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Critique du Film : Les origines
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Critique du Film : Les origines

Avis critique rédigé par Richard B. le vendredi 5 août 2011 à 0833

Les évadés de la planète des singes

Un scientifique, Will Rodman (James Franco), a pour ambition de vaincre la maladie d’Alzheimer. Pensant approcher d’une solution – la mise au point d’un vaccin -, il expérimente son traitement sur des singes. Alors que les tests semblent concluants et paraissent même accroître l'intelligence des primates, un accident va entraîner l'arrêt des financements et l'anéantissement de tous les cobayes. Le seul singe à survivre à ce génocide est un jeune bébé que Rodman décide de prendre sous sa protection, en dissimulant son existence. En quelques jours le scientifique va très vite comprendre que le jeune singe fait preuve d’une intelligence non seulement remarquable, mais aussi évolutive...

Au commencement...

Adaptation d’un roman de Pierre Boulle, la planète des singes de Franklin.J. Schafner (avec Charlton Heston dans le rôle vedette) fut un succès commercial, demeure un film culte, mais reste surtout un chef-d'oeuvre. D’ailleurs, si une personne ne partage pas cet avis (qui est pour moi une évidence), qu’elle ne perde pas de temps à lire les lignes qui vont suivre. Ce grand classique fut suivi de quatre suites aux qualités, selon les titres, plus ou moins discutables, mais à la rentabilité certaine (même si elle a décliné au fil des épisodes) ; d’une série télé gentiment regardable (mais dispensable) et d’un remake – made in Burton - toujours économiquement fiable mais qui, qualitativement, frôlait la catastrophe. Par expérience, on pouvait donc penser que voir un bon film exploitant cette franchise, autre que celui de Schafner (qui avait, de plus, placé la barre au plus haut), semblait un rêve inaccessible. Et si, au prime abord, on pouvait imaginer « ces origines » comme un remake des « Evadés de la planète des singes », au final, celui-ci en est plutôt éloigné. Le film, en fait, se positionne plutôt, de manière crédible, comme les véritables origines des évènements qui ont entrainé la prise de pouvoir des singes sur la planète.

Erreur sur marchandise ?

Aujourd'hui, le problème des gens du marketing, c'est qu'ils sont prêts à manipuler un produit pour pouvoir le vendre au plus grand nombre. Ceux qui s'attendent - suite aux multiples bandes-annonces et affiches mensongères - à voir des singes conquérir le monde risquent d'être donc fortement déçus. De plus, la quasi totalité des séquences dites « d'actions » ont déjà été montrées, privant ainsi le spectateur de surprises. De quoi se sentir frustré. Pourtant, c'est aussi de là que naît la bonne surprise. Le film de Rupert Wyatt n'est pas une succession de destructions et d'humains mis en esclavages, mais une histoire qui installe des personnages solides, auxquels l’on s'attache, et qui nous encourage à nous questionner sur la façon dont les singes vont évoluer et réussir à se libérer en tout premier lieu de l'esclavage de l'homme.

Les origines - 1

« La Planète des singes : les origines » prend donc son temps pour rendre l'intrigue crédible et les relations entre chaque individu (homme ou singe) logiques. Et même si ces « origines » ne croulent pas sous les effets « visibles et tape à l'oeil », il est difficile de dire que l'on voit le temps passer tant les scènes s'enchaînent au fil d’un montage fluide, bien pensé, avec une intrigue qui se suffit à elle-même pour nous captiver. La plus belle réussite étant qu'ici on prend réellement cause pour les singes et que si l'homme ne se montre pas totalement détestable (quoi que pour certain...) il se dévoile comme étant responsable de son autodestruction. Et comme dans la vision des années 70 sur l'humanité, n'espérez pas ici une rédemption et une prise de conscience. Aujourd’hui, la peur du nucléaire n’est plus très en vogue au cinéma et a cédé la place aux dérapages de la science et leurs enjeux financiers

La prise de risque de retour à Hollywood ?

Force est de dire que la 20th Century Fox a pris des risques. Non seulement cette production de 90 millions de dollars ne s’appuie sur aucune véritable star (du moins bancable), mais de plus, la réalisation a été confiée à un inconnu du grand public. Jusqu’à ce jour, Rupert Wyatt n'avait en effet jusqu'ici réalisé qu'un seul film : « Ultime Évasion » (sorti chez nous directement en DVD en février 2009). On pourra cependant remarquer que Brian Cox, ici présent, était déjà au casting de ce premier film. Au final, il apparaît que Rupert Wyatt est le genre de réalisateur qu'on espère revoir. Non pas que celui-ci possède réellement ce qu'on pourrait qualifier de « véritable patte » (de toute manière, il est trop tôt pour le dire), mais il semble qu'il s'inscrive dans ceux qui sont là avant tout pour raconter une histoire… et de la meilleure des manières ! À une époque où l’on ne jure que par le surdécoupage, la mise en scène démesurée et les plans appuyés, le réalisateur pourrait presque paraître trop sage pour un certain public. Les autres, au contraire, trouveront qu’il fait déjà preuve d’une belle maturité de sa mise en scène, cherchant avant tout véhiculer émotion et lisibilité (choses absentes, par exemple, du dernier Harry Potter ou encore Green Lantern).

Visuellement, bien qu'il s'agisse essentiellement de performance capture (ce qui laisse toujours aux acteurs, en fin de compte, l'opportunité de s'exprimer et émettre des émotions), c'est la première fois que la franchise abandonne les maquillages pour de l'image numérique (procédé qui n'est pas une première pour Andy Serkis). Connaissant mes sensibilités, le côté « c'était mieux avant! » aurait pu prendre le dessus. En réalité, de ma part, cela aurait une preuve de mauvaise foi tant ce choix le traitement est totalement justifié, du fait que les singes sont encore loin d'avoir l'anthropomorphisme que l'on connaîtra plus tard. Ensuite, il aurait été difficile, voir impossible, d'avoir ce même rendu de qualité via des maquillages. Voir que la tâche fut confiée à Weta Digital pour mener à bien cette mission n'étonne pas. Le studio peut ainsi faire pleinement profiter à Rupert Wyatt de son expérience déjà bien acquise dans le domaine. Expérience confirmée avec la présence d'Andrew Lesnie, directeur de la photo attitré de Peter Jackson depuis le Seigneur des Anneaux. Le technicien sait à la perfection comment maîtriser une lumière afin d'intégrer au mieux les images numériques dans des décors réels. La qualité de ce travail visuel est présente sur toute la longueur du métrage, même si les pinailleurs peuvent toujours trouver un ou deux éléments semblant douteux.

Les origines - 1

La tache d’interpréter le personnage principal fut initialement proposée à Tobey Maguire et Shia LaBeouf. L’on ne peut qu’être ravi que ces derniers n'aient pas accepté le rôle. Sinon, il est fort probable que le personnage aurait été tout autre et le film aurait eu bien plus une allure de blockbuster décérébré. Voir James Franco occuper le rôle principal est donc une satisfaction (surtout qu'à l'époque de Spider-Man il volait déjà la vedette à Maguire). Sa performance est d'autant plus importante qu’une grande partie de sa fonction est d’être notre moyen de connexion avec César (le singe interprété superbement par les expressions de Serkis). Franco partage le haut de l’affiche avec une Freida Pinto (Slumdog millionnaire). La comédienne se situe cependant bien en retrait et se voit confier le personnage certainement le moins Franco intéressant du film. Il semble aussi que Rupert Wyatt (ou le studio) ait, faute de star dans les premiers rôles, voulu revenir à un film composé de rôles de soutien reconnus et appréciés comme John Lithgow, Brian Cox ou (pour les fans d'Harry Potter) Tom Felton – qui fait dans le même registre, à savoir le sale gosse de service.

La conclusion de

Ce mois d'août 2011 semble qualitativement riche pour les passionnés de pellicules que nous sommes. La Planète des singes : les origines est, là encore, une bonne surprise et surtout une belle réussite. Certes, le film ne peut pas prétendre accéder au piédestal sur lequel trône le film de Schaffner, mais il est le type de grosse production que l'on aimerait voir plus souvent. On y trouve un véritable engagement, un scénario plutôt bien écrit, une mise en scène bien pensée et il y a de vraies nouvelles idées apportées par rapport aux films initiaux. Remake ? Reboot ? Préquelle ? Peu importe le terme qu'on lui donnera, la franchise semble renaître enfin de ses cendres et s'il y a une suite, et qu’elle est accompagnée de la même équipe et faite avec autant de conviction, on est partant !

Que faut-il en retenir ?

  • De bons acteurs.
  • Une belle réinvention du mythe.
  • Des singes convaincants.
  • Le meilleur film de la franchise depuis le premier.

Que faut-il oublier ?

  • Quelques rares FX perfectibles.
  • Des bandes-annonces trompeuses qui peuvent engendrer des déceptions.

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