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Critique du Film : Freddy contre Jason
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Critique du Film : Freddy contre Jason

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 10 janvier 2007 à 1543

Duel de mythes

La population adulte du quartier de Elm Street a décidé d’effacer de la mémoire collective l’existence de Freddy Krueger. Pour ce faire, ils ont discrètement enfermé un grand nombre d’adolescents avisés dans un centre psychiatrique, entre les mains d’un service médical qui expérimente sur eux une nouvelle drogue ‘’anti-cauchemar’’. La méthode, bien que peu académique (et surtout bien peu légale) semble néanmoins fonctionner. Le nom de Freddy, devenu tabou, n’est plus prononcé, et les meurtres cessent enfin.
Dans son coin d’enfer, le tueur au pull rayé rumine sa revanche. Ne pouvant intervenir directement dans les rêves des adolescents, il prend l’initiative de rendre visite à Jason Vorhees, le célèbre croque-mitaine de Crystal Lake, en pénétrant au fond de son esprit endormi. Se faisant passer pour sa défunte mère, il réveille en Jason le tueur immortel qu’il demeurera à jamais. Réanimé, l’équarisseur au masque de hockey se rend alors dans Elm Street et assassine sans pitié des jeunes gens, faisant renaître la terreur et resurgir en leurs esprits le mythe de Freddy.
Reconstitué dans l’esprit des hommes, Freddy renaît à nouveau…


Freddy contre Jason, le croque-mitaine hystérique contre le tueur placide, l’eau contre le feu… Il faut avouer que l’idée originale était alléchante. Nombre de scénaristes envisageaient depuis longtemps la rencontre entre deux icônes horrifiques de années 80, à la manière d’une dantesque lutte de super-vilains, sortis tout droit d’un univers Marvel déformé et exubérant. Les producteurs voyaient également dans cette possibilité une occasion de relancer deux franchises en fin de vie, Bref, ce cross-over était en mesure de satisfaire tout le monde, et notamment les spectateurs qui commençaient à oublier ces deux monstres du film de genre.
A la condition de trouver un concept, un pitch, qui tienne la route. Oui, car comment faire se réunir ces deux personnages sans sombrer dans le ridicule, le pastiche ou la parodie ? Le défi semblait de taille, et je dois avouer que j’ai été l’un des premiers à frémir à cette idée lorsque j’ai pris connaissance du lancement de ce projet intitulé Freddy vs Jason. Rien ne semblait en effet penser que ce nouvel opus ne pouvait être autre chose qu’un sombre nanar, d’autant plus que les derniers épisodes des deux franchises ne furent guère des spectacles réjouissants (pris au premier degré, j’entends). Et même le sourire de Sean Cunnigham, à la tête de la licence Vendredi 13, adjoint à celui de Wes Craven, créateur de Freddy, lors de la conférence de presse de Fangoria en cette année 2002 n’arrivait pas à me rassurer.
Le film fut donc pour moi une surprise. Le script écrit pour la circonstance par Mark Swift joue dans un premier temps plus sur un rapport de manipulation que d’opposition, avant de basculer en un affrontement entre un ‘’esclave’’ révolté et son maître frustré. A la manière du docteur Frankenstein, Freddy Krueger crée une créature destinée à lui apporter la reconnaissance des autres. Une méthode risquée issue de l’irrésistible besoin de se sentir exister qui va tourner en une désagréable expérience lorsque le moyen va échapper à son contrôle.
Bien sûr, plus qu’une philosophie sur la psyché humaine, Freddy vs Jason est une distraction récréative à base d’éviscération de minettes peu farouches et de décapitations de jeunes males obsédés. Car, pour Ronny Yu, qui met en image les exactions de ces deux compères qui en arrivent à se disputer une véritable compétition assassine, il est hors de question de sortir des concepts solidement établis. Le spectateur a donc droit à de ridicules séances de baises qui se veulent coquines et de longues séquences de beuverie adolescentes à l’aboutissement ultra prévisible. Bref, l’imagerie est bien là : bimbos (hélas siliconées, où sont passées ces miches des années 80 ?) à poil, humour potache, idiot de service, attitude débile des futures victimes et bien sur, flics obtus et parents absents… Pas de quoi crier au génie. Et pourtant, malgré cette exposition excessive arguments usés et éculés, je dois cependant dire que j’ai trouvé la mise en scène assez intéressante - notamment la scène de rave-party, mixage assez réjouissant entre la séquence du massacre de la piscine (Freddy 2) et l’imagerie du Démon du Maïs.
En effet, la réalisation de Ronny Yu est particulièrement réussie dans sa technique d’exposition de ces deux monstres, deux stéréotypes aussi profondément différents que leurs objectifs sont proches. Et même si l’on sent qu’il s’amuse plus à mettre en valeur les extravagances de Freddy Krueger, Ronny Yu parvient en effet à équilibrer parfaitement le rapport de force entre ce personnage onirique, débordant d’émotion, qu’est Freddy Krueger et ce colosse mort-vivant et dénué de tout sentiment qu’est Jason Vorhees. C’est en cela que la lutte ouverte dans le final est intéressante, tant la complémentarité des deux icônes apparaît à l’écran. L’image de fin, au cours de laquelle Jason Vorhees porte dans sa main la tête de Freddy est encore plus explicite et laisse clairement deviner une improbable fusion de ces deux êtres en un seul. Quand l’eau se marie au feu….

La conclusion de

On aurait pu craindre le pire… Il a été évité. Même si Freddy vs Jason n’est pas un chef-d’oeuvre du genre, il offre un spectacle plutôt distrayant, qui devrait satisfaire aisément les fans. Derrière la caméra, Ronny Yu met de manière consciencieuse et parfois inspirée un scénario qui ne sombre pas dans le ridicule (de justesse, toutefois…) et fait montre dans ce film d’un goût prononcé pour le cinéma d’horreur (après un bon Fiancée de Chucky). Et puis, ce n’est pas tous les jours que deux des plus grands croque-mitaines américains se retrouvent réunis à l’écran, alors on ne va pas trop faire la fine bouche.

Que faut-il en retenir ?

  • Un essai très risqué plutôt réussi
  • Une réalisation consciencieuse
  • Respect du genre
  • Rencontre de deux monuments de sous-culture

Que faut-il oublier ?

  • Scénario prévisible
  • Poncifs du genre inévitables

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