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La Planète des singes : l'affrontement >

Critique du Film : La Planète des singes : l'affrontement

Avis critique rédigé par Jonathan C. le mercredi 16 juillet 2014 à 19:43

Malin comme un singe

Dix ans ont passés depuis le dénouement du précédent opus : la grippe simienne a décimé la plupart des êtres humains et les rares survivants sont rassemblés dans un San Francisco mort, tandis que les singes vivent cachés dans une forêt proche. Chaque communauté (sur)vit paisiblement de son côté, lorsque un groupe d’humains découvre l’existence de ces singes qui parlent et leur demande de l'aide pour réparer le barrage afin qu’ils retrouvent l’électricité dans leur ville. La collaboration se passe plutôt bien, mais la trêve est de courte durée : la haine ou la crainte de certains (humains comme singes) va provoquer un conflit entre les deux camps, un conflit qui mènera jusqu'à une guerre.

En 2011, La Planète des Singes : les origines était une excellente surprise, reboot intelligent et sensible qui se démarquait des précédentes versions sans pour autant les dénaturer et qui impressionnait par ses CGI stupéfiants, véritables vecteur d’émotions et non juste un outil forain pour faire du spectaculaire too much à la Marvel ou à la Transformers (ce qui, quand c’est bien fait, peut tout de même être très plaisant et grisant à regarder). Cette suite crépusculaire parvient à surpasser son prédécesseur et pousse encore plus loin ces qualités, se rapprochant cependant plus de la mythologie fantastique-SF originelle et du parfum d’aventures instauré par le roman de Pierre Boulle et les vieilles adaptations cinématographiques, là où La Planète des Singes : les origines imaginait, comme son titre l’indique, les origines du désastre et se posait comme un pur film d’anticipation. La Planète des singes : l'affrontement se rapproche également des productions post-apo de ces dernières années, le virus ayant éradiqué la plupart des humains et laissé un monde désert (qui peut rappeler ici celui de Je suis une légende), à la façon des « films d’infectés », de morts-vivants ou de contamination (l’introduction pose d’ailleurs la situation et l’ambiance de façon sobre, classique et direct, à coups de flash d’information et de superpositions de voix off, un peu comme le générique de début de World War Z). En ce sens, le scénario de cette suite est beaucoup plus balisé que le précédent volet et on revient en terrain connu (et non en terres inconnues), mais il se dégage du résultat une puissance d’évocation rare, un souffle romanesque et chevaleresque renversant.

Dans La Planète des Singes : les origines, les héros restaient encore les humains (dont la star James Franco). L’un des points forts de cette suite, c’est de donner le premier rôle aux singes. Le film commence d’ailleurs sur eux, s’attardant longuement sur leur communauté, leurs relations, leur hiérarchie (on situe ainsi rapidement quelles sont les fonctions de chacun) et leur vie (de la chasse à la naissance), dans une première partie quasi-muette absolument superbe de simplicité, de pureté et de sensibilité, renvoyant notamment à celle du puissant Apocalypto de Mel Gibson. Ce n’est qu’au bout d’un certain temps que le récit bascule, d’une manière très fluide et pertinente, sur les humains puis sur leur vie à eux, leur situation, puis sur les enjeux, revenant ainsi à une structure plus classique mais toujours brillante dans sa façon narrative de passer d’un camp à l’autre et de ne pas prendre parti pour l’un ou l’autre (il y a du bon et du mauvais dans les deux cas).

La vraie star ici, ce n’est pas Jason Clarke ou Gary Oldman, pourtant des acteurs de prestige, mais bel et bien Andy Serkis, d’ailleurs crédité avant ses camarades « humains ». L’acteur livre là une performance incroyable qui remet en question (disons même qu’elle le théorise) le rapport entre le jeu d’acteur et les effets spéciaux. César, ce n’est pas qu’un CGI : c’est un acteur, un humain, un personnage fascinant qui marquera les mémoires. Et c’est notamment aussi grâce à la mise en scène intense de Matt Reeves, qui iconise à chaque plan le personnage de César jusqu’à en faire un héros mythologique. Le personnage de Koba, campé par l’acteur-caméléon Toby Kebbell (le Docteur Fatalis du reboot à venir des Quatre Fantastiques), est également grandement iconisé, s'imposant comme un méchant terrifiant et inoubliable qui, comme son adversaire César, porte en lui un lourd symbolisme (que la mise en scène ne manque pas de souligner, mais de façon aussi subtile qu’iconographique). Le récit finit même par délaisser les humains pour se concentrer sur le duel César-Koba. L'équipe de Weta Workshop réalise une nouvelle fois un travail monstrueux et novateur. Les CGI étaient encore à un stade expérimental dans le premier film, mais ils arrivent à maturité dans cette suite, Weta atteignant une perfection difficilement égalable. Les singes, qui s’expriment par quelques mots et/ou en langage des signes (Reeves fait de son blockbuster une véritable parabole sur la communication), deviennent plus expressifs que les hommes et font passer énormément d’émotions, dans des plans sensationnels qui leur donne véritablement une âme. Le regard triste du fils de César, les larmes de César, la rage aveuglée de Koba : tout cela est bouleversant, criant de vérité. Et comme pour rappeler qui est le personnage central de l’histoire, La Planète des singes : l'affrontement s’ouvre et se clôture sur le regard de César : une des nombreuses idées fortes et iconiques du film.

A côté des singes et de la performance des acteurs sous CGI et de Weta, les humains semblent plus fades, malgré des acteurs de qualité comme Jason Clarke (qui reprend le même genre de personnage que celui de James Franco dans le précédent film), Keri Russell (la Felicity de la série homonyme créée par Matt Reeves et J.J. Abrams), le jeune Kodi Smit-McPhee (révélé par Matt Reeves dans Laisse-moi entrer) et Gary Oldman (sous-exploité), encore une distribution bien vue de la part de Debra Zane. Ce sont bel et bien les singes qui sont au centre du récit, dans lequel l’humain finit, littéralement, par s’effacer (cf. le départ de Jason Clarke dans l’obscurité).

Autre point fort, qui l’était déjà dans La Planète des Singes : les origines : enfin un blockbuster à 200 millions de dollars (plus précisément 170) qui assure le spectacle sans verser dans la surenchère d’action. Ce qui prime ici en dépit du contexte (effets spéciaux, vastes décors, nombreux personnages, aventure…), c’est bien le drame, les enjeux, les personnages, la psychologie. Matt Reeves parsème son récit de scènes marquantes, notamment dans l’escalade de la violence (une rébellion, un premier meurtre, puis un autre, etc.), jusqu’à l’impressionnant assaut des singes pour s’emparer de la ville des humains, à coups de plans immersifs (par exemple le plan de la prise du tank par Koba). Sans jamais négliger le facteur émotionnel, la dernière demi-heure offre un spectacle à couper le souffle, dont le climax est un duel haletant, vertigineux et bluffant entre César et Koba. La Planète des singes : l'affrontement est affublé d’un PG 13 et évite donc la violence physique (avec des mises à mort hors-champs) pour de la violence plutôt psychologique (certains passages sont même assez dérangeants), ce qui n'est pas plus mal.

Là où la mise en scène de Rupert Wyatt, réalisateur alors encore débutant (il n’avait qu’un seul petit long-métrage à son actif avant La Planète des Singes : les origines), était plus légère et maladroite car trop dépendante du travail de Weta, celle de Matt Reeves sur La Planète des singes : l'affrontement est d’une étonnante maitrise et d’une force évocatrice épique et poignante, bien soutenue par un score intense et viscéral de Michael Giacchino. Matt Reeves s’impose définitivement, après le déjà culte Cloverfield et le superbe Laisse-moi entrer (ou le parfait exemple du remake réussi), comme l’un des réalisateurs les plus prometteurs du cinéma hollywoodien.

Les tons gris et pluvieux laissent peu à peu place, lors du dénouement, à des tons crépusculaires (après tout, ça s’appelle Dawn of the Planet of the Apes), la photo de Michael Seresin (chef opérateur des meilleurs films d’Alan Parker et de Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban) étant magnifique et beaucoup plus stylisée que celle du premier film, qui restait dans une perspective plus réaliste puisque se déroulant dans un monde encore humain donc « normal ». C’est d’ailleurs cette fois tourné au Canada, en grande partie en décors naturels (ça sonne donc authentique et ça ne fait jamais décor de studio). Il y a (comme dans les films de science-fiction des années 70) à la fois de l’épure dans la prod design et un sens du détail stupéfiant, ce qui participe à crédibiliser un maximum cette aventure et à la rendre plus immersive, quand bien même les décors n’ont rien de très original (ce qui rend l’ensemble plus réaliste).

Si ce sont bien les singes qui sont au premier plan, l’aventure est paradoxalement très humaine et explore la nature de l’Homme (ses instincts, les rapports de force ou la communication entre eux, etc.). Sans jamais tomber dans les bons sentiments mièvres ni dans l'humour débile (c'est toujours le risque quand il y a des animaux qui parlent à l'écran), l’histoire délivre même un message pacifique alors que la guerre s’annonce, joli paradoxe et belle touche d'optimisme dans un univers devenu très sombre. La Planète des singes : l'affrontement ne verse pas dans un déballage d’explications bavardes ou de charabia scientifique (c’était un des défauts du précédent La Planète des Singes) : tout ici passe par l’image, et c’est une habitude chez ce cinéaste qui privilégie le langage cinématographique. Écrit et produit par le pourtant inégal Mark Bomback (scénariste pas forcément rassurant de Godsend, Die Hard 4, La Montagne ensorcelée, Unstoppable, Total Recall : mémoires programmées et Wolverine - Le combat de l'immortel), La Planète des singes : l'affrontement est clairement nivelé vers le haut par sa mise en scène, qui transcende un script certes classique mais bien tenu, à la fois simple et dense, fluide et riche.

83

Avec cette suite crépusculaire et mythologique, le décidément très doué Matt Reeves surpasse le précédent opus, qui était déjà une belle surprise. Dans un classicisme élégant traversé d’audace et de fulgurances, le réalisateur de Cloverfield impose une mise en scène puissante et fortement iconographique qui met largement en avant les singes, dont les marquants (car iconisés) César et Koba, véritables stars de ce film d’aventures esthétiquement magnifique. Les effets spéciaux époustouflants et extraordinaires de Weta Workshop, associés aux performances des acteurs (dont le phénoménal Andy Serkis), rendent les singes criants de vérité et plus humains que les humains (qui, eux, passent au second plan). Matt Reeves a aussi le mérite de privilégier ici l’intime et l’émotion à la surenchère d’action ou de fonds verts (c’est d’ailleurs en grande partie filmé en décors naturels), même si la haletante dernière partie assure amplement le spectacle. Épique, chevaleresque, impressionnant, dense, intelligent, sensible et poignant, La Planète des singes : l'affrontement risque bien de se positionner comme le meilleur blockbuster de l’été 2014.

Critique de publiée le 16 juillet 2014.

Que faut-il en retenir ?

  • Une mise en scène forte et solide
  • Des effets spéciaux saisissants et "vivants"
  • Impressionnant Andy Serkis
  • Une musique intense
  • Un récit dense et captivant

Que faut-il oublier ?

  • Un récit finalement assez balisé
  • Gary Oldman sous-exploité

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