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Critique du Livre : L'Appel de Cthulhu
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Critique du Livre : L'Appel de Cthulhu

Avis critique rédigé par Nathalie Z. le samedi 4 novembre 2017 à 09:00

Plongez dans l'esthétique lovecraftienne !

J'avais 11 ans lorsque j'ai découvert H.P. Lovecraft. Je lisais le soir de vieux poches, à la lueur de la lampe de poche, ne comprenant pas tout et frissonnant sous la couette. Des années plus tard, je trouve dans mes mains un grand ouvrage, tout en couleur, pour replonger dans cet univers non euclidien. Sera-t-il à la hauteur de mon d'imagination d'enfant ?

L'appel de Cthulhu est la nouvelle la plus célèbre de Lovecraft, on y entend parler d'anciens dieux infâmes cachés dans un monde sous-marin, mais qui arrivent de l'espace. L’œuvre de cet auteur nous plonge dans des abîmes de folie, ses personnages étant maltraités et soumis à des aventures étranges et hallucinantes. « Après tout, la chose la plus miséricordieuse en ce bas monde est bien l'incapacité de l'esprit humain à mettre en relation tout ce qu'il contient... ». Des éditions de cette nouvelle, il y a en a des milliers, mais une édition illustrée dans un tel format, c’est la première fois que j'en ai une en main.

Parlons d'abord de l'objet livre avant d'aborder la nouvelle. Cette édition de Bragelonne a la particularité d'être un très grand format, en couverture dure avec surcouverture amovible présentant chacune une illustration différente. Cela semble un détail, mais cela montre le souci d'éditer un bel ouvrage. Ces deux dessins montrent l’indicible Cthulhu sous forme d'une ombre inquiétante et immense. Les tons bleutés et verts sont élégants, les lettres argentées sur la couverture dure ajoute à cet aspect ouvrage d'exception.

Une préface de John Howe ouvre le livre. Les fans de Tolkien et du Seigneur des Anneaux, connaissent bien cet illustrateur exceptionnel qui a su donner vie au monde de la Terre du Milieu. L'artiste nous explique que certains auteurs, tel Lovecraft, ont cet incroyable capacité à rendre leurs mots vivants, provoquant des images mentales chez le lecteur. Cette imagerie lovecraftienne a toutefois été réduite au jeux (de rôle surtout, mais aussi de plateau et prochainement dans un jeu vidéo très esthétique, on vous en parlera !) et à quelques couvertures de romans. Le cinéma, les comics ont repris des thèmes, s'en sont inspirés mais n'ont jamais rendu hommage à la puissance évocatrice des écrits de Lovecraft. Il est difficile de dessiner l'horreur sans tomber dans le gore ou ce qui met mal à l'aise. La peur relève de l'intime, du personnel et il faut sortir de sa zone de confort pour exprimer toute la folie de cette mythologie cosmique. Ce qui explique peut-être, d'après John Howe, pourquoi peu d'artistes sont allés au bout sur ce thème.

Cette préface est passionnante, et rappelle la spécificité des dieux et de l'horreur lovecraftienne. Vous y trouverez cependant une erreur. En effet, un essai de Lovecraft, Supernatural horror in literature est cité en référence et il est précisé qu'il n'a jamais été traduit, or ça a bien été bien traduit en français chez 10-18 sous le titre Epouvante et surnaturel dans la littérature en 1992, puis réédité chez Terre de brumes en 2014.

Passons à la nouvelle elle-même. Le plus grand talent de Lovecraft est pour moi sa capacité à susciter dans la tête de ses lecteurs des images. Ses histoires sont immersives et ouvrent la porte vers d'autres réalités, le tout progressivement. L'histoire commence avec le décès du professeur Georges G. Angell, nous sommes pendant l'hiver 1926-1927. Son petit neveu débarque à Providence pour mettre en ordre les affaires du vieux monsieur. Alors qu'il fouille dans ses papiers, il tombe sur des notes, des coupures de presse et un étrange bas relief d'argile sur lequel sont sculptés des hiéroglyphes et la représentation symbolique d'un monstre. Le jeune homme plonge alors dans les souvenirs de son grand-oncle, refaisant l'enquête sur un mystérieux culte, réalisant que la mort de son aïeul n'est pas accidentel et s'enfonçant peu à peu dans la folie. Je n'en dirai pas plus sur l'histoire elle-même car si vous avez la chance de découvrir cette nouvelle pour la première fois, vous bénéficierez avec ce beau livre d'excellentes conditions. La narration à la première personne est très immersive et, grâce aux illustrations, vous apprécierez l'ambiance si particulière de cet univers. La traduction de Maxime Le Dain, très bonne, est aussi disponible dans les recueils de nouvelles, en grand format, proposés ces dernières années par les éditions Bragelonne.

François Baranger n'est pas un débutant. Il a illustré pour le cinéma, notamment la saga Harry Potter, ainsi que pour le jeu vidéo (Heavy Rain). On lui doit de nombreuses couvertures de romans et bandes dessinées. Il est également écrivain d'un space opéra et d'un thriller. C'est donc un artiste ambitieux et audacieux qui s'est attaqué à l'illustration du non euclidien. François Baranger a découvert L'Appel de Cthulhu par le jeu de rôle, comme beaucoup de gens en France, il connaissait donc bien l’œuvre et l'univers de Lovecraft. On retrouve ainsi dans ces illustrations une grande minutie, c'est très détaillé, parfois photoréaliste ce qui pourra gêner certains lecteurs. En effet, beaucoup d'éléments dans la littérature de Lovecraft sont cachés, suggérés, les dessiner c'est faire un choix visuel.

Mais Lovecraft c'est aussi le cyclopéen, ces dimensions épiques, ces monstres impressionnants, et c'est sur cet aspect que ces illustrations sont une réussite : utilisant les descriptions du maître, l'illustrateur nous sert une vision très fidèle de cet univers. Les illustrations sont ainsi grandioses, impressionnantes, bluffantes de réalisme. Probablement pas assez non euclidienne, mais est-ce vraiment possible ?

Cette version luxe de la nouvelle L'Appel de Cthulhu, illustrée avec grand talent a seulement 25 euros, c'est un cadeau idéal pour les fans de Howard Phillips Lovecraft. Si vous passez par une libraire, ouvrez le livre à n'importe quelle page, vous repartirez probablement avec l'ouvrage sous la main.

93

Ce livre est la plus belle version de la nouvelle L'appel de Cthulhu que j'ai tenu entre mes mains. Avec une couverture dure, des illustrations iinspirées et une traduction moderne, il serait dommage de passer à côté de ce bel objet.

Critique de publiée le 4 novembre 2017.

Que faut-il en retenir ?

  • Une idée cadeau pour tout fan de Lovecraft
  • Des illustrations sublimes et immersives

Que faut-il oublier ?

  • Illustrations plutôt photoréalistes qui peuvent déplaire à certains.

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