The Mask est une série de comics créée par Mike Richardson chez l'éditeur Dark Horse en 1987. Une série qui nous plonge dans un univers assez sombre, violent où l'humour noir est roi. Une œuvre qui attire l’œil de la New Line Cinema qui y voit une nouvelle franchise capable de mélanger humour noir et horreur dans une ambiance fantastique à l'image de la star maison : Les griffes de la nuit. C'est pourquoi le projet est rapidement confié au réalisateur Chuck Russell (par ailleurs très intéressé) qui s'était occupé du troisième opus (alors le plus rentable) des méfaits de Freddy en 1987. Le développement du scénario va s'avérer problématique jusqu'au moment où le réalisateur décide d'abandonner l'horreur pour en faire une comédie plus grand public grâce au travail du scénariste Mike Werb. Côté casting, Chuck Russell jette son dévolu sur le comique et acteur de sitcom Jim Carrey qui va littéralement exploser en 1994 grâce à The Mask, le premier Ace Ventura mais aussi Dumb et Dumber. Pour le premier rôle féminin, cela s'avéra beaucoup plus compliqué avant de trouver la perle rare en la personne de la mannequin (et donc débutante) Cameron Diaz. Le film fut tourné durant la seconde moitié de l'année 1993 et bénéficia des avancées importantes de ILM en ce qui concerne les effets spéciaux en images de synthèse qui sont en train d'exploser sur nos écrans. Tout fut réalisé pour un budget d'environ 20 millions de dollars pour un énorme succès commercial et critique faisant de Jim Carrey et de Cameron Diaz des stars internationales.

Le film se déroule dans la ville fictive américaine de Edge City située sur le littoral atlantique où des travaux sous-marins libèrent par mégarde un étrange masque en bois. Il va être trouvé après une journée éprouvante par l'employé de banque Stanley Ipkiss (Jim Carrey) éternel optimiste, romantique et naïf qui sert un peu de paillasson à tout le monde qui vit seul avec son chien. Une fois chez lui, il essaye le masque ce qui provoque sa transformation en un homme à la tête verte qui semble doté de pouvoirs infinis poussant au maximum ses désirs et rêves. Outre prendre sa vengeance sur les tracas du quotidien, The Mask va aussi lui permettre de séduire la danseuse star du night-club local, Tina Carlyle (Cameron Diaz) rencontrée à la banque. Malheureusement, cette femme est en couple avec le malfrat aux dents longues Dorian (Peter Greene) qui planifie un hold-hup. Ayant besoin d'argent, The Mask double la bande de Dorian faisant de lui un homme très recherché par la pègre mais aussi par la police dont l'inspecteur Kellaway (Peter Riegert). Le temps est compté avant qu'on se rende compte que Stanley Ipkiss et The Mask ne font qu'un...

The Mask est un film fantastique étant d'abord une comédie déjantée qui tire vers la romance tout en étant proche du métrage de super-héros avant que le genre ne devienne populaire. On a le droit à une sorte d'origin story pour le personnage du Mask et de son combat dans la ville de Edge City. Un scénario assez classique autour d'un homme un peu en marge de ses contemporains et de la société qui va transcender sa condition et concrétiser ses rêves. Une thématique qui est mise en avant de manière peu subtile dans le film avec un personnage qui sert d'autorité intellectuelle abordant l'idée de masque que l'on porte constamment en public en contradiction avec celui qu'on est réellement. Ce que paradoxalement permet de faire le masque du film une fois qu'on le revêt. Tout cela s'intègre néanmoins sans lourdeur au sein du métrage au scénario très fluide qui mise beaucoup sur l'humour et l'action pour divertir. Un film qui repose énormément sur les pitreries du Mask dont le jeu d'acteur de Jim Carrey, on y reviendra. Pour ce qui est de la création son univers, le scénario s'avère ici un peu décevant (même si ce n'est clairement pas son but) avec un délire de mythes vikings pour expliquer l'origine du masque tout comme l'aspect fantastique pas complètement assumée puisque personne dans le film ne semble constater l'aspect surnaturel des pouvoirs du Mask...

Tout simplement parce que l'intérêt du film est ailleurs à savoir un cartoon pour adulte, un hommage aux œuvres du génial Tex Avery notamment ceux mettant en scène le loup face à de belles filles. Une des scènes les plus cultes du film dans le night-club en rend un parfait hommage. Le métrage fait constamment penser à un dessin animé de la grande époque avec un mélange d'humour frappadingue, de surjeu assumé, de situations impossibles et de numéros de chant. C'est en ce sens que l'univers se comprend puisque personne ne s'étonne de l'impossibilité des situations dans un cartoon. The Mask est un film qui assume ses références qui pullulent : outre l’œuvre de Tex Avery on peut retenir Le Livre de la jungle, Autant en emporte le vent ou encore L'Inspecteur Harry. Et si cela fonctionne c'est aussi parce que les effets spéciaux en images de synthèse de ILM sont d'une qualité exceptionnelle pour l'époque. Cela fonctionne évidemment encore très bien aujourd'hui même si on sent que le film a dépassé les 30 ans. Mais tout est au service d'un humour diablement efficace (sans oublier la prestation de Jim Carrey, mais on y revient) qui trouve son apogée lors d'une salsa endiablée devant (puis avec) les forces de l'ordre. Enfin, impossible de ne pas citer l'incroyable travail de dressage du chien Milo (incarné par un dénommé Max) qui reste encore très impressionnant. Sinon, on peut toutefois sentir que c'est au niveau de reste de la production que le budget "modeste" se fait sentir notamment dans des décors assez inégaux.

The Mask est un peu le pic de la carrière de son réalisateur Chuck Russell qui n'arrivera jamais à faire mieux en terme de qualité et de succès par la suite. Il démontre être un technicien compétant ayant parfaitement réussi à assumer ses choix tout en offrant le moule nécessaire pour laisser s'exprimer les effets spéciaux comme Jim Carrey. Une réalisation complètement au diapason de l'ambiance survitaminée d'un cartoon qui s'avère donc très solide. Il est donc temps de parler de Jim Carrey (Ace Venura, détective chiens et chats, Dumb & Dumber...) dont le talent explose dans le film. Que cela soit pour jouer le naïf Stanley Ipkiss ou le délirant The Mask, il est d'une grande justesse se mettant complètement au service du projet tout en réussissant à le transcender. The Mask aurait sûrement pu fonctionner aussi bien (voire mieux) si certains avaient été remplacés par d'autres mais pas lui. Il se raconte même que la maîtrise de son corps et de ses muscles faciaux auraient permis d'économiser pas mal d'argent en effets spéciaux. The Mask marque vraiment la naissance d'une des plus grandes stars de la comédie mais aussi celle de Cameron Diaz. Grâce à ce film, la jeune actrice devient immédiatement un sex-symbol mais sait montrer autre chose que sa plastique tout en offrant une bonne alchimie avec Jim Carrey. On sent toutefois qu'elle est ici une débutante. De même, on ne peut pas dire que le reste du casting brille par son talent que cela soit Peter Greene (La Nuit du jugement, Pulp Fiction...) en méchant un poil caricatural ou encore Peter Riegert qui est à l'économie en inspecteur un peu dépassé.

On vous le conseille si vous aimez Tex Avery, Jim Carrey, Aladdin...

 

La conclusion de à propos du Film : The Mask #1 [1994]

Auteur Bastien L.
82

The Mask est une des meilleures comédies fantastiques des années 1990. Un scénario d'une redoutable efficacité au service d'un humour tordant, d'un personnage titre comme nul autre pareil, d'effets spéciaux impressionnants comme d'un acteur (Jim Carrey) au sommet de son art. Une œuvre iconique qui n'est pas sans défaut mais qui fait aujourd'hui partie du panthéon de nombreuses générations de spectateurs.

On a aimé

  • Jim Carrey, un génie comique qui nait sur grand écran
  • L'humour incroyable
  • Les effets spéciaux

On a moins bien aimé

  • Des thématiques trop surlignées
  • L'aspect fantastique parfois mis sous le tapis
  • Les décors pas toujours des plus crédibles

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