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Freddy - Les griffes de la nuit >

Critique du Film : Freddy - Les griffes de la nuit

Avis critique rédigé par Vincent L. le lundi 17 mai 2010 à 16:12

Un remake pas totalement inintéressant...

Après Leatherface, après Michael Myers et après Jason Voorhees, le dernier des boogeymen mythiques des années quatre-vingt se devait de passer à son tour par la case rajeunissement/remake. En effet, après huit épisodes de qualités de plus en plus médiocres (le navrant Freddy contre Jason en étant le point d'orgue), la franchise, exangue, ne pouvait trouver de renouveau que dans un reboot reprenant les choses à l'origine, et faisant repartir la saga sur une nouvelle voie, assainie et épurée. Sous l'égide de Platinum Dunes et de Brad Fuller, spécialistes en réactualisation de films cultes capables du meilleur (le remake de Massacre à la Tronçonneuse et sa suite) comme du pire (le remake de Vendredi 13 ou celui de The Hitcher), le chef d'oeuvre de Wes Craven connaît ainsi aujourd'hui une renaissance sous la caméra du clippeur Samuel Bayer, lequel effectue par ailleurs ici sa première réalisation en terme de long-métrage.

Derrière le visage brûlé du cultissime Freddy Krueger, Robert Englund a laissé sa place à Jackie Earle Haley, tout auréolé de sa convaincante prestation dans le récent Watchmen. Au delà du désaroi et de la colère des fans de la franchise, la questions se posait tout de même légitimement de savoir si le personnage était réellement dissociable du comédien qui l'a immortalisé. Au vu du résultat final, le constat est malheureusement sans appel : même si l'on n'est pas fan de la bouffonerie vulgaire qui caractérisait le jeu d'Englund, son successeur n'arrive jamais à véritablement imposer ce Freddy 2.0. Bien que son côté plus sombre et plus torturé le démarque considérablement - et c'est tant mieux ! - de ce qu'il pouvait être dans le film original, Haley n'arrive jamais à lui insuffler le charisme nécessaire pour l'imposer comme personnage à part entière. Ici, Freddy Krueger ne devient donc qu'un boogeyman lambda, ne possédant pour lui rien de plus effrayant qu'un simple Jigsaw-like.

A la décharge de Jackie Earle Haley - dont le talent n'est plus à démontrer - il faut tout de même lui reconnaître que la tâche était pratiquement impossible à concrétiser dans ces conditions. Beaucoup trop proche du film original, ces Griffes de la nuit version 2010 n'arrivent ainsi jamais à se démarquer de l'empreinte du film de Wes Craven, l'ombre de ce dernier flottant dessus en permanence et amenant à encore et toujours comparer les deux longs-métrages. Parce qu'il ne s'éloigne pas suffisamment - ce que tout bon remake se doit de faire - on a donc constamment l'impression d'être devant un produit pouvant se résumer à une simple réactualisation technique, comme si les producteurs avaient souhaité démontrer, de manière totalement stérile, qu'avec les moyens et les technologies d'aujourd'hui, on pouvait aboutir à un résultat visuellement plus convaincant. Impossible, donc, de juger le film comme une oeuvre à part entière, et, par extension, de pouvoir séparer la prestation d'Haley de celle d'Englund.

Les griffes de la nuit 2010 s'avère donc au final être un slasher artisitiquement très pauvre, à la limite de l'anorexie créative. Passées les nombreuses redites du film de Craven, les meurtres souffrent visiblement d'un réel manque d'imagination, et ce alors même que le personnage et les pouvoirs de Freddy Krueger peuvent amener à concrétiser n'importe quel délire visuel, et ce à l'instar de ce qu'avait par exemple pu faire Stephen Hopkins dans L'enfant du cauchemar lorsqu'il ancrait son final dans un décor tout droit sorti d'une oeuvre d'Escher. Ici, privé de son aspect bouffon et uniquement armé de ses lames de couteau, Freddy peine sérieusement à se démarquer de la masse des boogeymen qui constituent sa concurrence cinématographique directe ; bien qu'il s'agisse assez clairement d'une d'une volonté des producteurs d'ancrer le film et le personnage dans la réalité telle que la connaisse les spectateurs, ce choix s'apparente à un réel manque d'audace qui, au final, dessert le long-métrage.

Les passages oniriques ne sont pourtant pas totalement inintéressant, et dans cette optique certes discutable d'ancrage du mythe dans la réalité, le travail de Samuel Bayer s'avère réellement convaincant. Jouant avec tout l'aspect technique de son film, il met en scène les rêves en surexposant le réel et en le magnifiant. Les décors restent les mêmes - jardin, école - mais la photographie est, pendant ces séquences, poussée jusqu'à donner au film un aspect "trop réel pour être réel" ; en parfait contre-point d'images très quelconques lorsqu'il s'agit de scènes non-rêvées, cette technique transforme le spectateur en complice, ne laissant aucun doute quant à la nature même de la séquence alors même que le personnage n'en sera pas encore conscient. D'une manière plus globale, la mise en scène de Bayer, bien que sans génie, s'avère malgré tout appliquée et énergique, rappelant fortement les mises en scènes d'un autre honnête faiseur lancé par Platinum Dunes : Marcus Nispel.

Le manque global de créativité est d'autant plus dommage que l'histoire écrite par Wesley Strick était à la base réellement solide, prenant ses distances avec le film original - enfin du nouveau ! - en proposant une explication claire, presque didactique, au mystérieux passé de Freddy. Affublé d'un petit syndrôme The Dark Knight, Freddy Krueger gagne ainsi dans cette version 2010 une réelle profondeur que n'avait pas le personnage dans la version de 1985, ses actes n'étant ainsi pas totalement gratuits, s'inscrivant au contraire dans une optique globale menant à la réalisation d'un objectif bien précis. Ici, le doute quant à la culpabilité de Krueger est maintenu jusqu'à la fin et, même si les révélations sont malheureusement très convenues, la révélation des volontés du tueur s'avère suffisamment solide et sadique pour malgré tout susciter un certain contentement. Cela amène donc à une réelle frustration en ce que ce remake aurait vraiment pu se démarquer de son modèle.

Mais le scénario, se trouvant visiblement prisonnier de figures imposées, n'arrive pas à totalement concrétiser la richesse de cette histoire. Il est en effet regrettable que le long-métrage s'axe totalement autour du groupe d'adolescents, alors même que ce sont les adultes qui tiennent le rôle majeur dans cette histoire. Réduit à peau de chagrin - trois personnages dont une figurante - le groupe des parents ne sert pour ainsi dire à rien, et se trouve rapidement évacué au profit d'une progéniture totalement sans intérêt, tous pouvant se résumer à un archétype conventionnel de slasher. A côté de cette erreur vraiment majeure, le script navigue entre petites maladresses (des effets chocs inutiles et déjà-vus, un final convenu et sans surprise) et éléments intéressants (réelle utilisation de la privation de sommeil, petit travail sur la références aux souvenirs refoulés), mais propose au final suffisamment de péripéties pour que l'on ne puisse jamais avoir le temps de s'y ennuyer.

Reste maintenant à évoquer le principal point faible du long-métrage : son casting. Passée la performance malgré tout très correcte de Jackie Earle Haley, le reste de la distribution brille par sa fadeur, si ce n'est sa consternante nullité. Passé l'énervement de voir - encore ! - des comédiens très visiblement âgés d'au moins dix ans de plus que leurs personnages, il faut se rendre à l'évidence : aucun d'entre eux n'est réellement convaincant. Entre Thomas Dekker qui nous livre une nouvelle contre-performance, Kyle Gallner qui nous refait encore une fois le coup de l'ado mal dans sa peau et Rooney Mara qui peut disputer à Steven Seagal le prix du visage inexpressif, Les griffes de la nuit version 2010 peine à susciter chez le spectateur un tant soit peu d'empathie pour ces personnages que l'on a hate de voir mourir. Du côté des adultes, la frustration est également de mise en ce que la présence du trop rare Clancy Brown se résume à une apparition plus proche du cameo que du rôle réellement utile et appréciable.

60

Parce qu'il ne sait pas suffisamment s'éloigner de l'oeuvre de Wes Craven, ce vrai-faux reboot des Griffes de la nuit peine à exister au delà de toute comparaison, et ce (malheureusement) à l'instar de toute mauvaise adaptation. Malgré cela, il serait pourtant dommage de passer à côté des bonnes idées qui parsèment le film - d'une histoire bien construite à une mise en scène appliquée qui sait tirer le meilleur des techniques actuelles - le transformant au final en un spectacle certes mineur, mais tout de même nettement plus appréciable que la majorité des remakes actuels.

Critique de publiée le 17 mai 2010.

Que faut-il en retenir ?

  • Point de départ toujours aussi fort,
  • Techniquement réussi,
  • Mise en scène appliquée,
  • Histoire bien pensée,
  • Rythmé et sans temps-mort.

Que faut-il oublier ?

  • Pas de véritable renouveau,
  • Meurtres assez pauvres,
  • Scénario perfectible,
  • Casting fadasse.

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